Personne ne peut plus ignorer que le climat ne tourne pas rond, mais peu sont pourtant prêts à changer leur comportement. Cela n'a rien de surprenant pour le psychologue néerlandais Gerard Tertoolen. Pour lui, le cerveau est préprogrammé pour ne penser qu'à l'intérêt personnel et sur le court terme. Il est incapable de cerner un problème qui concerne un avenir plus ou moins lointain et toute l'humanité. Ce fossé entre ce que nous savons et ce que nous faisons, c'est ce que les psychologues appellent la dissonance cognitive. Soit une tension qu'une personne ressent lorsqu'un comportement entre en ...

Personne ne peut plus ignorer que le climat ne tourne pas rond, mais peu sont pourtant prêts à changer leur comportement. Cela n'a rien de surprenant pour le psychologue néerlandais Gerard Tertoolen. Pour lui, le cerveau est préprogrammé pour ne penser qu'à l'intérêt personnel et sur le court terme. Il est incapable de cerner un problème qui concerne un avenir plus ou moins lointain et toute l'humanité. Ce fossé entre ce que nous savons et ce que nous faisons, c'est ce que les psychologues appellent la dissonance cognitive. Soit une tension qu'une personne ressent lorsqu'un comportement entre en contradiction avec ses idées ou croyances. L'homme cherche alors à l'évacuer. Il le fait en changeant d'attitude, l'option la moins simple, soit en aménageant la cognition conflictuelle (pour une fois, c'est pas grave) ou en ajoutant de nouvelles cognitions (je compense cette mauvaise action par). Il peut aussi le faire en minimisant ce qu'il sait. Donc, par exemple, plutôt que de prendre moins la voiture ou moins l'avion, on va se persuader que "les avancées technologiques vont résoudre le problème" dit le psychologue dans De Standaard. Cette réaction psychologique explique pourquoi des messages bien intentionnés de type " un meilleur environnement commence par soi-même" ou "n'utilisez pas votre voiture tous les jours ", ne sont pas efficaces. Ils auraient même un effet contreproductif puisque cela peut passer pour du harcèlement et encourager la dissonance cognitive. Personne ne sait exactement quels sont les leviers qui permettent de changer les comportements, mais pour le psychologue il y a une piste plus porteuse que les autres: pour qu'une campagne soit efficace, il faut que le message soit local et proche de nous, voire individuel, tout réussissant l'exploit qu'un grand nombre de gens s'y associent spontanément. Les associations pour le climat ont compris depuis longtemps que la condescendance, pas plus que la nudging, soit la suggestion indirecte, ne fonctionnent pour changer les mentalités. C'est pourquoi elles mettent ces derniers temps régulièrement l'accent sur les enfants ou petits-enfants. Ce qui s'est d'ailleurs révélé bien plus porteur.Une autre tactique est de conférer un certain statut et prestige aux pratiques durables. Si des stars adoptent un comportement ouvertement durable, cela fera bien plus pour la cause que n'importe quelle campagne, car cela poussera leurs nombreux fans à s'y mettre. Pas forcément par conviction, notez bien, mais par mimétisme. On repassera pour la beauté des grands idéaux, mais la nature humaine est ainsi faite. Néanmoins, la responsabilité ne doit pas entièrement mise sur le citoyen, selon Van Peteghem. Par exemple, les différents gouvernements sont parvenus à rendre les lieux publics et de rencontre comme les bars et les restaurants non-fumeurs. Aujourd'hui tout le monde trouve ça normal et, même mieux, il n'y a plus grand monde qui s'imagine retourner en arrière. C'est bien la preuve que de tels changements sont possibles.