Après six mois en orbite, l'astronaute français Thomas Pesquet s'apprête à quitter l'apesanteur de la Station spatiale internationale pour retrouver la gravité terrestre. L'astronaute français de 43 ans termine la deuxième mission de sa carrière en orbite, "Alpha". Il était arrivé à bord de l'ISS avec ses co-équipiers le 24 avril. Amerrissage inédit, batterie de tests médicaux, programme de remise en forme: le voyage retour s'annonce intense.

1) Quand reviendra-t-il sur Terre?

Le retour sur Terre de l'astronaute français Thomas Pesquet et de ses trois coéquipiers a été retardé de plusieurs heures et aura lieu finalement mardi à l'aube, a annoncé dimanche la Nasa, en raison de "vents violents à proximité de la zone d'amérissage". La mission Crew 2 quittera la Station spatiale internationale lundi pour amerrir au large de la Floride mardi à 04H33 heure belge.

L'équipage de Crew-2, composé de Thomas Pesquet, du Japonais Akihiko Hoshide et des Américains Shane Kimbrough et Megan McArthur, rentrera sur Terre avant l'arrivée à bord de l'ISS des quatre astronautes de Crew-3, dont le décollage a été plusieurs fois retardé notamment à cause de la météo. Lors de sa précédente mission "Proxima", en 2016-2017, il avait atterri dans les steppes kazakhes. L'amerrissage sera donc une première pour lui.

2) Comment se passe le voyage retour?

Les quatre membres d'équipage de Crew-2 seront ramenés sur Terre par la capsule Dragon de Space X.

Après sa rentrée dans l'atmosphère, le vaisseau effectuera une descente vertigineuse qui prendra fin en mer, quelque part au large de la Floride. Cet amerrissage est une première pour Thomas Pesquet, qui en 2017 avait atterri dans les steppes kazakhes avec le Soyouz russe. "On va descendre 8 ou 9 mètres par seconde, c'est assez rapide et beaucoup plus fort qu'un avion qui atterrit dans l'eau", a expliqué l'astronaute sur la radio France Inter. Une fois que la capsule aura "tapé" la surface de la mer ("splashdown" en anglais), elle flottera, et l'équipage sera récupéré au plus vite par des navires positionnés à proximité.

L'arrivée risque de tanguer un peu: "On a déjà un peu le mal de mer en rentrant sur terre, donc là ça risque d'être encore pire", anticipe Thomas Pesquet.

L'équipe médicale sur place a prévu les soins nécessaires pour éviter une déshydratation en cas de nausées trop importantes, précise Adrianos Golemis, le médecin de la mission Alpha.

3) Que feront-ils directement après leur retour sur Terre?

Un hélicoptère ramènera les "Crew 2" sur la terre ferme, d'où ils prendront un avion pour le centre spatial de la Nasa à Houston (Texas). Thomas Pesquet, 43 ans, y subira de rapides tests médicaux. "On va surveiller sa tension artérielle qui risque d'être basse car en apesanteur, le sang a circulé dans un sens différent", explique le Dr Golemis.

Il subira aussi des examens neurologiques: son corps ayant flotté six mois durant, son système d'équilibre devra se réhabituer à la gravité, et réapprendre à se tenir debout. "Comme un petit enfant qui apprend à faire du vélo", dit Franck De Winne, chef des astronautes de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Il faut donc soutenir les astronautes à leur retour pour empêcher toute chute, d'autant qu'ils ont perdu en densité osseuse, augmentant le risque de fracture. Également au menu: des tests pour détecter les infections, notamment au Covid-19. Les astronautes ont beau s'être vaccinés avant leur départ, leur système immunitaire sera affaibli après leur séjour spatial, et mettra deux semaines à récupérer.

Une fois terminé ce "check-up" de deux heurese environ, le Français dira au revoir à ses co-équipiers japonais et américains, qui eux resteront à Houston. Il s'envolera pour Cologne, en Allemagne, où se trouve le Centre européen des astronautes.

Il faut soutenir les astronautes à leur retour pour empêcher toute chute

4) Et dans les prochaines semaines?

Trois semaines d'intense programme de réhabilitation physique l'attendent.

"La priorité, c'est d'être certain qu'il retrouve ses fonctions et reste en bonne santé", souligne l'astronaute belge Franck de Winne, qui dirige le centre européen. Thomas Pesquet fera peu à peu retravailler les muscles soutenant la colonne vertébrale, inactivés pendant six mois.

Il retrouvera ses aptitudes graduellement. "Au bout de quelques heures, ou une journée au plus, on peut marcher tout seul. Et quelques jours après, courir", se souvient l'astronaute belge qui a passé six mois dans l'ISS. "C'est impressionnant de voir leur vitesse de récupération ! Et on a observé que lorsqu'un astronaute vole pour la deuxième fois, c'est un peu plus facile que la première", commente le Dr Golemis. L'astronaute sera soumis aux mêmes tests qu'avant et pendant sa mission, afin de contribuer à la collecte de données scientifiques sur l'effet de la micro-gravité sur le corps humain.

