De nombreux experts avancent que l'épidémie de coronavirus aurait une origine animale. Chauve-souris, pangolin... Tels sont les potentiels coupables pointés aujourd'hui du doigt. Ce n'est pas la première fois que l'animal transmet une maladie à l'Homme : on pensera notamment à la maladie de Lyme, transmise par les tiques, ou le paludisme, transmis par le moustique. Et des épidémies d'origine animale telles que le coronavirus, on en connaîtra certainement d'autres. La raison? Une trop importante promiscuité entre l'Homme et l'animal.
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De nombreux experts avancent que l'épidémie de coronavirus aurait une origine animale. Chauve-souris, pangolin... Tels sont les potentiels coupables pointés aujourd'hui du doigt. Ce n'est pas la première fois que l'animal transmet une maladie à l'Homme : on pensera notamment à la maladie de Lyme, transmise par les tiques, ou le paludisme, transmis par le moustique. Et des épidémies d'origine animale telles que le coronavirus, on en connaîtra certainement d'autres. La raison? Une trop importante promiscuité entre l'Homme et l'animal.D'après une récente étude visant à identifier les virus zoonotiques et les mammifères terrestres pouvant en être des hôtes potentiels, des scientifiques ont découvert que les animaux domestiques et d'élevages étaient ceux qui partageaient le plus de virus avec l'humanité. Rien d'étonnant, puisque l'Homme entretient des relations étroites avec ces espèces.Les élevages agricoles intensifs actuels - impliquant à la fois un nombre élevé d'animaux, une utilisation excessive d'antibiotiques, et une faible diversité génétique - favorisent sans aucun doute cette anthropo-zoonose (NLDR : transmission de maladie de l'animal à l'Homme). Les techniques d'élevage intensif inventé par l'Homme, en particulier les fermes-usines, représentent donc les foyers idéaux de propagation d'agents pathogènes.Pour illustrer ce problème, une équipe de chercheurs dirigée par l'Université de Sheffield et de Bath a étudié la façon dont une bactérie communément transportée par les poulets et les bovins se comportait et se propageait entre les différentes espèces.Cette bactérie, connue sous le nom de Campylobacter jejuni, est non seulement résistante aux antibiotiques, à cause de la sur-utilisation de médicaments dans les élevages, mais peut aussi être transmise à l'Homme si celui-ci consomme de la viande pas assez cuite. Résultat ? La bactérie provoque une gastro-entérite ou une intoxication alimentaire, qui à leur tour entraînent diarrhées et vomissements.Les auteurs de l'étude suggèrent que les pratiques d'élevage intensif sont à l'origine du problème. Elles ont en effet entraîné des changements dans l'alimentation, l'anatomie et la physiologie des bovins. Ces modifications ont alors à leur tour déclenché des transferts de gènes entre les souches générales de la bactérie et ses souches plus spécifiques aux bovins. Ces transferts ont permis à la bactérie de s'adapter petit à petit pour ainsi "franchir la barrière des espèces et infecter les humains"."Les agents pathogènes humains transportés par les animaux représentent une menace croissante et nos résultats démontrent comment leur adaptabilité peut leur permettre d'exploiter les pratiques agricoles intensives [pour évoluer] et ainsi changer d'hôtes", explique le professeur Dave Kelly, directeur de l'étude."Les activités humaines ont eu un effet profond sur les écosystèmes et la biodiversité de la Terre, en particulier chez les espèces animales, comme le bétail. L'augmentation du nombre de têtes de bétail et du commerce mondial sont à l'origine de l'émergence de zoonoses qui constituent une menace importante pour la santé animale et humaine. La pandémie actuelle de Covid-19 en est certainement l'exemple le plus dramatique et le plus grave à ce jour."À l'heure actuelle, on comptabilise environ 1,5 milliard de bovins sur Terre. Un taux qui représente un potentiel de risque non négligeable pour la santé publique. D'où l'importance de réfléchir à de nouvelles méthodes d'élevage plus responsables. Si pas pour supprimer complètement le risque de flambées de nouveaux pathogènes, au moins pour en diminuer la menace.