Comment ça se passe ?

Le tatoueur commence par réaliser un dessin de l'illustration souhaitée, qui est ensuite appliqué sur la peau comme une décalcomanie. Le tatouage proprement dit consiste à transpercer la peau à l'aide d'une aiguille qui effectue un mouvement de bas en haut extrêmement rapide pour introduire l'encre juste sous l'épiderme. Les grands tatouages ou ceux nécessitant des " remplissages " sont souvent réalisés en plusieurs fois.

Est-ce douloureux ?

La plupart des gens décrivent la réalisation d'un tatouage comme une expérience désagréable, mais pas vraiment douloureuse... Tout dépend de votre sensibilité à la douleur et de l'endroit où vous vous faites tatouer. Les zones fortement innervées et celles où l'os affleure sous la peau sont aussi les plus sensibles.

Y a-t-il une limite d'âge ?

L'âge minimum légal pour se faire tatouer est de 18 ans. Les plus jeunes devront avoir l'autorisation explicite d'un parent ou d'un tuteur qui devront souvent les accompagner lors de la séance. Entre 12 et 16 ans, la présence d'un parent est même obligatoire et les tatouages dans le visage, le cou, sur les poignets et les mains sont strictement prohibés.

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Y a-t-il des contre-indications médicales ?

On déconseille parfois les tatouages en raison des risques qu'ils peuvent avoir pour la santé et en particulier d'un risque d'infection, par exemple chez les femmes enceintes ou allaitantes. Mieux vaut également les éviter si vous souffrez de diabète, d'une maladie cardiovasculaire, d'un trouble de l'immunité ou d'un problème de coagulation. En présence de maladies chroniques telles que l'eczéma ou le psoriasis, il existe également un risque d'exacerbation des symptômes dans la zone tatouée. Vous y tenez malgré tout ? Parlez-en d'abord à votre médecin.

Y a-t-il des zones du corps à éviter ?

Ne vous faites pas tatouer à un endroit où la peau est irritée ou sur une cicatrice vieille de moins d'un an, ni dans les zones qui ont subi une irradiation ou une intervention de chirurgie esthétique au cours de l'année écoulée. Mieux vaut également éviter de repasser sur une zone récemment tatouée... ou détatouée au laser.

Quelles sont les complications possibles ?

À court terme, vous pourriez développer des infections ; elles sont généralement dues à l'utilisation de matériaux non stériles. À plus long terme, il existe également un risque de réactions allergiques, parfois après exposition au soleil, parfois en réaction aux colorants ou excipients contenus dans l'encre ou à des substances qui se forment dans la peau à mesure que celle-ci se dégrade.

Il n'est pas exclu que des problèmes se posent si vous devez subir une IRM : les particules métalliques contenues dans l'encre peuvent influencer les clichés ou causer une légère brûlure. Demandez conseil au radiologue.

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Comment choisir votre salon de tatouage ?

Orientez-vous vers une adresse agréée et contrôlée par le SPF Santé publique : vous aurez ainsi l'assurance que votre tatoueur travaille dans de bonnes conditions d'hygiène et avec du matériel stérile. Pour être enregistrés, ces professionnels sont tenus de suivre une formation de 20 heures et réussir un examen pratique. Ils doivent aussi satisfaire à un certain nombre d'obligations, dont notamment celle de donner les informations aux clients sur l'encre utilisée, les complications possibles et les soins à apporter à la zone tatouée. Ils ne peuvent en aucun cas exercer leur art sur un client qui est sous l'influence de l'alcool, de drogues ou de médicaments.

Faire réaliser un tatouage par un amateur, lors d'un festival ou en vacances dans un pays exotique n'est jamais une bonne idée !

Quels soins apporter au tatouage après sa réalisation ?

Suivez méticuleusement les conseils du tatoueur. Lavez-vous toujours les mains avant de toucher la zone tatouée ou d'y apporter des soins et surveillez le processus de cicatrisation. Si vous développez une infection, des taches rouges ou des lésions cutanées, consultez un médecin. Évitez par ailleurs l'exposition au soleil, le sauna et la piscine jusqu'à guérison complète de la plaie.