Bien qu'astreignant, le programme n'empêchera pas l'astronaute de voir ses proches. "Et ensuite j'espère, première semaine de vacances depuis de nombreux mois", a-t-il ajouté vendredi. "J'ai même l'impression que ça fait des années".

Après six mois en orbite, l'astronaute français Thomas Pesquet s'apprête à quitter l'apesanteur de la Station spatiale internationale pour retrouver la gravité terrestre. L'astronaute français de 43 ans termine la deuxième mission de sa carrière en orbite, "Alpha". Il était arrivé à bord de l'ISS avec ses co-équipiers le 24 avril. Amerrissage inédit, batterie de tests médicaux, programme de remise en forme: le voyage retour s'annonce intense.Le retour sur Terre de l'astronaute français Thomas Pesquet et de ses trois coéquipiers a été retardé de plusieurs heures et aura lieu finalement mardi à l'aube, a annoncé dimanche la Nasa, en raison de "vents violents à proximité de la zone d'amérissage". La mission Crew 2 quittera la Station spatiale internationale lundi pour amerrir au large de la Floride mardi à 04H33 heure belge. L'équipage de Crew-2, composé de Thomas Pesquet, du Japonais Akihiko Hoshide et des Américains Shane Kimbrough et Megan McArthur, rentrera sur Terre avant l'arrivée à bord de l'ISS des quatre astronautes de Crew-3, dont le décollage a été plusieurs fois retardé notamment à cause de la météo. Lors de sa précédente mission "Proxima", en 2016-2017, il avait atterri dans les steppes kazakhes. L'amerrissage sera donc une première pour lui. Les quatre membres d'équipage de Crew-2 seront ramenés sur Terre par la capsule Dragon de Space X. Après sa rentrée dans l'atmosphère, le vaisseau effectuera une descente vertigineuse qui prendra fin en mer, quelque part au large de la Floride. Cet amerrissage est une première pour Thomas Pesquet, qui en 2017 avait atterri dans les steppes kazakhes avec le Soyouz russe. "On va descendre 8 ou 9 mètres par seconde, c'est assez rapide et beaucoup plus fort qu'un avion qui atterrit dans l'eau", a expliqué l'astronaute sur la radio France Inter. Une fois que la capsule aura "tapé" la surface de la mer ("splashdown" en anglais), elle flottera, et l'équipage sera récupéré au plus vite par des navires positionnés à proximité.L'arrivée risque de tanguer un peu: "On a déjà un peu le mal de mer en rentrant sur terre, donc là ça risque d'être encore pire", anticipe Thomas Pesquet.L'équipe médicale sur place a prévu les soins nécessaires pour éviter une déshydratation en cas de nausées trop importantes, précise Adrianos Golemis, le médecin de la mission Alpha. Un hélicoptère ramènera les "Crew 2" sur la terre ferme, d'où ils prendront un avion pour le centre spatial de la Nasa à Houston (Texas). Thomas Pesquet, 43 ans, y subira de rapides tests médicaux. "On va surveiller sa tension artérielle qui risque d'être basse car en apesanteur, le sang a circulé dans un sens différent", explique le Dr Golemis. Il subira aussi des examens neurologiques: son corps ayant flotté six mois durant, son système d'équilibre devra se réhabituer à la gravité, et réapprendre à se tenir debout. "Comme un petit enfant qui apprend à faire du vélo", dit Franck De Winne, chef des astronautes de l'Agence spatiale européenne (ESA). Il faut donc soutenir les astronautes à leur retour pour empêcher toute chute, d'autant qu'ils ont perdu en densité osseuse, augmentant le risque de fracture. Également au menu: des tests pour détecter les infections, notamment au Covid-19. Les astronautes ont beau s'être vaccinés avant leur départ, leur système immunitaire sera affaibli après leur séjour spatial, et mettra deux semaines à récupérer. Une fois terminé ce "check-up" de deux heurese environ, le Français dira au revoir à ses co-équipiers japonais et américains, qui eux resteront à Houston. Il s'envolera pour Cologne, en Allemagne, où se trouve le Centre européen des astronautes. Trois semaines d'intense programme de réhabilitation physique l'attendent. "La priorité, c'est d'être certain qu'il retrouve ses fonctions et reste en bonne santé", souligne l'astronaute belge Franck de Winne, qui dirige le centre européen. Thomas Pesquet fera peu à peu retravailler les muscles soutenant la colonne vertébrale, inactivés pendant six mois.Il retrouvera ses aptitudes graduellement. "Au bout de quelques heures, ou une journée au plus, on peut marcher tout seul. Et quelques jours après, courir", se souvient l'astronaute belge qui a passé six mois dans l'ISS. "C'est impressionnant de voir leur vitesse de récupération ! Et on a observé que lorsqu'un astronaute vole pour la deuxième fois, c'est un peu plus facile que la première", commente le Dr Golemis. L'astronaute sera soumis aux mêmes tests qu'avant et pendant sa mission, afin de contribuer à la collecte de données scientifiques sur l'effet de la micro-gravité sur le corps humain.Bien qu'astreignant, le programme n'empêchera pas l'astronaute de voir ses proches. "Et ensuite j'espère, première semaine de vacances depuis de nombreux mois", a-t-il ajouté vendredi. "J'ai même l'impression que ça fait des années".