Certaines personnes sont plus disposées à croire aux "fake news" que d'autres. Ce mécanisme se fait notamment via des biais cognitifs, qui les incitent à trier les informations non pas selon leur véracité, mais qui tend à attirer leur attention sur celles qui confortent leur opinion préétablie. Pour aller plus loin, des scientifiques ont comparé fake news et tours de magie. Si les fake news ne peuvent pas vraiment, comme le tour de magie, être qualifiées de divertissement, les deux sont un exemple de faux avérés, mais qui produisent tout de même une impression de vérité.
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Certaines personnes sont plus disposées à croire aux "fake news" que d'autres. Ce mécanisme se fait notamment via des biais cognitifs, qui les incitent à trier les informations non pas selon leur véracité, mais qui tend à attirer leur attention sur celles qui confortent leur opinion préétablie. Pour aller plus loin, des scientifiques ont comparé fake news et tours de magie. Si les fake news ne peuvent pas vraiment, comme le tour de magie, être qualifiées de divertissement, les deux sont un exemple de faux avérés, mais qui produisent tout de même une impression de vérité.Comment cela phénomène se produit-il ? Dans le cas du tour de magie, même si nous savons que ce n'est pas "vrai", nous les regardons attentivement et attendons impatiemment de connaitre la chute. Les principes de la magie sont enracinés dans des domaines liés à la psychologie : la perception, l'attention et la manière dont nous traitons l'information. La magie consiste à manipuler nos perceptions, à "exploiter les failles cognitives", explique le Dr Gustav Kuhn, à la tête du Magic Lab du département de psychologie de l'Université de Londres, à la BBC. Ce laboratoire étudie notamment nos réponses cognitives face aux illusions d'optique, tours de magie ou fausses informations. Parmi les éléments-clés qui rendent la magie déroutante de crédibilité, on retrouve la "mauvaise orientation". Cela consiste à amener les gens à ne pas regarder ce qui est important, mais à les distraire, à changer de sujet, à mener leur attention ailleurs afin qu'ils ne voient pas ce qui se déroule véritablement sous leurs yeux. En trompant notre attention et notre vigilance, les fausses informations exploitent elles aussi nos failles cognitives.Et cela s'applique également à d'autres domaines, comme la sécurité routière et des questions sociales et politiques plus vastes. Comment un individu, même instruit et pensant être attentif, peut-il se faire avoir par les théories du complot et les fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux ? Comme dans la magie, on assume que même si quelque chose est (re)connu comme faux, cela nous marque quand même, s'imprègne dans notre cerveau et attire notre attention. Un autre élément important est la technique de "forçage". En magie, c'est ce qui fait penser à quelqu'un qu'il choisit une carte au hasard, alors qu'il est manipuléet fait un choix qu'il jugerait "faux" en temps normal. "Le libre arbitre est une illusion. Les gens sont beaucoup plus sensibles à la suggestion qu'ils ne le pensent. Toutes nos perceptions sont malléables", assure Khun. Cette suggestibilité peut être utilisée à mauvais escient, par exemple dans un but politique. Cela peut aussi expliquer comment les témoignages oculaires peuvent être si "hautement suggestifs" dans un procès, par exemple. Les spécialistes pensent que la "psychologie de la magie" peut nous en apprendre beaucoup sur la manière dont fonctionne l'esprit humain et sur la "nature de la perception". La fascination pour la magie vient du fait qu'on essaie de concilier quelque chose que nous avons vu, avec ce que nous savons être impossibles. C'est une sensation qui produit une réponse profondément enracinée, essayant de réconcilier ce que le Dr Kuhn nomme le "conflit cognitif". Nous sommes attirés par ce que nous ne comprenons pas, et ce dès le plus jeune âge, avec une tendance à vouloir donner un sens à l'inexpliqué.