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Le Conseil Supérieur de la Santé a récemment recommandé d'éviter les tatouages car certaines encres peuvent contenir des substances cancérigènes. Qu'en est-il ?

" Les encres utilisées par les tatoueurs sont un cocktail composé de toutes sortes de produits chimiques et on ne sait jamais exactement ce qu'elles contiennent, ni si elles sont parfaitement sûres, commente le Pr Jan Tytgat, toxicologue à la KULeuven. L'analyse de 416 échantillons de 73 marques par des chercheurs suisses a révélé la présence de nombreux agents conservateurs, nanoparticules et métaux lourds prohibés, qui peuvent tous représenter un danger pour la santé. "

Y a-t-il des couleurs plus dangereuses que les autres ?

" L'encre noire, composée de particules de carbone, peut être considérée comme la plus sûre, explique le Pr Tytgat. Les encres vertes et bleues contiennent davantage de métaux comme l'aluminium ou le titane, les rouges des pigments azoïques qui peuvent dégénérer en amines aromatiques cancérigènes. Si vous voulez vraiment un tatouage, limitez-vous à l'encre noire et évitez les tons bleus, verts et surtout rouges au vu du risque accru de toxicité. "

Comment être certain(e) que votre tatoueur utilise des encres sûres ?

" Il existe une liste de substances interdites dans les encres de tatouage, mais pas des substances autorisées et reconnues comme sûres. Un tatoueur de bonne foi pourra donc tout au plus vous présenter un certificat attestant que ses produits sont exempts de composés azoïques et de conservateurs prohibés. Si vous hésitez, mon conseil serait donc de renoncer à vous faire tatouer : au final, il y a toujours un risque. "

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Et en cas de regrets après-coup ?

Des recherches ont démontré qu'une personne sur cinq regrettera tôt ou tard de s'être fait tatouer. Jusqu'il y a quelques décennies, les seules possibilités étaient alors de faire réséquer ou racler la zone tatouée par un chirurgien - des interventions passablement lourdes qui laissaient inévitablement des cicatrices. De nos jours, il est possible de faire disparaître (mais pas toujours totalement...) les tatouages à l'aide d'un traitement au laser.

Comment fonctionne le " détatouage " au laser ?

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" Nous commençons toujours par un examen exploratoire : le client reçoit alors des informations sur le traitement, le nombre probable de séances et les résultats à attendre, explique Jos Martens, gérant de la firme TattooClear. Ce n'est qu'ensuite que le thérapeute se mettra au travail en ciblant l'encre encapsulée dans la peau à l'aide d'un rayon laser. Ceci provoque la rupture des capsules et la libération des particules d'encre, qui seront évacuées par le système lymphatique. Ce processus naturel étant relativement lent, un délai d'au moins huit semaines doit être respecté entre deux séances. "

Cette approche fonctionne-t-elle sur toutes les couleurs ?

" Pour éliminer un pigment de manière optimale, il faut que le rayon laser soit bien absorbé par la couleur visée, poursuit Jos Martens. Nous travaillons avec trois fréquences différentes. Un rayon laser avec une longueur d'ondes de 1064 nanomètres convient pour l'élimination des tatouages à l'encre noire ou foncée, tandis qu'un rayon de 694 nm fera disparaître les tons verts et bleus et un rayon de 532 nm, les rouges et les bruns. Les nuances blanches et jaunes sont les plus difficiles à gommer, mais nous y arrivons. Le plus gros problème n'est d'ailleurs pas tant la couleur proprement dite que l'absence de renseignements sur la qualité de l'encre utilisée. "

Combien de séances faut-il pour éliminer un tatouage ?

" Cela dépend de toute une série de facteurs, comme la qualité de l'encre, la profondeur du tatouage, le type de peau (dans ce cas spécifique, plus elle est claire, meilleur est le résultat), la zone du corps..., enchaîne Jos Martens. Lorsqu'un nouveau motif a été appliqué sur une zone qui avait déjà été tatouée précédemment, le 'détatouage' prendra aussi plus de temps. En moyenne, dans notre centre, effacer un tatouage demande de huit à dix séances, à raison de 90 euros la séance au minimum. "