La ''killer bee" ou abeille tueuse est le nom attribué à une lignée hybride d'abeilles, nées du croisement entre une espèce africaine (Apis mellifera scutellata) et européenne ( Apis mellifera ligustica et Apis mellifera iberiensis). Ces insectes métis se caractérisent par une très grande agressivité. Capables de poursuivre leurs proies par milliers, ces abeilles tueuses semblent tout droit sorties d'un film d'épouvante. Nichées aux Etats-Unis, elles ont déjà attaqué des êtres humains et provoqué la mort.

Mais comment ces abeilles métisses se sont retrouvées sur le continent américain? Pour répondre à cette question, il faut remonter soixante ans en arrière pour découvrir une histoire digne d'un scénario de science -fiction. En 1950, le gouvernement brésilien affirme sa volonté de faire du Brésil un leader en matière de production de miel. Il décide d'importer 62 reines abeilles provenant d'Afrique, une espèce qui ne produit pas beaucoup de miel, mais qui résiste bien au climat tropical. Dans un centre de recherche à Sao Paulo, un généticien les croise avec des abeilles européennes déjà utilisées au Brésil. En 1957, 26 essaims d'abeilles s'échappent du laboratoire pour coloniser l'Amérique, gagnant entre 300 et 500 km chaque année. Actuellement, cette invasion se poursuit vers le nord des Etats-Unis.

Ce qui les rend dangereuses, c'est le fait qu'il est impossible de les différencier des abeilles traditionnelles, car elles présentent exactement les mêmes caractéristiques que leurs cousines européennes. Plus résistantes aux maladies, aux conditions climatiques sévères et dotées d'une grande capacité d'adaptation, elles prolifèrent plus rapidement que les autres espèces. Elles peuvent aussi poursuivre leurs proies sur 1 km, alors que la plupart des abeilles abandonnent après 50 mètres. Leur première victime a été un paysan octogénaire, décédé après 40 piqûres. C'est d'ailleurs après cette attaque qu'elles ont été rebaptisées les "killer bees".

Une molécule qui rend féroce

Mais d'où provient cette agressivité ? Des chercheurs brésiliens ont récemment trouvé une molécule qui rendait ces abeilles africanisées si redoutables. Comme le relate le magazine Sciences et Avenir sur leur site, les scientifiques ont pu comparer le cerveau d'abeilles. Leurs résultats révèlent la présence de deux protéines dans le cerveau des insectes : l'allatostatine et la tachykinine. Cependant, chez les abeilles tueuses, ces protéines s'unissent pour former des neuropeptides, autrement dit, des molécules jouant un rôle de neuromodulateurs qui altèrent le système physiologique. C'est ce neuromodulateur qui serait responsable du comportement ultra-agressif des abeilles tueuses. Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs brésiliens ont injecté cette substance dans le cerveau des abeilles dites non-agessives. Résultat ? Elles sont devenues aussi féroces que les abeilles hybrides. Pour l'instant, il n'existe aucun médicament contre les piqûres. Ces recherches pourraient se révéler utiles pour mieux protéger les humains de ces prédateurs. Elles pourraient également permettre de mieux comprendre les mécanismes des circuits neuronaux pour réguler le comportement, aussi bien chez les insectes que chez les êtres humains.

Félicia Mauro

La ''killer bee" ou abeille tueuse est le nom attribué à une lignée hybride d'abeilles, nées du croisement entre une espèce africaine (Apis mellifera scutellata) et européenne ( Apis mellifera ligustica et Apis mellifera iberiensis). Ces insectes métis se caractérisent par une très grande agressivité. Capables de poursuivre leurs proies par milliers, ces abeilles tueuses semblent tout droit sorties d'un film d'épouvante. Nichées aux Etats-Unis, elles ont déjà attaqué des êtres humains et provoqué la mort.Mais comment ces abeilles métisses se sont retrouvées sur le continent américain? Pour répondre à cette question, il faut remonter soixante ans en arrière pour découvrir une histoire digne d'un scénario de science -fiction. En 1950, le gouvernement brésilien affirme sa volonté de faire du Brésil un leader en matière de production de miel. Il décide d'importer 62 reines abeilles provenant d'Afrique, une espèce qui ne produit pas beaucoup de miel, mais qui résiste bien au climat tropical. Dans un centre de recherche à Sao Paulo, un généticien les croise avec des abeilles européennes déjà utilisées au Brésil. En 1957, 26 essaims d'abeilles s'échappent du laboratoire pour coloniser l'Amérique, gagnant entre 300 et 500 km chaque année. Actuellement, cette invasion se poursuit vers le nord des Etats-Unis.Ce qui les rend dangereuses, c'est le fait qu'il est impossible de les différencier des abeilles traditionnelles, car elles présentent exactement les mêmes caractéristiques que leurs cousines européennes. Plus résistantes aux maladies, aux conditions climatiques sévères et dotées d'une grande capacité d'adaptation, elles prolifèrent plus rapidement que les autres espèces. Elles peuvent aussi poursuivre leurs proies sur 1 km, alors que la plupart des abeilles abandonnent après 50 mètres. Leur première victime a été un paysan octogénaire, décédé après 40 piqûres. C'est d'ailleurs après cette attaque qu'elles ont été rebaptisées les "killer bees". Une molécule qui rend féroceMais d'où provient cette agressivité ? Des chercheurs brésiliens ont récemment trouvé une molécule qui rendait ces abeilles africanisées si redoutables. Comme le relate le magazine Sciences et Avenir sur leur site, les scientifiques ont pu comparer le cerveau d'abeilles. Leurs résultats révèlent la présence de deux protéines dans le cerveau des insectes : l'allatostatine et la tachykinine. Cependant, chez les abeilles tueuses, ces protéines s'unissent pour former des neuropeptides, autrement dit, des molécules jouant un rôle de neuromodulateurs qui altèrent le système physiologique. C'est ce neuromodulateur qui serait responsable du comportement ultra-agressif des abeilles tueuses. Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs brésiliens ont injecté cette substance dans le cerveau des abeilles dites non-agessives. Résultat ? Elles sont devenues aussi féroces que les abeilles hybrides. Pour l'instant, il n'existe aucun médicament contre les piqûres. Ces recherches pourraient se révéler utiles pour mieux protéger les humains de ces prédateurs. Elles pourraient également permettre de mieux comprendre les mécanismes des circuits neuronaux pour réguler le comportement, aussi bien chez les insectes que chez les êtres humains.Félicia Mauro