Des bonnes résolutions aux livres de développement personnel qui s'écoulent par milliers, la société nous pousse à changer, à nous améliorer pour "devenir la meilleure version de nous-même". Et si la clé du bonheur était de rester tel que l'on est ? C'est ce que suggère une nouvelle étude, publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science. "Lorsque les gens pensent à leur évolution, ceux qui pensent qu'il y aura plus de similitudes entre ce qu'ils sont aujourd'hui et ce qu'ils seront demain seront plus satisfaits de leur vie dans 10 ans", dit Hal Hershfield, coauteur de l'étude et professeur de marketing.
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Des bonnes résolutions aux livres de développement personnel qui s'écoulent par milliers, la société nous pousse à changer, à nous améliorer pour "devenir la meilleure version de nous-même". Et si la clé du bonheur était de rester tel que l'on est ? C'est ce que suggère une nouvelle étude, publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science. "Lorsque les gens pensent à leur évolution, ceux qui pensent qu'il y aura plus de similitudes entre ce qu'ils sont aujourd'hui et ce qu'ils seront demain seront plus satisfaits de leur vie dans 10 ans", dit Hal Hershfield, coauteur de l'étude et professeur de marketing. L'étude a sondé 5.000 adultes, qui ont répondu à des questions sur leurs traits de personnalités au moment du sondage et comment ils pensaient que ces traits allaient changer au cours de la prochaine décennie. Ils ont également répondu à des questions sur leur degré de satisfaction vis-à-vis de leur travail, de leur santé, de leurs relations et de leur vie en général. Dix ans plus tard, ils ont à nouveau répondu aux mêmes questions et leurs réponses ont été ajustées avec d'autres facteurs (âge, sexe, niveau de vie...). Les chercheurs ont constaté qu'il y avait une corrélation entre le fait de prédire un avenir semblable à sa situation actuelle et le fait d'être satisfait de sa vie future. Une situation constante et stable était en outre davantage liée au bien-être que tout changement attendu, qu'il soit négatif ou positif. "Les gens ne savaient pas du tout à quel point ils allaient changer. Mais cela n'a pas d'importance : penser que vous resterez assez stables, même si vous avez tort, est lié à un plus grand bien-être futur", insiste Joseph Reiff, coauteur de l'étude. Et ce résultat est constant, quelles que soient les circonstances de vie qui peuvent influer sur le bien-être, comme la classe socioéconomique. Comment l'expliquer ? Les gens qui prédisent rester les mêmes ont tendance à faire des choix qui profiteront à la personne qu'ils deviendront, qu'il s'agisse de se maintenir une bonne santé grâce à l'exercice et en mangeant sainement, ou en épargnant pour sa pension. Ceux qui pensent qu'ils seront totalement différents seraient, en revanche, moins motivés à faire des choix prospectifs dès maintenant.Une tendance que révélait déjà une étude en 2002, rappelle le Time. Les chercheurs suggéraient que les personnes qui avaient des projections positives au sujet de leur vie future avaient tendance à avoir des résultats plus négatifs dans leur vie, car fantasmer signifie souvent minimiser le travail qui mène au succès. La recherche a également montré que vouloir être heureux à tout prix avait souvent l'effet inverse, car on est plus susceptible de s'accrocher à l'échec et aux émotions négatives. Faut-il pour autant dire non au changement ? Il n'y a évidemment pas de mal à vouloir s'améliorer, mais il convient de rester réaliste pour éviter toute déception. Pour ce faire, les experts conseillent d'élaborer un plan concret (et faisable), de diviser les objectifs en étapes et ne pas accueillir l'échec et les obstacles comme des choses négatives mais comme un moyen de faire mieux, afin de comprendre ce qui ne fonctionne pas. "Ce n'est pas mal de penser positivement à l'avenir, tant qu'on pense à ce qui s'y oppose et à comment on peut le surmonter", conclut Hershfield.