Une nouvelle étude publiée dans The Journal of Neuroscience montre que des séances de tutorat effectuées auprès des élèves ayant une appréhension du cours de mathématiques, permettraient de changer leurs comportements et d'éliminer ces peurs. Être exposé régulièrement à ces problèmes peut aider un enfant à contrôler ses peurs et à se familiariser avec les mathématiques.
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Une nouvelle étude publiée dans The Journal of Neuroscience montre que des séances de tutorat effectuées auprès des élèves ayant une appréhension du cours de mathématiques, permettraient de changer leurs comportements et d'éliminer ces peurs. Être exposé régulièrement à ces problèmes peut aider un enfant à contrôler ses peurs et à se familiariser avec les mathématiques. Vinod Menon, professeur de psychiatrie et des sciences du comportement à l'Université de Stanford et responsable de cette étude, estime que plus ou moins 30% des élèves de primaires et secondaires ont "peur" des mathématiques. Au cours de ces observations, il a d'abord été mis en évidence "que le stress n'influence pas les capacités cognitives des élèves". Avoir moins peur, n'augmente donc pas leur capacité à comprendre les mathématiques. En fait, ces tutorats servent à rendre les cours de mathématiques moins anxiogènes, et ce, dans l'unique but d'améliorer le confort de ceux qui étudient.Le tutorat fonctionne comme des séances de thérapie, affirme-t-il. Pour faire une comparaison, cela reviendrait à présenter graduellement des serpents ou des araignées à des personnes qui en ont peur. Après quelque temps, elles s'y habituent et en ont moins peur. Ces sessions fonctionnent sur le même principe et vont permettre aux élèves souffrant d'anxiété de s'adapter au sujet et d'avoir du temps pour combattre leur peur.Pour tester cette théorie, les chercheurs ont observé des élèves de 3èmes primaires et ont testé leurs taux de stress en leur donnant un questionnaire sur la matière. Les résultats ont ensuite été divisés en deux catégories : les enfants avec un taux de stress élevé et ceux avec un taux bas. Ils ont ensuite scanné le cerveau de chaque élève révélant des marqueurs distinctifs entre les deux groupes. Les enfants avec un taux plus élevé de stress montrent une forte activité de l'amygdale, région du cerveau responsable des émotions et de la peur. Une forte activité dans cette partie du cerveau est observée chez les personnes souffrant de troubles de l'anxiété. Chaque élève a ensuite eu le droit à des séances individuelles de tutorat 3 fois par semaine. Au cours de celles-ci, ils ont été amenés à résoudre un grand nombre de problèmes mathématiques, tout en étant suivis et encouragés par leurs tuteurs. Après 8 semaines, les deux groupes d'élèves ont montré une augmentation semblable au niveau de leurs performances. Les chercheurs ont alors pu observer de grands changements dans le cerveau des enfants souffrant d'anxiété : la partie du cerveau responsable de la peur était dès lors identique à ceux des élèves "normaux".Toutefois, l'étude ne permet pas encore de savoir si cette technique de tutorat fonctionne sur le long terme ou s'il est important que les séances soient données par un humain et non par un ordinateur. "Comment peut-on mettre cette expérience en application pour tous les élèves? Ça c'est encore à définir" conclut le professeur Menon. Mais en comprenant comment les mathématiques affectent les élèves, Menon et son équipe affirment proposer une solution possible pour tous les élèves et pour toutes les matières enseignées.Audrey Pantano