On sait depuis longtemps que le simple fait d'arrêter de fumer présente de nombreux avantages. Ainsi, après un an, le risque de maladie cardio-vasculaire chute de moitié. En cinq ans, la probabilité d'un cancer de la bouche ou de l'oesophage est lui divisée par deux et après dix ans, le risque de cancer du poumon n'est plus que deux fois supérieur à celui du non-fumeur. Si les bénéfices d'un sevrage tabagique n'étaient plus à prouver, beaucoup restaient persuadés que les mutations occasionnées aux cellules par le tabac- et donc susceptibles de mener à un cancer du poumon- étaient irréversibles et persistaient même après l'arrêt du tabac. Ce qui faisait dire aux accros de longue date que, foutu pour foutu, ça ne servait à rien d'arrêter.

Le tabac, ce poison

Les milliers de substances chimiques contenues dans la fumée de tabac corrompent effectivement l'ADN des cellules des poumons. Ainsi, chez les fumeurs, neuf cellules pulmonaires sur dix présentent des mutations (cela peut aller jusqu'à 10 000 altérations génétiques) et dont certaines se transforment lentement en cellules cancéreuses. "On peut les considérer comme des mini-bombes à retardement, attendant le prochain coup qui les fera progresser vers le cancer", a déclaré le Dr Kate Gowers, l'un des chercheurs de l'étude publiée par le magazine nature, à la BBC.

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Le tabac est lié à un tiers de tous les cancers (poumons, fosses nasales, bouche, gorge etc). En moyenne, on estime qu'un fumeur vit quinze ans de moins qu'un non-fumeur. Sur quatre fumeurs, deux décèdent prématurément à cause du tabac, dont un à un âge moyen précise encore la Fondation contre le Cancer. Selon l'OMS, le tabac tue plus de 8 millions de personnes chaque année. Ce qui n'empêche pas que, toujours selon la Fondation contre le Cancer, 23% des Belges fument encore (49% d'hommes et 51% de femmes).

Une motivation pour arrêter de fumer

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Cette nouvelle étude donne pourtant un peu d'espoir aux fumeurs invétérés, dit The Guardian. Celle-ci révèle en effet que les poumons seraient capables de se régénérer grâce à des cellules saines qui viendraient remplacer les zones endommagées et donc plus sujettes au cancer. Pour Peter Campbell du Wellcome Sanger Institute, basé au Royaume-Uni et l'un des auteurs de l'étude, les résultats donnent des perspectives encourageantes aux fumeurs qui veulent arrêter. "Les personnes qui ont beaucoup fumé pendant 30, 40 ans ou plus me disent souvent qu'il est trop tard pour arrêter de fumer. Que le mal est déjà fait. Sauf que notre étude montre qu'il n'est en réalité jamais trop tard pour arrêter de fumer. Certains des participants de notre étude ont fumé plus de 15.000 paquets et, quelques années après avoir arrêté, de nombreuses cellules tapissant leurs voies respiratoires ne présentaient aucun signe de dommages causés par le tabac." Jusqu'à 40 % des cellules pulmonaires des anciens fumeurs étaient saines (elles ressemblaient à celles d'une personne qui n'avait jamais fumée), soit quatre fois plus que chez leurs homologues encore fumeurs.

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"Nous n'étions absolument pas préparés à cette découverte", dit encore Campbell à la BBC. Pour ce dernier, les cellules endommagées ne sont néanmoins pas "réparées par magie". Elles ont plutôt été remplacées par des cellules saines qui ont échappé aux dommages de la fumée de cigarette. Le mécanisme précis derrière ce "remplacement" n'est pas encore clair, mais les auteurs de l'étude pensent qu'il pourrait y avoir une sorte de réservoir de cellules, un bunker nucléaire, qui attend des jours meilleurs pour relâcher de nouvelles "troupes". Par exemple, quand la personne arrête de fumer.

Cette étude prometteuse a cependant été effectuée sur un petit échantillon de 16 patients, de quoi se montrer prudent quant aux conclusions. Ce qui n'empêche pas que cette étude ouvre des pistes qui méritent d'être approfondies. Par exemple, en déterminant où se trouve ce réservoir de cellules saines et de quelle façon elles remplacent les cellules endommagées.

Arrêter de fumer 4 semaines avant une opération réduit le risque de complications

