Avant d'en venir au contenu de la proposition, je pense qu'il est important d'expliquer le statut particulier dans lequel nous nous trouvons en tant qu'assistant spécialiste en médecine. Notre statut est "Sui generis", c'est à dire "unique à son genre" . Quels avantages ? Pour nous, aucun ! Pour les hôpitaux, beaucoup. Un contrat qui permet : des semaines de travail allant jusqu'à 72h, pas d'ouverture de droit au chômage ni de cotisation pour la pension, appel à la mutuelle dès le premier jour de maladie, etc. Et ce, sans compter les nombreux abus et entorses faites aux règles.

Ce statut est justifié car nous sommes avant tout en formation, ce qui implique que nous devrions, normalement, être supervisés dans nos actes, suivre des cours et avoir du temps pour étudier afin de nous former à devenir de bons médecins spécialistes. Or, bien souvent, ce droit à l'apprentissage nous est retiré. Nous nous retrouvons régulièrement seuls face aux patients lorsque nous devons prendre des décisions difficiles qui parfois nous dépassent. Nos horaires, toujours extensibles, et les bras, toujours manquants, nous empêchent de suivre les cours auxquels nous sommes pourtant inscrits. Et lorsqu'enfin nous nous retrouvons chez nous après des semaines de plus de 60h, l'énergie nous vient parfois à manquer pour nous concentrer correctement sur les cours que nous devrions pourtant étudier.

Travailleurs en formation, nos employeurs sont également nos maitres de stages. Comment contester une pratique abusive ou refuser une demande de son patron lorsque celui-ci peut décider à chaque instant de refuser la validation de notre stage ? La pression est énorme et les moyens de la contrer inexistants.

Il y a un an, lorsque la crise du Covid-19 est arrivée, nous avons cependant toujours répondu présents. Nous avons accumulé les heures, accepté certains sacrifices : nous avons fait notre boulot. Nous avons également entendu les politiques, les hôpitaux et la société civile nous remercier de notre travail, nous féliciter et nous applaudir.

Alors nous nous sommes mis à penser qu'il serait peut-être temps de pouvoir négocier avec les différentes autorités et les acteurs du milieu (hôpitaux, syndicats médicaux) pour réfléchir tous ensemble à un nouveau contrat type qui permette d'encadrer les pratiques, à défaut d'un statut qui permette réellement de protéger les travailleurs que nous sommes et nous fournisse un véritable cadre de formation. Cette négociation aurait été l'occasion de regarder les pratiques ailleurs dans le monde du travail comme chez les infirmier.e.s par exemple.

Nous nous sommes mis à rêver. Nous espérions que nous n'aurions plus à entendre que de trop nombreux(ses) collègues sont en épuisement ou dégouté.e.s de leur futur métier, qu'elles ont fait des fausses couches parce qu'ils/elles accumulent les heures de travail (jusqu'à 96h par semaine).

Nous imaginions pouvoir travailler un peu moins à l'hôpital pour y travailler mieux et ce en ayant une formation de qualité, pour continuer à rendre la médecine plus humaine, plus ouverte, plus respectueuse.

Mais aujourd'hui, alors que le respect fait partie des valeurs mises en avant par la plupart des hôpitaux de Belgique, la proposition de modification du contrat des assistants en manque cruellement.

La note ressemble à une compilation des pires pratiques de chaque hôpital ; suppression de rémunération de garde, pas de contrôle horaire, pas de rémunérations des heures supplémentaires avant 60h/semaine, diminution du nombre de jours de congé,...

Malgré notre dévouement envers le patient et l'hôpital au cours de cette année difficile, il semble que nous soyons à nouveau oubliés.

Face à ce manque de respect flagrant des MACS de la part des hôpitaux où l'impression de n'être qu'une main d'oeuvre bon marché et corvéable à merci est de plus en plus prégnante, nous ne pouvons rester sans réponses et sans actions. C'est de notre santé et de la qualité de notre formation que dépend la santé de nos patients présents et futurs.

