Désormais, un simple bachelier de trois années permettra aux candidats d'obtenir les deux titres. Alors que jusqu'à présent, la formation d'orthoptiste était axée autour de 600 heures de stages cliniques. Les Académies craignent donc que la sécurité du patient ne soit plus garantie et qu'une confusion entre les professionnels formés ou non à l'orthoptie soit possible. Le but, honorable, de la ministre de la Santé était de répondre à la pénurie d'orthoptistes et de permettre aux patients d'avoir plus facilement et rapidement accès aux soins ophtalmologiques. "Un tronc commun nous semble juste mais au-delà, il faudrait une spécialisation, une certification spécifique car les deux formations et les compétences requises sont très différentes. Nous avons besoin de nous assurer que ces compétences seront là. Mais les ophtalmologues sont tout à fait ouverts au dialogue", estime Marie-José Tassignon, ophtalmologue à l'UZ Antwerp et présidente de la Commission mixte des deux Académies.

Le cabinet De Block met en danger la qualité des soins oculaires, sacrifiant au principe d'indépendance entre le médical et le commercial. Il n'a pas du tout tenu compte de nos mises en garde

"Le cabinet De Block met en danger la qualité des soins oculaires, sacrifiant au principe d'indépendance entre le médical et le commercial. Il n'a pas du tout tenu compte de nos mises en garde", s'indigne la professeure Monique Cordonnier, cheffe de service d'ophtalmologie de l'hôpital universitaire Erasme (ULB). "Il faut dire que le lobby d'optométrie est solide, proche de la ministre et soutenu par les puissantes firmes d'optique", poursuit-elle. Pour la ministre De Block, cette réforme est justifiée: "Il y a eu de nombreux contacts avec les ophtalmologues, mais ils n'étaient jamais d'accord sur rien (...) Assez curieusement, personne ne semblait d'ailleurs en mesure de clarifier où se situait exactement la différence de formation entre les d