Gliese 486 b © Belga

Découverte d’une planète clé dans la quête de vie au-delà du système solaire

Le Vif

Chercher des traces de vie sur Mars, comme le fait actuellement la Nasa, est une chose. Mais les scientifiques voient plus loin. Serait-il possible d’en trouver en dehors de notre système solaire?

Une étude, parue dans la prestigieuse revue Science jeudi, révèle la découverte d’une nouvelle exoplanète, qui semble être une candidate idéale pour y chercher une atmosphère, et in fine, des traces de vie autour d’une autre étoile que notre Soleil. « Le but final, c’est trouver des marqueurs biologiques, des biosignatures, dans les atmosphères d’exoplanètes, c’est-à-dire des signes de vie sur des planète habitables similaires à la Terre », explique à l’AFP José A. Caballero, astronome au Centro de Astrobiologia en Espagne. Il est l’un des co-auteurs de l’étude, à laquelle ont contribué des chercheurs de cinq continents.

Environ 4.000 exoplanètes ont été découvertes ces 25 dernières années, et quelques-unes ont déjà révélé avoir une atmosphère. Mais celles-ci étaient « de grandes planètes gazeuses ou glacées », explique M. Caballero. Ces recherches « n’ont pas encore été menées sur les planètes de la taille de la Terre. » Avec leur découverte, les chercheurs ont aujourd’hui ouvert la possibilité d’étudier une exoplanète « de nature rocheuse comme la Terre », qui pourrait avoir une atmosphère « qui ressemble à la nôtre ». « Nous pensons qu’elle en a probablement une », dit-il.

– 26 années-lumière –

Le nom de cette exoplanète? Gliese 486 b. Elle est environ 30% plus grosse que la Terre, mais est 2,8 fois plus lourde, et se trouve dans ce qui est appelé la zone habitable autour d’une étoile. Elle se situe à « seulement » 26 années-lumière, ce qui en fait la troisième plus proche exoplanète connue en transit, c’est-à dire sur une trajectoire où on la voit passer devant son étoile. Pour l’identifier, les chercheurs ont utilisé deux techniques différentes: l’observation du changement de la lumière émise par l’étoile lorsque la planète passe devant elle, et la vitesse radiale, qui mesure les « oscillations » de l’étoile sous l’influence de la gravité de la planète.

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Comme Gliese 486 b est très proche de son étoile, elle ne met qu’un peu moins de 1,5 jour à accomplir son orbite autour d’elle. De plus, l’étoile (nommée Gliese 486) est très brillante. Ces deux facteurs ont rendu possible l’acquisition de beaucoup de données, et donc de l’étudier avec tant de précision. « Nous avons passé en revue 350 étoiles naines rouges en cherchant des signes de petites planètes », souligne auprès de l’AFP Trifon Trifonov, chercheur au Max Planck Institute for Astronomy, et auteur principal de l’étude.

– Lave et volcans –

Mais la proximité de cette exoplanète avec son étoile la rend aussi, de ce fait, très chaude (au moins 430°C). Elle est « parsemée de volcans et de rivières de lave », décrit M. Trifonov. Ainsi, « elle n’est pas habitable ». Toutefois, si cette planète « a une atmosphère, alors, toutes les planètes plus éloignées (de l’étoile) avec des caractéristiques similaires auront une atmosphère », et plus de chances d’être habitables, explique José A. Caballero. Inversement, si elle n’en a pas, les autres planètes en orbite n’en auront pas non plus. Celles-ci sont plus difficiles à détecter: comme elles sont plus distantes de leur étoile, elles passent moins souvent devant. D’où la nécessité de « commencer quelque part ». « Gliese 486 b est une découverte exceptionnelle, qui va probablement devenir la +pierre de Rosette+ des recherches atmosphériques des exoplanètes rocheuses », résume Trifon Trifonov. Il attend avec impatience le déploiement du très attendu télescope spatial James Webb, qui doit être lancé cette année. Grâce à lui, il serait possible, dans au mieux environ 3 ans, de dire si oui ou non cette exoplanète a une atmosphère, et de donner sa composition. Puis, peut-être, « dans une ou deux décennies », de détecter des traces de vie sur l’une de ses jumelles, rêve José A. Caballero.

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