Dès que des personnes sont trop proches les unes par rapport aux autres, dans le hall de l'hôpital de Modena, une voix éléctronique s'élève : "Attention, nous vous prions de respecter la distance de sécurité". Via des caméras, un système d'intellligence artificielle est capable de mesurer en temps réel les distances entre les personnes et de calculer le risque de contamination. Ce système, développé par Rita Cucchiara, chercheuse à l'Université de Modena et du laboratoire AImageLab, et intitulé Inter homines, est en cours d'essai à l'hôpital de Modena.

"Le système peut fonctionner avec n'importe quelle caméra, même des caméras déjà installées, explique Rita Cucchiara au quotidien La Repubblica. "Le système va vérifier la situation en fonction des modèles de contamination implémentés, et en fonction des risques supplémentaires, comme l'absence de masque", continue la chercheuse. Elle souligne que le système respecte le concept de "privacy by design", donc via son fonctionnement même, il ne récolte pas de données qui pourrainet servir à identifier les personnes.

L'idée serait, à terme, d'utiliser le système dans différentes situations de la vie de tous les jours. Par exemple via les caméras des wagons de métro et bus, les passagers pourraient suivre en temps réel si le véhicule qui arrive est bondé ou non, et ainsi décider de prendre le suivant. De même que lorsque des personnes s'apprêtent à entrer dans un endroit bondé, une application, liée au système, va envoyer une notification pour avertir les personnes de la situation et du risque de contamination.

"Un système d'intelligence artificielle, lors de sa création, est comme un nouveau-né, il ne sait rien du tout", explique Matteo Fabri, du laboratoire AImageLab. Pour entraîner le système à reconnâitre des personnes et des distances sur une image, il a donc fallu lui montrer de nombreuses images. "Il faut énormément de données pour cela, donc nous avons créé un simulateur avec le code du jeu vidéo Grand Theft Auto 5, qui représente des graphismes très réalistes", relate Matteo Fabri. Avec ces images de synthèse, il est possible de créer un nombre quasi infini de situations, et cela immédiatement, et toutes les informations comme les distances entre les personnes sont connues et vérifiables via le code, donc la machine peut s'entraîner plus facilement qu'avec des images réelles issues de caméras.

Un véritable outil pour lutter contre le virus, ou un gadget moderniste où un peu de bon sens humain pourrait nous indiquer les distances à garder dans telle ou telle situation? Un atout pour la santé publique ou un flic omniprésent? Ce type de système soulève des questions éthiques, qui sont toujours beaucoup discutées, dans un débat encore nouveau et loin d'être terminé. Mais toujours est-il que des entreprises montrent de l'intérêt pour Inter homines, comme Buonristoro (spécialisé dans les distributeurs automatiques) qui veut l'installer dans le coin café des bureaux, ou une version du système, née d'une collaboration entre AImageLab et une entreprise de sécurité et de vidéosurveillance, est en train d'être commercialisée.

Dans le futur, Rita Cucchiara aimerait développer un système qui reconnaisse l'âge des passants, aux passages piétons, et que le feu vert soit adaptée au temps dont aurait besoin une personne âgée pour traverser, par exemple.

(avec La Repubblica)

Dès que des personnes sont trop proches les unes par rapport aux autres, dans le hall de l'hôpital de Modena, une voix éléctronique s'élève : "Attention, nous vous prions de respecter la distance de sécurité". Via des caméras, un système d'intellligence artificielle est capable de mesurer en temps réel les distances entre les personnes et de calculer le risque de contamination. Ce système, développé par Rita Cucchiara, chercheuse à l'Université de Modena et du laboratoire AImageLab, et intitulé Inter homines, est en cours d'essai à l'hôpital de Modena."Le système peut fonctionner avec n'importe quelle caméra, même des caméras déjà installées, explique Rita Cucchiara au quotidien La Repubblica. "Le système va vérifier la situation en fonction des modèles de contamination implémentés, et en fonction des risques supplémentaires, comme l'absence de masque", continue la chercheuse. Elle souligne que le système respecte le concept de "privacy by design", donc via son fonctionnement même, il ne récolte pas de données qui pourrainet servir à identifier les personnes.L'idée serait, à terme, d'utiliser le système dans différentes situations de la vie de tous les jours. Par exemple via les caméras des wagons de métro et bus, les passagers pourraient suivre en temps réel si le véhicule qui arrive est bondé ou non, et ainsi décider de prendre le suivant. De même que lorsque des personnes s'apprêtent à entrer dans un endroit bondé, une application, liée au système, va envoyer une notification pour avertir les personnes de la situation et du risque de contamination."Un système d'intelligence artificielle, lors de sa création, est comme un nouveau-né, il ne sait rien du tout", explique Matteo Fabri, du laboratoire AImageLab. Pour entraîner le système à reconnâitre des personnes et des distances sur une image, il a donc fallu lui montrer de nombreuses images. "Il faut énormément de données pour cela, donc nous avons créé un simulateur avec le code du jeu vidéo Grand Theft Auto 5, qui représente des graphismes très réalistes", relate Matteo Fabri. Avec ces images de synthèse, il est possible de créer un nombre quasi infini de situations, et cela immédiatement, et toutes les informations comme les distances entre les personnes sont connues et vérifiables via le code, donc la machine peut s'entraîner plus facilement qu'avec des images réelles issues de caméras.Un véritable outil pour lutter contre le virus, ou un gadget moderniste où un peu de bon sens humain pourrait nous indiquer les distances à garder dans telle ou telle situation? Un atout pour la santé publique ou un flic omniprésent? Ce type de système soulève des questions éthiques, qui sont toujours beaucoup discutées, dans un débat encore nouveau et loin d'être terminé. Mais toujours est-il que des entreprises montrent de l'intérêt pour Inter homines, comme Buonristoro (spécialisé dans les distributeurs automatiques) qui veut l'installer dans le coin café des bureaux, ou une version du système, née d'une collaboration entre AImageLab et une entreprise de sécurité et de vidéosurveillance, est en train d'être commercialisée.Dans le futur, Rita Cucchiara aimerait développer un système qui reconnaisse l'âge des passants, aux passages piétons, et que le feu vert soit adaptée au temps dont aurait besoin une personne âgée pour traverser, par exemple.(avec La Repubblica)