Il existe des personnes que l'on pourrait qualifier "d'anti-vacances". Quels sont leurs profils?

Christine Reynaert : Il n'y a pas vraiment de profil type, c'est un peu du cas par cas. Pour une tranche de la population, le travail est un réseau social où des collègues sont devenus des amis. Il peut y avoir une bonne ambiance. Pour eux, le début des vacances est souvent synonyme de solitude et d'abandon.

Cela concerne donc des gens qui ont leur principal réseau social au travail?

Non, pas seulement. Il y a aussi ceux qui sont malheureux dans leur vie privée. Tant qu'ils travaillent, ils mettent de côté tous les tracas de la vie quotidienne. Mais une fois que les vacances arrivent, pour beaucoup de couples par exemple, c'est l'occasion de faire le point. Et, c'est là qu'ils se rendent compte de tous les problèmes accumulés pendant l'année. En effet, j'ai beaucoup de couples qui viennent me consulter lors du retour de vacances.

Les gens trop passionnés par leur travail peuvent être désoeuvrés en congé...

Ils aiment leur travail et devoir s'arrêter leur est difficile. Il faut un certain temps pour s'adapter physiologiquement et psychologiquement pour passer "en mode vacances". Cela demande une certaine souplesse.

Certains luttent contre la dépression. Lorsqu'ils travaillent, ils sont occupés et n'ont pas trop le temps d'y penser. Mais une fois qu'ils n'ont plus à travailler, ils se demandent comment s'occuper durant la journée et ruminent leurs pensées noires.

Et certains se mettent une pression...

Oui, une pression pour des vacances parfaitement organisées: que les enfants, le mari ou la femme soient tous heureux. Il y a ceux qui veulent que vacances riment avec rentabilité et ne s'arrêtent jamais de bouger à droite et à gauche. Et il y a les frustrés, ceux qui ont toujours l'impression d'avoir perdu leur temps pendant les vacances ou qui pensent qu'ils n'en ont pas profité suffisamment.

Et les enfants?

Certains enfants n'aiment pas les vacances. Il y a ceux qu'on n'arrive pas à occuper, qui s'ennuient. Et il y a ceux qu'on "suroccupe", qui vont de stage en stage et sont épuisés à la rentrée. Et puis, il y a tous ces enfants issus de milieux moins favorables qui sont livrés à eux-mêmes pendant les vacances.

Mais les vacances sont-elles un réel besoin?

L'humanité a vécu durant de nombreuses années sans vacances. Est-ce que les individus s'en sont plus mal portés pour autant? Certains indépendants ne prennent pas vraiment de jours de congé. Il faut que chacun analyse ses besoins, ses désirs et ses aspirations. Mais il ne faut pas se sentir coupable ou anormal de ne pas aimer les vacances. La société nous oblige à prendre des congés, mais ce n'est pas le désir de tous. Cela peut être le reflet d'un mal-être de la personne, mais ça peut aussi simplement refléter une personnalité atypique.

Comment réagir dans ce cas ?

La première chose à faire pour les patients, c'est de s'arrêter, prendre conscience de l'angoisse liée aux vacances. Cela peut remonter à l'enfance par exemple, avec des vacances idéalisées avec papa et maman qui se sont mal déroulées. Ces moments peuvent être traumatisants et restés dans l'inconscient. C'est souvent en psychothérapie que la personne pourra décoder son angoisse des vacances.

E. Lukacsovics

Il existe des personnes que l'on pourrait qualifier "d'anti-vacances". Quels sont leurs profils?Christine Reynaert : Il n'y a pas vraiment de profil type, c'est un peu du cas par cas. Pour une tranche de la population, le travail est un réseau social où des collègues sont devenus des amis. Il peut y avoir une bonne ambiance. Pour eux, le début des vacances est souvent synonyme de solitude et d'abandon.Cela concerne donc des gens qui ont leur principal réseau social au travail?Non, pas seulement. Il y a aussi ceux qui sont malheureux dans leur vie privée. Tant qu'ils travaillent, ils mettent de côté tous les tracas de la vie quotidienne. Mais une fois que les vacances arrivent, pour beaucoup de couples par exemple, c'est l'occasion de faire le point. Et, c'est là qu'ils se rendent compte de tous les problèmes accumulés pendant l'année. En effet, j'ai beaucoup de couples qui viennent me consulter lors du retour de vacances.Les gens trop passionnés par leur travail peuvent être désoeuvrés en congé...Ils aiment leur travail et devoir s'arrêter leur est difficile. Il faut un certain temps pour s'adapter physiologiquement et psychologiquement pour passer "en mode vacances". Cela demande une certaine souplesse.Certains luttent contre la dépression. Lorsqu'ils travaillent, ils sont occupés et n'ont pas trop le temps d'y penser. Mais une fois qu'ils n'ont plus à travailler, ils se demandent comment s'occuper durant la journée et ruminent leurs pensées noires.Et certains se mettent une pression...Oui, une pression pour des vacances parfaitement organisées: que les enfants, le mari ou la femme soient tous heureux. Il y a ceux qui veulent que vacances riment avec rentabilité et ne s'arrêtent jamais de bouger à droite et à gauche. Et il y a les frustrés, ceux qui ont toujours l'impression d'avoir perdu leur temps pendant les vacances ou qui pensent qu'ils n'en ont pas profité suffisamment.Et les enfants?Certains enfants n'aiment pas les vacances. Il y a ceux qu'on n'arrive pas à occuper, qui s'ennuient. Et il y a ceux qu'on "suroccupe", qui vont de stage en stage et sont épuisés à la rentrée. Et puis, il y a tous ces enfants issus de milieux moins favorables qui sont livrés à eux-mêmes pendant les vacances.Mais les vacances sont-elles un réel besoin?L'humanité a vécu durant de nombreuses années sans vacances. Est-ce que les individus s'en sont plus mal portés pour autant? Certains indépendants ne prennent pas vraiment de jours de congé. Il faut que chacun analyse ses besoins, ses désirs et ses aspirations. Mais il ne faut pas se sentir coupable ou anormal de ne pas aimer les vacances. La société nous oblige à prendre des congés, mais ce n'est pas le désir de tous. Cela peut être le reflet d'un mal-être de la personne, mais ça peut aussi simplement refléter une personnalité atypique.Comment réagir dans ce cas ?La première chose à faire pour les patients, c'est de s'arrêter, prendre conscience de l'angoisse liée aux vacances. Cela peut remonter à l'enfance par exemple, avec des vacances idéalisées avec papa et maman qui se sont mal déroulées. Ces moments peuvent être traumatisants et restés dans l'inconscient. C'est souvent en psychothérapie que la personne pourra décoder son angoisse des vacances.E. Lukacsovics