Votre mode de vie peut vous sauver la vie

07/12/18 à 14:06 - Mise à jour à 14:34

Source: De Standaard

Vous vous sentez faible ou malade ? "Ne gobez pas de pilule, mais modifiez votre mode de vie ", nous dit Reginald Deschepper, professeur et anthropologue médical.

Votre mode de vie peut vous sauver la vie

© Getty Images/iStockphoto

"Selon l'étude Global Burden of Disease, récemment publiée dans The Lancet, 72 % des décès sont dus à des maladies chroniques (MNT). L'Organisation mondiale de la santé considère la diminution des MNT comme une priorité absolue. Dans la plupart des cas, ces décès prématurés sont dus au tabagisme, à l'obésité, à l'hypertension artérielle, à l'hypercholestérolémie, au diabète, à une mauvaise alimentation, à un excès d'alcool et de stress, ou à un manque d'exercice. Tous ces maux ont à voir avec le mode de vie ", dit Reginald Deschepper, professeur et anthropologue médical à la tête de l'ONG LifeMe qui regroupe médecins, chercheurs et patients. Celle-ci a pour but de promouvoir le mode de vie comme une médecine à part entière.

Le Belge, très gros consommateur de médicaments

Chaque jour, nous prenons 14 millions de médicaments (remboursées). Ce qui fait de nous les plus gros consommateurs d'Europe. "Nous n'aimons pas l'incertitude et nous cherchons des moyens d'y remédier", dit Deschepper. Une tendance surtout présente dans de sud de l'Europe. Dans le nord, on aura plutôt tendance à faire confiance au cours des choses.

Charlotte Pots est l'une adepte de la méthode et dit aujourd'hui nourrir son corps plutôt que de le remplir. Je mange par exemple moins de glucides transformés. "Maintenant, je m'injecte 70 % d'insuline en moins et j'ai ma glycémie globale sous contrôle. Cela a eu un grand impact sur mon état d'esprit, mon niveau de stress, mon sommeil. Je me sens beaucoup plus sûre de moi et plus forte." Elle se rend bien compte que son histoire a l'air trop belle pour être vraie. Sauf que des études vont dans son sens dit Deschepper : " Selon une étude publiée dans le magazine Science, 70 % du cancer colorectal pourrait être évité en modifiant le mode de vie. Il en va de même pour les hémorragies cérébrales. Cela grimpe à 80% pour les troubles cardiovasculaires et 90% pour le diabète."

C'est la surconsommation qui est mauvaise

S'il ne se dit pas contre les médicaments, Deschepper pointe surtout leur surconsommation. "Traditionnellement, on ne traite les problèmes que lorsqu'ils sont là. On devrait au contraire les prendre plus en amont. La médecine par le mode de vie, travaille plus sur les mécanismes de base de la santé. Nous avons besoin de ce changement de paradigme aujourd'hui", dit encore Deschepper.

Avec le vieillissement de la population, le nombre des maladies chroniques augmente et cela nécessite une nouvelle approche. LifeMe se base sur les idées du scientifique médical américain Dean Ornish, un pionnier de la " médecine du style de vie " qui s'est fait connaître lorsqu'il a réussi à convaincre Bill Clinton (après trois crises cardiaques) d'entamer un régime à base de plantes. Ornish travaille sur quatre piliers : la nutrition, l'exercice, la gestion du stress et le soutien social. LifeMe ajoute le sens de la démarche, le sommeil et l'environnement. Dans les deux cas, l'approche est plutôt holistique : tout est lié. Si Deschepper reconnaît facilement qu'être gentil avec une personne qui souffre d'un cancer ne la guérira pas forcément, cela a quand même un effet. "Le manque de soutien social a le même impact que de fumer 10 à 15 cigarettes par jour". Qu'importe aussi si les effets du soutien social et du placebo sont proches l'un de l'autre. "Notre méthode a une composante biomédicale et psychosociale. Il s'agit pour les gens de voir, qu'en changeant leur comportement, ils ont une meilleure qualité de vie et que leur état général s'améliore. Ils continuent ensuite d'eux-mêmes." Enfin, pour Deschepper, si cette médecine est moins connue ce n'est pas tant pour une question de fiabilité que de moyens : "nous n'avons pas les ressources financières nécessaires en tant que secteur pharmaceutique. Il y a 150 médicaments contre le diabète et aucun remède. Mais en changeant votre mode de vie, vous vous rapprochez de la guérison. Si le mode de vie était une pilule, ce serait la pilule à prendre", conclut-il.

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