La partie orientale de l'Antarctique forme un plateau d'environ 10 millions de kilomètres carrés, recouvert d'une épaisse couche de glace. Ce continent a souvent été qualifié de "continent le moins compris de la planète" à cause des nombreux mystères qui entourent son monde souterrain. Les scientifiques ont toujours supposé que sous cette glace se trouvait un simple "bloc tectonique gelé" - une masse homogène qui le distinguerait des géologies des autres continents.
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La partie orientale de l'Antarctique forme un plateau d'environ 10 millions de kilomètres carrés, recouvert d'une épaisse couche de glace. Ce continent a souvent été qualifié de "continent le moins compris de la planète" à cause des nombreux mystères qui entourent son monde souterrain. Les scientifiques ont toujours supposé que sous cette glace se trouvait un simple "bloc tectonique gelé" - une masse homogène qui le distinguerait des géologies des autres continents.Pourtant, une récente recherche dirigée par Jörg Ebbing , géophysicien à l' université de Kiel en Allemagne, vient bouleverser ces croyances... Suite à l'étude de données fournies par le satellite européen Gravity Field Steady State Ocean Circulation Explorer (GOCE), autrement appelée la "Ferrari de l'espace", son équipe de scientifiques a récemment découvert un vaste cimetière de vestiges continentaux caché sous cette masse froide. En créant des cartes 3D du monde souterrain tectonique du continent, c'est l'épave de la destruction d'un ancien supercontinent qu'ils ont révélée aux yeux du monde.La Ferrari de l'espace a orbité autour de la Terre jusqu'en 2013. Sa mission : mesurer les champs gravitationnels qui se tissent à travers la croûte et le manteau de la Terre. GOCE, avec sa sonde de mesure de la gravité ultra-sensible et sa proximité de la surface de la Terre (altitude de 250km), pouvait détecter des masses profondes sous la surface glacée de l'Antarctique avec des détails époustouflants.Grâce aux nombreuses données récoltées par ce satellite, l'équipe de chercheur a constaté que l'Antarctique était un énorme puzzle composé d'au moins trois "titans" géologiques, nommés provinces cratoniques. Les cratons sont des noyaux rocheux de continents ayant survécu aux mouvements destructeurs de la tectonique des plaques.Ces trois types de cratons ne sont pas anodins : l'un présente des similitudes géologiques avec une partie du substrat rocheux de l'Australie, un autre ressemble à une partie de l'Inde et le dernier est composé de morceaux d'anciens fonds marins. "Quant à savoir quand et comment ces provinces cratoniques se sont réunies pour formées l'Antarctique de l'Est, il reste encore matière à débat et à spéculation ", a déclaré Fausto Ferraccioli, un géophysicien de la British Antarctic Survey et co-auteur de l'étude.Certains pensent que ces parties ont été assemblées lors de la construction du supercontinent Rodinia, il y a un milliard d'années. D'autres estiment plutôt que la réunification du supercontinent Gondwana (il y a 500 millions d'années) serait à l'origine de ce phénomène.Un supercontinent désigne en géologie une masse continentale comprenant plusieurs cratons. La Rodinia est le nom d'un de ces supercontinents, qui contient la plupart des masses continentales de notre époque. Sa fragmentation a causé une série de mouvements des plaques tectoniques : la Terre se scinda en huit continents, dont la dérive provoqua la dislocation de la Rodinia puis son réassemblage en un autre nouveau supercontinent, la Pangée.Le Gondwana, un autre supercontinent, s'est quant à lui formé bien plus tard, lors de la fracturation de la Pangée en deux parties : le Gondwana en forme la partie sud. Il représenterait approximativement un tiers des continents actuels et contient environ 60% des ressources minérales mondiales.Kate Winter, qui étudie les glaciers de l'Antarctique à la Northumbria University en Angleterre, a précisé que ces découvertes ne dévoilaient qu'une partie du mystère. En effet, la composition géologique exacte de la partie la plus intérieure de l'Antarctique, située dans l'Antarctique oriental, "reste à découvrir"...