Les personnes qui s'identifient plus intensément à un camp ou une idéologie politique partagent un trait psychologique sous-jacent : un faible niveau de flexibilité cognitive, selon une nouvelle étude. À cause de cette "rigidité mentale", les personnes ont plus de difficulté à changer leur façon de penser ou de s'adapter à de nouveaux environnements. Ce manque de souplesse mentale a été constaté chez ceux qui avaient les croyances et les affiliations les plus ferventes, tant à gauche qu'à droite de l'échiquier politique.
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Les personnes qui s'identifient plus intensément à un camp ou une idéologie politique partagent un trait psychologique sous-jacent : un faible niveau de flexibilité cognitive, selon une nouvelle étude. À cause de cette "rigidité mentale", les personnes ont plus de difficulté à changer leur façon de penser ou de s'adapter à de nouveaux environnements. Ce manque de souplesse mentale a été constaté chez ceux qui avaient les croyances et les affiliations les plus ferventes, tant à gauche qu'à droite de l'échiquier politique.L'étude, menée auprès de plus de 700 citoyens américains, visait à déterminer si les personnes plus "extrêmes" sur le plan politique avaient un certain "type d'esprit". Les résultats, publiés dans le Journal of Experimental Psychology, suggèrent que les processus mentaux qui régissent notre capacité à passer d'un concept et d'une tâche à l'autre sont liés à l'intensité avec laquelle nous nous attachons aux doctrines politiques. "Alors que l'animosité politique semble souvent motivée par l'émotion, nous constatons que la façon dont les gens traitent inconsciemment les stimuli neutres semble jouer un rôle important dans leur façon de traiter les arguments idéologiques. Ceux qui ont moins de souplesse cognitive voient le monde en noir et blanc", explique le Dr Leor Zmigrod, auteure principale de l'étude. Les chercheurs ont constaté que "l'extrémité partisane", c'est-à-dire l'intensité de l'attachement des participants à leur parti politique favori, souvent davantage marqués chez les partis considérés comme extrémistes, était un prédicteur important de rigidité. Ils ont également constaté que ceux qui se considèrent comme indépendants sur le plan politique faisaient preuve d'une plus grande souplesse cognitive que ceux qui se déclaraient comme partisans d'un parti précis,. "Dans le contexte politique hautement divisé d'aujourd'hui, il est important que nous travaillions à comprendre les fondements psychologiques du dogmatisme et de la stricte adhésion. Nous voulons mettre en lumière les facteurs psychologiques communs qui façonnent la façon dont les gens en viennent à avoir des opinions et des identités extrêmes", explique Zmigrod. Des études antérieures ont par exemple démontré qu'il est possible de cultiver la flexibilité cognitive par la formation et l'éducation. "Nos résultats s'interrogent si l'augmentation de notre flexibilité cognitive pouvait aider à construire des sociétés plus tolérantes, et même développer des antidotes à la radicalisation".Ce n'est pas la première recherche effectuée par Zmigrod et son équipe sur la relation entre idéologique politique et flexibilité cognitive. Lors d'une précédente étude, l'équipe avait constaté que les personnes qui faisaient preuve d'une plus grande souplesse cognitive étaient moins susceptibles de soutenir des idéologies autoritaires et nationalistes. Ils étaient également plus enclins à penser que le Royaume-Uni devrait rester dans l'UE. Et inversement. Ils ont trouvé un lien entre la flexibilité mentale et l'idéologie nationaliste, en interrogeant notamment les participants sur leur soutien à l'immigration, à l'Union européenne, à la libre circulation des travailleurs et à l'accès au marché unique européen. "Nous avons constaté que la souplesse cognitive et la tolérance à l'incertitude étaient liées à la souplesse envers l'immigration et la libre circulation", écrivait Leor Zmigrod dans The Independent l'an dernier. De manière générale, nos positions idéologiques semblent donc liées à notre capacité générale d'adaptation psychologique au changement. Cela veut aussi dire que nous ne votons pas seulement avec notre coeur, mais aussi selon notre style cognitif.