Comment expliquer que certains (sou)rires nous rassurent tandis que d'autres nous blessent ou nous inspirent un sentiment proche du dégoût ? Que nous sentions que certains sont sincères et d'autres forcés ?
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Comment expliquer que certains (sou)rires nous rassurent tandis que d'autres nous blessent ou nous inspirent un sentiment proche du dégoût ? Que nous sentions que certains sont sincères et d'autres forcés ? Le sourire remplit trois fonctions essentielles : récompenser certains comportements, renforcer les liens sociaux et clarifier l'ordre hiérarchique. En s'appuyant sur plusieurs milliers de photos de visages souriants, des chercheurs rattachés aux universités de Cardiff et de Glasgow sont parvenus à établir une distinction claire entre ces trois formes. Le rire ou sourire " récompense " est probablement le plus spontané, explique Paula Niedenthal, professeur de psychologie et chef de l'équipe de recherche. C'est notamment celui que nous utilisons pour communiquer avec un bébé, en espérant susciter chez lui une réaction positive. C'est un sourire symétrique, bouche ouverte, lèvres étirées et sourcils légèrement haussés. Le sourire-lien est porteur d'un message de tolérance, d'entente et de cohésion ; pour celui qui l'adopte, c'est une façon de montrer qu'il ne représente aucune menace. Large et légèrement arqué, commissure des lèvres vers le haut, il évite par contre de dégager les dents (qui pourraient apparaître comme une menace). Le sourire dominant traduit le statut, la supériorité. Il est typiquement asymétrique, un peu de travers et moqueur ; sourcils et pommettes haussées, l'individu qui l'adopte donne souvent l'impression d'être amusé par quelque chose qu'il ne dévoile pas. Source : Psychological Science. Juillet 2017. DOI : https : //doi.org/10.1177/0956797617706082