Pour rappel, le nouveau virus a fait son apparition en décembre dans un marché de Wuhan en Chine où nombre d'animaux, dont des mammifères sauvages, étaient vendus pour être mangés.
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Pour rappel, le nouveau virus a fait son apparition en décembre dans un marché de Wuhan en Chine où nombre d'animaux, dont des mammifères sauvages, étaient vendus pour être mangés.La chair délicate du pangolin est très prisée par des gourmets chinois et vietnamiens, tout comme le sont leurs écailles, leurs os et leurs organes par la médecine traditionnelle asiatique. On sait que le virus vient certainement de la chauve-souris qui a joué le rôle de "réservoir" du virus. C'est-à-dire qu'elle héberge le virus sans être malade. Selon une étude, les génomes du coronavirus et de ceux qui circulent chez cet animal sont identiques à 96%.Mais le virus de chauve-souris n'étant pas équipé pour se fixer sur les récepteurs humains, il est sans doute passé par une autre espèce pour s'adapter à l'homme, appelée "hôte intermédiaire".En février, des chercheurs de l'Université d'agriculture du sud de la Chine ont identifié le pangolin comme "un possible hôte intermédiaire" ayant facilité la transmission du virus.Après avoir testé un millier d'échantillons provenant d'animaux sauvages, des chercheurs chinois avaient déterminé que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99% identiques à ceux trouvés sur des patients atteints du nouveau coronavirus.Pourtant, une étude parue en août dans la revue scientifique Médecine/sciences vient remettre en cause ces résultats. Le virologue français Etienne Decroly est directeur de recherche au CNRS et co-auteur de l'étude sur les origines du SARS-CoV-2. Selon lui, le pangolin n'aurait rien à voir avec la pandémie qui nous touche depuis des mois. "La découverte dans le génome de coronavirus infectant des pangolins d'une courte séquence génétique apparentée à celle du SARS-CoV-2 humain a un temps fait penser qu'on tenait un possible hôte intermédiaire, mais le restant de son génome est trop distant", déclarait Etienne Decroly fin octobre dans CNRS Le journal, lesdites séquences n'étant identiques qu'à 89 %. "Le génome de SARS-CoV-2 est un puzzle et les mécanismes de recombinaison des virus animaux ayant permis une telle émergence demeurent énigmatiques, reconnaît le virologue. Pour comprendre sa genèse, il est donc nécessaire d'intensifier la collecte d'échantillons chez des espèces sauvages ou domestiques."Autre scénario possible, le coronavirus pourrait s'être adapté il y a plusieurs années et avoir circulé sans bruit jusqu'ici. Une mutation récente aurait pu alors le rendre plus transmissible d'homme à homme, suppose le chercheur. Cette hypothèse ayant émergé chez les réseaux complotistes peut sembler farfelue, mais elle ne peut toutefois pas être totalement écartée, rapporte le scientifique français dans CNRS Le journal. Il reste, selon lui, "la possibilité que SARS-CoV-2 descende d'un virus de chauves-souris isolé par les scientifiques et qui se serait adapté à d'autres espèces au cours d'études sur des modèles animaux en laboratoire ; laboratoire dont il se serait ensuite échappé accidentellement".Les scientifiques n'ont donc pas encore percé le secret de l'apparition de la Covid-19 parmi les maladies touchant l'humain. Il est pourtant crucial de le découvrir puisque le SARS-CoV-2 est le troisième virus de cette famille à émerger chez les humains en à peine 20 ans (après le SARS-CoV et le MERS-CoV). Pour pouvoir lutter contre l'apparition de ce type d'épidémie, il est nécessaire de comprendre comment ce virus est arrivé parmi nous.