"I see a bad moon a-rising / I see trouble on the way' chantait en 1969 John Fogerty de Creedence Clearwater Revival dans la chanson' Bad Moon Rising'. La lune est source d'inspiration et d'émerveillement pour beaucoup. Et ses pouvoirs auraient des effets multiples, tant positifs que négatifs.
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"I see a bad moon a-rising / I see trouble on the way' chantait en 1969 John Fogerty de Creedence Clearwater Revival dans la chanson' Bad Moon Rising'. La lune est source d'inspiration et d'émerveillement pour beaucoup. Et ses pouvoirs auraient des effets multiples, tant positifs que négatifs.Par exemple, une lune pleine serait source de nuit agitée. En 2013, des scientifiques suisses de l'Université de Bâle en auraient apporté la preuve. L'étude a étudié les habitudes de sommeil d'une trentaine de sujets. Lorsque la lune était pleine, ils avaient besoin de plus de temps pour s'endormir, leur sommeil était moins profond et de manière générale ils dormaient moins. Pour la première fois, le cycle lunaire était ainsi scientifiquement lié à la psychologie humaine. Selon les scientifiques auteur de l'étude, il y aurait une "horloge lunaire interne" au sein des gènes humains et qui varierait selon le cycle de la lune. À l'image de notre horloge biologique qui régule nos fonctions corporelles, elle serait active dans l'hypothalamus. Ce serait un vestige de la période des cavernes. Époque ou un sommeil plus léger en période de pleine lune pouvait se révéler un avantage considérable pour la survie puisque les prédateurs profitaient de la meilleure visibilité pour chasser. Si la théorie est plausible, cette étude doit tout de même être relativisée. Trop peu de recherches scientifiques ont été menées sur les habitudes de sommeil et le cycle lunaire pour pouvoir l'affirmer qu'il existe un lien avec certitude. Il serait nécessaire d'effectuer des recherches plus vastes et plus longues pour obtenir des preuves véritablement concluantes.La pleine lune aurait aussi un effet sur bien d'autres aspects souvent inattendus. Par exemple ces femmes qui ont leurs règles en même temps que le cycle lunaire, ou ce pic de naissance durant la pleine lune. Elle réveillerait aussi la créativité et rendrait aussi les gens plus agressifs. Une pleine lune aurait également un impact sur l'alcoolisme, l'épilepsie, le somnambulisme et, enfin, pour ne pas dire surtout, sur la lycanthropie (la transformation en loup-garou).La pleine lune n'est pas que funeste, elle est aussi la promesse de romantisme. Un dîner à la lueur de l'astre céleste et les corps s'enlaçant dans sa douce lumière blanche sont autant de promesses d'une soirée réussie. Les comédies romantiques, les chansons et les poèmes ne manquent pas d'exemple.Malgré cette mythologie bien ancrée dans les esprits, Koen Geukens, membre de l'Observatoire Urania à Hove, doute quant à lui que la Lune possède des forces surnaturelles qui auraient une influence sur l'homme. Pour lui, les recherches scientifiques sur les pouvoirs de la Lune ne donnent pas de résultats réellement concluants et l'astrologie ne peut donc pas se baser sur des statistiques. Selon Geukens, les gens lient souvent entre eux des événements qui n'ont rien à voir les uns des autres. Vous avez souffert d'une mauvaise nuit de sommeil parce que la soirée est claire ? Vous allez en rejeter la faute sur la pleine lune. Or si la nuit avait été nuageuse, vous n'auriez probablement pas fait le lien. C'est ce que dans les milieux universitaires on appelle le biais cognitif.Les médias ont également un effet sur cette perception parfois faussée de la Lune. Il est facile de trouver des anecdotes intéressantes sur les pouvoirs spéciaux de la lune. Et qui n'a pas dans ses connaissances quelqu'un qui ne jure que par l'astrologie ou les activités paranormales ? En relatant en permanence ces histoires, cela entretien le mythe du pouvoir de la lune."Nous remarquons souvent la fascination qu'ont les gens pour la lune lorsqu'ils viennent à l'observatoire", dit Geukens. Mais c'est encore plus frappant lorsqu'on sort pour faire des observations à l'extérieur par nuit claire avec un télescope. Souvent les gens viennent et semblent stupéfaits par cette chose qu'il découvre suspendu dans l'air. Pourtant les gens en savent relativement peu sur la lune, il me semble, et je dois souvent expliquer de quelle façon les cratères se forment par exemple ".La façon dont les marées sont influencées par la lune est également peu connue. Le flux et le reflux des mers du monde sont causés par la gravité de la lune, de la terre et du soleil. La gravité entre les objets augmente à mesure qu'ils ont une plus grande masse. C'est pourquoi la terre, la lune et dans une moindre mesure le soleil (puisqu'il est beaucoup plus éloigné) exercent une grande force l'un sur l'autre.Ne serait-il, dès lors, pas logique que le flux et le reflux s'expriment aussi à l'intérieur de notre corps, par exemple sous forme de naissance ou de menstruation ? Et après tout l'homme n'est-il pas constitué en grande partie de liquide ? Si l'on cherche sur internet, il existe de nombreuses sources qui en sont convaincues. Geukens doute néanmoins qu'il y ait un phénomène similaire aux marées chez l'être humain. "Dans notre corps, qui a une masse beaucoup plus petite, les forces de la lune ne s'appliquent pas. Comparez cela avec un bain rempli d'eau, on n'y constate aucune marée."S'il n'y a pas de réelles preuves scientifiques de l'"effet lune", cela n'empêche pas l'astre de jouer un rôle majeur dans la vie des hommes, et ce, depuis des siècles. On le constate chez tous les peuples du monde, quelle que soit leur culture. Les Grecs, les Aztèques et les Romains ne sont que quelques exemples de cultures anciennes qui adoraient déjà les dieux de la lune. Ces dieux sont la personnification de la lune. Chez les Incas, une éclipse lunaire était considérée comme un combat entre Mama Quilla, déesse de la lune, et un serpent ou un couguar céleste. Pour protéger leur déesse, les Incas se réunissaient les nuits de pleine lune dans un lieu sacré. "L'influence de la lune, si elle existe, se trouve donc principalement dans le domaine psychologique ou religieux plutôt que dans le domaine physique ", conclut Geukens.