Malgré un consensus général sur le fait qu'arrêter de fumer avant une opération peut avoir un impact positif sur la santé du patient, il y a eu jusqu'à présent une certaine controverse sur le bon moment pour arrêter la cigarette, selon l'OMS. Six mois après leur opération, ces personnes récupèrent mieux que celles qui n'avaient pas arrêté de fumer. Après une opération, le corps humain met tout en oeuvre pour cicatriser et combattre les infections éventuelles, un processus qui augmente les besoins en oxygène et nutriments. Or la nicotine et le monoxyde de carbone, présents dans les cigarettes, peuvent diminuer les niveaux d'oxygène présents dans le corps, augmentant le risque de complications post-opératoires, a détaillé l'OMS. L'étude conjointe de l'OMS, de l'Université de Newcastle en Australie et de la Fédération mondiale des sociétés des anesthésistes (FMSA) montre qu'à compter de 4 semaines de sevrage tabagique, chaque semaine supplémentaire sans tabac améliore de 19% l'état de santé du patient, grâce à une meilleure circulation sanguine. Les patients qui cessent de fumer sont aussi moins susceptibles de subir des complications liées à l'anesthésie, selon l'étude. "Le rapport démontre qu'il y a des avantages à reporter une chirurgie mineure ou non urgente pour offrir aux patients la possibilité d'arrêter de fumer, ce qui se traduit par un meilleur résultat pour leur santé", a déclaré le Dr Vinayak Prasad, chef de l'Initiative Sans Tabac de l'OMS.

On sait depuis longtemps que le simple fait d'arrêter de fumer présente de nombreux avantages. Ainsi, après un an, le risque de maladie cardio-vasculaire chute de moitié. En cinq ans, la probabilité d'un cancer de la bouche ou de l'oesophage est lui divisée par deux et après dix ans, le risque de cancer du poumon n'est plus que deux fois supérieur à celui du non-fumeur. Si les bénéfices d'un sevrage tabagique n'étaient plus à prouver, beaucoup restaient persuadés que les mutations occasionnées aux cellules par le tabac- et donc susceptibles de mener à un cancer du poumon- étaient irréversibles et persistaient même après l'arrêt du tabac. Ce qui faisait dire aux accros de longue date que, foutu pour foutu, ça ne servait à rien d'arrêter. Les milliers de substances chimiques contenues dans la fumée de tabac corrompent effectivement l'ADN des cellules des poumons. Ainsi, chez les fumeurs, neuf cellules pulmonaires sur dix présentent des mutations (cela peut aller jusqu'à 10 000 altérations génétiques) et dont certaines se transforment lentement en cellules cancéreuses. "On peut les considérer comme des mini-bombes à retardement, attendant le prochain coup qui les fera progresser vers le cancer", a déclaré le Dr Kate Gowers, l'un des chercheurs de l'étude publiée par le magazine nature, à la BBC. Le tabac est lié à un tiers de tous les cancers (poumons, fosses nasales, bouche, gorge etc). En moyenne, on estime qu'un fumeur vit quinze ans de moins qu'un non-fumeur. Sur quatre fumeurs, deux décèdent prématurément à cause du tabac, dont un à un âge moyen précise encore la Fondation contre le Cancer. Selon l'OMS, le tabac tue plus de 8 millions de personnes chaque année. Ce qui n'empêche pas que, toujours selon la Fondation contre le Cancer, 23% des Belges fument encore (49% d'hommes et 51% de femmes). Cette nouvelle étude donne pourtant un peu d'espoir aux fumeurs invétérés, dit The Guardian. Celle-ci révèle en effet que les poumons seraient capables de se régénérer grâce à des cellules saines qui viendraient remplacer les zones endommagées et donc plus sujettes au cancer. Pour Peter Campbell du Wellcome Sanger Institute, basé au Royaume-Uni et l'un des auteurs de l'étude, les résultats donnent des perspectives encourageantes aux fumeurs qui veulent arrêter. "Les personnes qui ont beaucoup fumé pendant 30, 40 ans ou plus me disent souvent qu'il est trop tard pour arrêter de fumer. Que le mal est déjà fait. Sauf que notre étude montre qu'il n'est en réalité jamais trop tard pour arrêter de fumer. Certains des participants de notre étude ont fumé plus de 15.000 paquets et, quelques années après avoir arrêté, de nombreuses cellules tapissant leurs voies respiratoires ne présentaient aucun signe de dommages causés par le tabac." Jusqu'à 40 % des cellules pulmonaires des anciens fumeurs étaient saines (elles ressemblaient à celles d'une personne qui n'avait jamais fumée), soit quatre fois plus que chez leurs homologues encore fumeurs. "Nous n'étions absolument pas préparés à cette découverte", dit encore Campbell à la BBC. Pour ce dernier, les cellules endommagées ne sont néanmoins pas "réparées par magie". Elles ont plutôt été remplacées par des cellules saines qui ont échappé aux dommages de la fumée de cigarette. Le mécanisme précis derrière ce "remplacement" n'est pas encore clair, mais les auteurs de l'étude pensent qu'il pourrait y avoir une sorte de réservoir de cellules, un bunker nucléaire, qui attend des jours meilleurs pour relâcher de nouvelles "troupes". Par exemple, quand la personne arrête de fumer. Cette étude prometteuse a cependant été effectuée sur un petit échantillon de 16 patients, de quoi se montrer prudent quant aux conclusions. Ce qui n'empêche pas que cette étude ouvre des pistes qui méritent d'être approfondies. Par exemple, en déterminant où se trouve ce réservoir de cellules saines et de quelle façon elles remplacent les cellules endommagées.