Près de 96% des lits en soins intensifs occupés, dont près de la moitié par des patients Covid. Or, les hôpitaux estiment qu'ils peuvent consacrer jusqu'à 15% de ces lits à ces malades. Pas plus. Au-delà, il faut reporter certains soins. D'ailleurs, ça fait presque six mois que ça ...

Près de 96% des lits en soins intensifs occupés, dont près de la moitié par des patients Covid. Or, les hôpitaux estiment qu'ils peuvent consacrer jusqu'à 15% de ces lits à ces malades. Pas plus. Au-delà, il faut reporter certains soins. D'ailleurs, ça fait presque six mois que ça dure. Alors, pourquoi ne pas accroître les capacités en réa? D'un point de vue matériel, c'est faisable, mais presque impossible sur le plan des effectifs, voire dangereux d'un point de vue sanitaire. Il y a d'abord un manque chronique de personnels médicaux et les soignants présents sont épuisés, quand ils ne sont pas absents . Dans ces services de haute technicité, le ratio est de deux infirmiers pour cinq patients, alors qu'en service conventionnel, c'est un infirmier pour dix patients. Les lits de réa étant ouverts en permanence, il faut embaucher entre cinq et six infirmiers pour ouvrir trois lits. A moyens constants de ressources humaines, on n'y arrive pas. On prend même de gros risques. La médecine intensive est une spécialité. Ou alors on accepte que des non-spécialistes prennent en charge les malades graves, aux dépens de la qualité des soins. Des structures ont été créées en urgence lors de la première et la deuxième vague. On a ajouté des lits. Mais les performances de ces services étaient moins bonnes: il y a un supplément de 6 à 7% de décès.