Le sociologue Niels Blom de l'université Radboud à Nijmegen, aux Pays-Bas, a effectué des recherches pendant une quinzaine d'années sur la satisfaction que peuvent ressentir des couples dans leur relation. Il a demandé à plus de 10.000 couples hétérosexuels des Pays-Bas, d'Australie et du Royaume-Uni, âgés de 24 à 65 ans, de répondre à un questionnaire à plusieurs reprises durant cette période. Les questions abordaient autant leur relation, leur travail que leurs revenus.
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Le sociologue Niels Blom de l'université Radboud à Nijmegen, aux Pays-Bas, a effectué des recherches pendant une quinzaine d'années sur la satisfaction que peuvent ressentir des couples dans leur relation. Il a demandé à plus de 10.000 couples hétérosexuels des Pays-Bas, d'Australie et du Royaume-Uni, âgés de 24 à 65 ans, de répondre à un questionnaire à plusieurs reprises durant cette période. Les questions abordaient autant leur relation, leur travail que leurs revenus. Le sociologue en a conclu que les couples étaient moins satisfaits de leur relation lorsque la femme gagnait plus d'argent que l'homme au fil des années. Le taux de satisfaction donné à leur relation a alors été réduit de 0,10 point. Si l'homme devenait chômeur, la relation baissait même de 0,25 point. Par contre, si c'était à la femme à être au chômage, cela n'avait aucune conséquence sur le degré de satisfaction de son partenaire, sauf que la femme était, elle, moins heureuse. La baisse de satisfaction était indépendante de la façon dont les couples eux-mêmes voyaient leur rôle d'homme-femme.Cela montre que les normes sociales concernant les personnes qui devraient "gagner" le plus d'argent influencent le degré de satisfaction à l'égard d'une relation, conclut Blom. "Apparemment, c'est toujours l'homme". Le spécialiste ajoute : "Cette observation est moins surprenante qu'il n'y paraît. Les femmes travaillent davantage à temps partiel dans notre société que les hommes. D'une certaine manière, c'est une expression de la norme sociale dominante."En sociologie, le débat fait rage sur la manière dont la répartition du travail influence la qualité d'une relation. Blom : "Une théorie dit que les couples qui travaillent à temps égal ont de meilleures relations, parce que les partenaires comprennent mieux la situation de l'autre. Une autre théorie prédit que ces couples ont des relations pires que les couples où l'homme gagne le plus, parce que la répartition des tâches au sein de la famille est alors plus claire."Pour le statisticien Joop Hox, interviewé par le quotidien néerlandais, la recherche a été réalisée sur des bases solides. "Il est toujours très difficile de démontrer un lien de causalité dans ce type de recherche. Pour ce faire, il faudrait au préalable diviser les couples en deux groupes ; l'un où la femme rapporte le plus d'argent au ménage et l'autre où c'est l'homme. Ce n'est pas possible dans ce genre de recherche".Pour Blom, ce problème a été surmonté en réalisant l'étude sur une longue période de temps et en y intégrant d'autres explications possibles dans ses analyses. Hox : "Pour cette raison, par exemple, il pouvait exclure que seule la baisse des revenus est responsable du déclin du bonheur dans une relation."Les couples au sein desquels la femme rapporte le plus d'argent au ménage n'ont cependant pas à se mettre la pression est d'avis Hox. "Si vous regardez les chiffres de cette étude, l'influence de ces normes traditionnelles - qui semblent encore bien prévaloir dans la société - sur votre bonheur dans une relation semble être très faible."Blom souligne enfin que les conséquences d'un changement de situation professionnelle et de revenus sont certes minimes, mais mesurables. "Ces facteurs extérieurs à une relation influencent toujours la façon dont les partenaires se regardent. C'est un fait marquant."