D'abord repérées en grand nombre sur certains tronçons du canal Charleroi-Bruxelles et du canal de Willebroek (canal maritime), des algues bleues ont depuis proliféré dans d'autres points d'eau du pays. Notamment en Flandre orientale, où les micro-organismes ont été découverts dans la Dendre, et en province d'Anvers, dans le canal Bocholt-Herentals. En Wallonie, la baignade a été interdite dans le lac de Bambois (Fosses-la-Ville) depuis le 29 juillet dernier. Mais quelles sont donc ces algues bleues et quels risques représentent-elles pour notre santé ?

Qu'est-ce que c'est ?

Les algues bleues, également connues sous leur nom scientifique de "cyanobactéries", sont des micro-organismes bactériens naturellement présents dans les eaux de surface (comme les étangs, les lacs, les rivières et autres zones humides). Ces algues bleues sont dotées de capacités photosynthétiques, elles se servent donc de l'énergie émise par le soleil pour produire du sucre servant à leur développement. Elles doivent leur teinte bleue à un pigment sensible (la phycocyanine), utilisé pour capter plus facilement la lumière. Dans les conditions propices, ces organismes peuvent facilement se multiplier.

A priori inoffensives en petite quantité - les cyanobactéries vivent d'ailleurs aujourd'hui un peu partout, dans l'océan, les eaux douces, mais aussi sur la terre ferme -, certaines d'entre elles peuvent devenir dangereuses pour l'Homme, voire mortelles pour la faune et la flore lorsqu'elles se multiplient dans le milieu.

"Le développement des cyanobactéries est favorisé par les changements environnementaux (canicule, sécheresse, eaux troubles...) et par l'eutrophisation des étangs, dont l'enrichissement provient du nourrissage des oiseaux d'eau avec du pain. C'est la raison pour laquelle, il est nécessaire de ne pas leur jeter de nourriture ", conseille Bruxelles Environnement.

Méfiez-vous de la formation d'écume bleue verte à la surface de l'eau, c'est le signe d'un taux trop élevé de cyanobactéries.

Des algues bleues ont été repérées au Lac de Bambois et la baignade y a été interdite. © Télésambre (capture d'écran)

Quels dangers pour la santé ?

Certaines algues bleues peuvent produire des toxines qui varient en fonction du type de toxine et du type d'exposition à l'eau ou liée à l'eau (eau de boisson, contact avec la peau, etc). Ainsi, les hépatotoxines affectent le foie et sont produites par certaines souches de Microcystis, d'Anabaena ou d'Oscillatoria. Les neurotoxines affectent quant à elles le système nerveux et sont produites par certaines souches d'Aphanizomenon et d'Oscillatoria. D'autres sortes de cyanobactéries peuvent également entraîner des symptômes gastro-intestinaux ou des maladies rénales chez l'homme.

"Les symptômes chez l'être humain sont divers, comprenant irritation cutanée, crampes d'estomac, vomissements, nausée, diarrhée, fièvre, angine, céphalées, douleurs musculaires et articulaires, vésicules autour de la bouche et atteinte hépatique", prévient l'Organisation mondiale de la santé(OMS). Les effets les plus courants sur les personnes qui sont entrées en contact avec l'algue sont des réactions allergiques telles que l'asthme, une irritation des yeux, des éruptions et des vésicules autour de la bouche et du nez.

Quelques recommandations :

  • Vérifiez toujours l'eau avant d'entrer et évitez d'entrer si des algues sont présentes.
  • N'avalez pas l'eau des lacs ou des rivières lorsque vous vous baignez et surveillez toujours les jeunes enfants et les animaux de compagnie lorsqu'ils sont dans des eaux utilisées à des fins récréatives.
  • Prenez un bain ou une douche immédiatement après votre baignade.
  • N'entrez pas dans l'eau si vous avez des coupures ou des blessures ouvertes.
  • Ne buvez pas l'eau des secteurs où l'on retrouve des algues bleues et ne l'utilisez pas pour la cuisson. Faire bouillir l'eau ne fera pas disparaître les toxines. Obtenez toujours votre eau potable d'une source propre et sûre.
  • Il faut enlever les viscères des poissons pêchés dans de l'eau où il y a des fleurs d'eau et bien rincer les poissons avec de l'eau potable avant de les faire cuire et de les manger.

Source : Santé du Nouveau-Brunswick