Plusieurs hôpitaux et experts bataves tirent la sonnette d'alarme, car ils ont remarqué que le variant Delta est si contagieux qu'il se transmettait même via des personnes complètement vaccinées. Ainsi, dans un hôpital, 85 % du personnel testé positif étaient complètement vaccinés. En Israël, où la population a été vaccinée avec le vaccin Pfizer, plus d'un millier de personnes qui avaient été entièrement vaccinées a néanmoins été réinfectépar la variante delta. Et en Inde, les scientifiques ont constaté que les travailleurs de la santé qui avaient été vaccinés par AstraZeneca étaient souvent encore infectés par la variante delta.
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Plusieurs hôpitaux et experts bataves tirent la sonnette d'alarme, car ils ont remarqué que le variant Delta est si contagieux qu'il se transmettait même via des personnes complètement vaccinées. Ainsi, dans un hôpital, 85 % du personnel testé positif étaient complètement vaccinés. En Israël, où la population a été vaccinée avec le vaccin Pfizer, plus d'un millier de personnes qui avaient été entièrement vaccinées a néanmoins été réinfectépar la variante delta. Et en Inde, les scientifiques ont constaté que les travailleurs de la santé qui avaient été vaccinés par AstraZeneca étaient souvent encore infectés par la variante delta. Comme le précise le virologue Matthijs Welkers, de l'UMC Amsterdam, dans De Volkskrant, "l'idée que nous avions au départ, à savoir qu'après la vaccination on ne transmet plus le virus, s'avère ne pas être tout à fait vraie pour la variante delta. Nous voyons même des personnes qui ont déjà eu une infection, puis qui ont été vaccinées deux fois et dont le test est à nouveau positif.Ce qui surprend surtout, c'est le très important taux de particules virales détecté. Toute personne infectée par la variante delta produit jusqu'à mille fois plus de particules virales que la variante originale. Si selon l'OMS, "on ignore toujours quel est le mécanisme exact à l'origine de la plus grande transmissibilité de ce variant par rapport aux autres, cela est probablement dû au fait que le virus prend momentanément le dessus sur le système immunitaire. Au début, l'infection est telle que les anticorps ne peuvent pas suivre. Or on sait aussi que, selon des tests de laboratoire britanniques, les anticorps des personnes vaccinées sont six à huit fois moins efficaces contre le variant delta. L'effet du variant Delta est d'autant plus pernicieux que les personnes doublement vaccinées, mais tout de même infectées, ne sont que rarement très malades. Il semble en effet qu'après la phase initiale de l'infection, la variante delta se heurte aux cellules T (la ligne de défense qui élimine les cellules infectées), ce qui fait que la maladie reste limitée. Du coup, ces personnes ne remarquent probablement même pas qu'elles sont à nouveau contaminées, ou pensent que ce n'est rien. Et elles continuent leur vie comme si de rien n'était. Sauf qu'elles n'en sont pas moins contagieuses et n'offrent pas toujours le barrage espéré pour endiguer la pandémie. Selon le microbiologiste Heiman Wertheim, ce serait même là un des moteurs silencieux de l'épidémie, toujours selon le Volkskrant.Ce n'est pas une vraie surprise puisque l'on savait que les vaccins ne protègent pas à 100%, il n'empêche que l'ampleur étonne tout de même. Au point de sérieusement envisager des mesures, car force est de constater que si la vaccination est très importante dans la lutte contre le virus, elle ne suffit pas, en l'état, à stopper la transmission.Les virologues préconisent par exemple que les personnes qui ont été vaccinées doivent respecter les mêmes règles que celles qui ne le sont pas : soit faire un test en cas de symptômes et se faire tester avant et en revenant de leurs lieux de vacances si celui-ci se trouve en zone rouge. Et surtout garder les distances de sécurités avec les personnes qui n'ont pas encore été vaccinées. Selon les résultats préliminaires d'une étude publiée et citée notamment dans le New York Times, le vaccin de l'entreprise Janssen (Johnson & Johnson) est moins efficace contre le variant Delta. Ce vaccin, aussi administré en Belgique et qui ne nécessite qu'une dose, génère relativement peu d'anticorps contre le variant Delta. Les chercheurs de l'université de New York concluent qu'il produit environ cinq fois moins des anticorps qui protègent contre cette mutation du virus. "Nous ne voulons pas décourager les gens de bénéficier du vaccin Janssen, mais nous espérons qu'à l'avenir, il sera possible d'obtenir une deuxième injection, soit par Janssen lui-même, soit par Pfizer ou Moderna", a déclaré au New York Times le virologue Nathaniel Landau de l'université de New York, qui a dirigé l'étude. Les vaccins Pfizer et Moderna, qui nécessitent deux doses, produisent aussi selon l'étude relativement moins d'anticorps contre le variant Delta, mais cet écart serait moindre que pour le vaccin Janssen.La firme pharmaceutique Janssen tient tout de même à nuancer ces résultats. "Comme indiqué précédemment, les études de phase 3 ont montré qu'une seule injection du vaccin Janssen Covid-19 était efficace à 85 % pour protéger contre les maladies graves et offrait une protection complète contre l'hospitalisation et la mort. Alors que les données de Landau donnent un aperçu d'un seul aspect de la réponse immunitaire induite par les vaccins Covid-19, les données ne parlent pas de la pleine nature de la protection immunitaire. Le double mécanisme de protection contre le Covid-19 généré par le vaccin Janssen, à la fois des anticorps de liaison neutralisants et non neutralisants et de multiples types de cellules T, joue un rôle conjoint dans la lutte contre le SRAS-COV-2", indique Janssen/J&J Belgique. La firme ajoute que "la nature complexe d'une forte réponse immunitaire est également étayée par les résultats intermédiaires d'une sous-étude de phase 1/2a publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM). Ceux-ci étaient forts et stables jusqu'à huit mois après la vaccination, la durée évaluée à ce jour. Les données ont montré que les réponses des cellules T - y compris les principales cellules T CD8+ qui ciblent et détruisent les cellules infectées - ont persisté au cours de la période de huit mois étudiée."Ce variant, qui a d'abord été détecté en Inde, est désormais présent dans 124 pays et territoires, soit 13 de plus que la semaine dernière, contre 180 (six de plus) pour l'Alpha, mis au jour au Royaume-Uni, 130 (sept de plus) pour le Beta, identifié pour la première fois en Afrique du Sud, et 78 (trois de plus) pour le Gamma, apparu au Brésil, a souligné l'OMS (L'Organisation mondiale de la Santé). Elle prévoit que le variant Delta, très contagieux et qui est d'ores et déjà à l'origine de plus des trois quarts des nouveaux cas de Covid dans de nombreux grands pays, soit prédominant dans les prochains mois. En Belgique, le variant Delta représentait 66% des contaminations au coronavirus mi-juillet.Parmi les pays où le variant Delta est dès maintenant la cause de plus de 75% des nouveaux cas de cette maladie, on trouve l'Inde, la Chine, la Russie, l'Indonésie, l'Australie, le Bangladesh, le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud, l'Australie, le Portugal et Israël. Ainsi les autorités sanitaires américaines ont signalé mardi que 83% des nouveaux cas de coronavirus aux USA sont attribués au variant Delta. En début du mois, cette proportion n'était encore que de 50%.