Antoine Dumont - médecin en spécialisation médecine d'urgence

Avant d'en venir au contenu de la proposition, je pense qu'il est important d'expliquer le statut particulier dans lequel nous nous trouvons en tant qu'assistant spécialiste en médecine. Notre statut est "Sui generis", c'est à dire "unique à son genre" . Quels avantages ? Pour nous, aucun ! Pour les hôpitaux, beaucoup. Un contrat qui permet : des semaines de travail allant jusqu'à 72h, pas d'ouverture de droit au chômage ni de cotisation pour la pension, appel à la mutuelle dès le premier jour de maladie, etc. Et ce, sans compter les nombreux abus et entorses faites aux règles.Ce statut est justifié car nous sommes avant tout en formation, ce qui implique que nous devrions, normalement, être supervisés dans nos actes, suivre des cours et avoir du temps pour étudier afin de nous former à devenir de bons médecins spécialistes. Or, bien souvent, ce droit à l'apprentissage nous est retiré. Nous nous retrouvons régulièrement seuls face aux patients lorsque nous devons prendre des décisions difficiles qui parfois nous dépassent. Nos horaires, toujours extensibles, et les bras, toujours manquants, nous empêchent de suivre les cours auxquels nous sommes pourtant inscrits. Et lorsqu'enfin nous nous retrouvons chez nous après des semaines de plus de 60h, l'énergie nous vient parfois à manquer pour nous concentrer correctement sur les cours que nous devrions pourtant étudier.Travailleurs en formation, nos employeurs sont également nos maitres de stages. Comment contester une pratique abusive ou refuser une demande de son patron lorsque celui-ci peut décider à chaque instant de refuser la validation de notre stage ? La pression est énorme et les moyens de la contrer inexistants.Il y a un an, lorsque la crise du Covid-19 est arrivée, nous avons cependant toujours répondu présents. Nous avons accumulé les heures, accepté certains sacrifices : nous avons fait notre boulot. Nous avons également entendu les politiques, les hôpitaux et la société civile nous remercier de notre travail, nous féliciter et nous applaudir.Alors nous nous sommes mis à penser qu'il serait peut-être temps de pouvoir négocier avec les différentes autorités et les acteurs du milieu (hôpitaux, syndicats médicaux) pour réfléchir tous ensemble à un nouveau contrat type qui permette d'encadrer les pratiques, à défaut d'un statut qui permette réellement de protéger les travailleurs que nous sommes et nous fournisse un véritable cadre de formation. Cette négociation aurait été l'occasion de regarder les pratiques ailleurs dans le monde du travail comme chez les infirmier.e.s par exemple.Nous nous sommes mis à rêver. Nous espérions que nous n'aurions plus à entendre que de trop nombreux(ses) collègues sont en épuisement ou dégouté.e.s de leur futur métier, qu'elles ont fait des fausses couches parce qu'ils/elles accumulent les heures de travail (jusqu'à 96h par semaine).Nous imaginions pouvoir travailler un peu moins à l'hôpital pour y travailler mieux et ce en ayant une formation de qualité, pour continuer à rendre la médecine plus humaine, plus ouverte, plus respectueuse.Mais aujourd'hui, alors que le respect fait partie des valeurs mises en avant par la plupart des hôpitaux de Belgique, la proposition de modification du contrat des assistants en manque cruellement.La note ressemble à une compilation des pires pratiques de chaque hôpital ; suppression de rémunération de garde, pas de contrôle horaire, pas de rémunérations des heures supplémentaires avant 60h/semaine, diminution du nombre de jours de congé,...Malgré notre dévouement envers le patient et l'hôpital au cours de cette année difficile, il semble que nous soyons à nouveau oubliés.Face à ce manque de respect flagrant des MACS de la part des hôpitaux où l'impression de n'être qu'une main d'oeuvre bon marché et corvéable à merci est de plus en plus prégnante, nous ne pouvons rester sans réponses et sans actions. C'est de notre santé et de la qualité de notre formation que dépend la santé de nos patients présents et futurs.Antoine Dumont - médecin en spécialisation médecine d'urgence