La diaboulimie est un terme employé par les médias, mais qui n'existe pas dans le langage médical. Ce mot hybride, né de la contraction des termes "diabète" et "boulimie", désigne le mal qui pousse les diabétiques de type 1 à limiter volontairement leur prise d'insuline pour perdre du poids (ou ne pas en prendre davantage). Cette maladie est aujourd'hui considérée par les médias comme "le trouble alimentaire le plus dangereux au monde", en raison des conséquences désastreuses qu'elle peut avoir sur la santé des patients atteints du diabète : une insuffisance rénale, une amputation, un accident vasculaire cérébral, voire même la mort.
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La diaboulimie est un terme employé par les médias, mais qui n'existe pas dans le langage médical. Ce mot hybride, né de la contraction des termes "diabète" et "boulimie", désigne le mal qui pousse les diabétiques de type 1 à limiter volontairement leur prise d'insuline pour perdre du poids (ou ne pas en prendre davantage). Cette maladie est aujourd'hui considérée par les médias comme "le trouble alimentaire le plus dangereux au monde", en raison des conséquences désastreuses qu'elle peut avoir sur la santé des patients atteints du diabète : une insuffisance rénale, une amputation, un accident vasculaire cérébral, voire même la mort."Les patients établissent un lien entre l'insuline et la prise de poids dès le diagnostic", explique Helen Partridge, responsable clinique du diabète à l'hôpital Royal Bournemouth, dans un nouveau rapport récemment publié. En effet, l'une des caractéristiques du diabète de type 1 est une perte de poids importante chez les patients qui en souffrent. Or, "lorsque les patients commencent à prendre de l'insuline, ils reprennent du poids".L'insuline, normalement produite par le pancréas, a une fonction particulière dans la régulation du taux de glucose dans le sang. Cette hormone permet de faire entrer le sucre ingéré dans les cellules, qui vont alors s'en servir comme d'un carburant. Lorsque les cellules sont assez nourries, le sucre en excès est alors stocké dans les muscles et le foie sous forme d'une molécule appelée "glycogène". Le reste ira ensuite dans les graisses.Chez les diabétiques, le pancréas est incapable d'assurer cette fonction, d'où la nécessité pour les patients d'avoir recours à des injections d'insuline. Mais cette prise d'insuline, en activant la consommation et le stockage de sucres, a des effets secondaires chez les malades : elle va créer des "hypoglycémies", une alarme qui indique au cerveau que le corps manque de sucre. Le patient sous insuline va donc ingérer une dose supplémentaire (et non-nécessaire) de sucre, qui sera alors source de prise de poids.Certains diabétiques, impuissants face cette prise de poids soudaine, vont voir l'insuline comme un nouveau moyen de réguler leur masse corporelle. "Comme le diabète vous oblige à vous concentrer sur ce que vous mangez, il n'est pas rare que cela provoque chez les malades des sentiments ambigus et négatifs concernant la nourriture, le poids et l'image corporelle. Cela peut devenir très vite dangereux", explique Dasha Nicholls, présidente de la faculté des troubles de l'alimentation du Royal College of Psychiatrists.D'après le rapport, 10% des jeunes femmes diabétiques souffrent de ce trouble alimentaire, contre environ 4 % de la population en général. La diaboulimie serait donc plus fréquente chez les jeunes filles âgées de 15 à 30 ans.Ces jeunes femmes, en limitant leur prise d'insuline, sont confrontées à des problèmes de santé importants. Sans insuline, le sucre n'est plus stocké dans les cellules et s'évacue en partie dans les urines. Il est alors effectivement moins transformé en graisse - d'où la perte de poids recherchée par ces patientes. Or, tout ce sucre qui n'a pu ni être stocké dans les cellules, ni même être évacué, va se retrouver en trop grande quantité dans le sang et abîmer les petits vaisseaux sanguins présents dans les yeux, les reins et les extrémités du corps.Soucieux quant à la propagation de la "diaboulimie", le système de santé publique britannique tire la sonnette d'alarme et appelle à une meilleure prise en charge des personnes touchées par ce phénomène. Il prévoit , avec l'aide de spécialistes du diabète et des troubles de l'alimentation, de lancer un projet pilote qui devrait permettre de soigner des centaines de personnes souffrant de ce trouble.