Les Américains veulent utiliser de petits insectes, comme les pucerons par exemple, comme des inoculateurs de virus génétiquement modifiés. Lorsque ces insectes rongent des cultures comme les tomates et le maïs, ils introduisent du matériel viral génétiquement modifié dans la plante. Celui-ci modifie les chromosomes dans les cellules de la plante infectée, et ce directement dans son environnement . Une technique appelée Horizontal Environmental Genetic Alteration Agents (HEGAA). Contrairement aux OGM, il serait ainsi possible de changer les caractéristiques d'une plante en cours de saison. Celle-ci serait dès lors presque immédiatement mieux armée pour se protéger contre les insectes nuisibles, la sécheresse et la pollution. On appelle cela des Insect Allies, des insectes alliés.
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Les Américains veulent utiliser de petits insectes, comme les pucerons par exemple, comme des inoculateurs de virus génétiquement modifiés. Lorsque ces insectes rongent des cultures comme les tomates et le maïs, ils introduisent du matériel viral génétiquement modifié dans la plante. Celui-ci modifie les chromosomes dans les cellules de la plante infectée, et ce directement dans son environnement . Une technique appelée Horizontal Environmental Genetic Alteration Agents (HEGAA). Contrairement aux OGM, il serait ainsi possible de changer les caractéristiques d'une plante en cours de saison. Celle-ci serait dès lors presque immédiatement mieux armée pour se protéger contre les insectes nuisibles, la sécheresse et la pollution. On appelle cela des Insect Allies, des insectes alliés.Le programme de recherche américain du même nom, lancé en 2017 et développé par la Darpa (l'Agence de Recherche du Département américain de la Défense), est financé à hauteur de 23 millions d'euros.L'approche américaine est innovante et beaucoup plus rapide que les méthodes traditionnelles. Cette avancée ne réjouit cependant pas tout le monde. L'utilisation d'insectes dans la propagation de virus génétiquement modifiés est en effet très controversée, car il est difficile de contrôler les insectes dits essaimant. L'emploi de ces insectes requiert de mettre en place de solides barrières biologiques afin de ne pas contaminer des champs qui ne seraient pas concernés par le projet. Dans un article de la revue Science, des chercheurs européens tirent la sonnette d'alarme. Selon eux, la recherche pourrait être contraire à la Convention sur les armes biologiques qui interdit la mise au point, la production et le stockage d'armes chimiques et biologiques. Ce programme de recherche pourrait être une étape dans le développement de nouvelles armes biologiques. Ces mêmes chercheurs mettent en garde contre les applications malveillantes telles que la destruction de cultures d'états hostiles.D'après les cinq signataires de l'article de Science, parmi lesquels Guy Reeves, de l'Institut Max Planck en Allemagne, et Christophe Boëte, chercheur à l'Institut des Sciences de l'évolution de Montpellier, il existe des solutions moins dangereuses et bien plus simples. Par exemple en introduisant ces virus modifiés par l'arrosage. Les auteurs de l'article se défendent pourtant de toute intention antimilitariste, précise le Nouvel Observateur: "Nous n'affirmons pas que le programme Insect Allies est mal conçu parce qu'il est financé par les militaires", mais parce qu'il pourrait "générer des armes prévisibles et d'action rapide avec les moyens de les diffuser, capables de menacer virtuellement toute espèce cultivée". Pour les chercheurs qui travaillent sur le projet de ces insectes alliés, c'est crier au loup un peu trop vite puisque toute recherche est potentiellement dangereuse si elle tombe entre de mauvaises mains. De toute façon, produire de tels insectes est complexe et il existe des moyens bien plus simples si l'on souhaite détruire des récoltes. Blake Bextine, le responsable du programme, souligne pour sa part qu'aucun essai sur le terrain ne sera effectué pour l'instant. "Nos recherches sont menées en toute transparence, respectent l'éthique et sont parfaitement régulées. Le programme vise à défendre les États-Unis contre une pénurie alimentaire majeure susceptible de menacer la sécurité nationale". Il précise enfin qu'avec les virus, le génome de la plante n'est pas modifié de façon permanente. "Elle retourne à son état naturel la saison d'après. Nous développons peut-être des outils futuristes, mais les mécanismes biologiques sous-jacents sont parfaitement maîtrisés", peut-on lire dans Futura Science.