Je propose donc une utopie... des soins de santé gratuits avec des patients responsabilisés et des médecins payés de façon digne mais forfaitaire, la suppression de la nomenclature de tarification des actes médicaux supprimant un intermédiaire devenu inutile, les mutuelles, une hiérarchisation des soins de santé et la formation des jeunes médecins dans un esprit de compagnonnage !

Les soins de santé gratuits

Une rémunération forfaitaire devrait être accordée aux médecins dès l'acquisition de leur diplôme. Elle augmenterait au fur et à mesure de leur carrière pour atteindre un plafond qui serait prolongé durant leur retraite, en leur offrant ainsi une sérénité financière.

Cette disposition supprimerait aussi la relation financière entre le malade et son médecin. Elle garantirait un confort financier aux jeunes médecins en formation et mettrait fin à la concurrence entre praticiens et au côté "commercial" de la médecine.

La responsabilisation des malades

Pour que ce système fonctionne, il faudrait que chaque habitant reçoive un relevé annuel de sa consommation médicale, pour lui faire prendre conscience de ce dont il bénéficie.

De plus, une facturation serait imposée aux patients pour tout manquement (non présentation à une consultation, annulation impromptue d'une intervention, shopping médical...).

La suppression du système de tarification des actes médicaux basée sur les codes INAMI

Jusqu'à présent, la facturation des actes médicaux repose sur des codes dont la valeur fluctue selon l'importance des gestes prestés. Le remplacement de ce mode de rémunération par une rémunération forfaitaire des médecins mettrait fin à des tarifications abusives pour des gestes techniques, réalisés ou non, ce qui est une réalité !

Cette mesure soulagerait les institutions de la charge administrative inhérente à ce système. Elle permettrait aussi de supprimer un intermédiaire onéreux et devenu inutile, les mutuelles. En effet, ce mode de fonctionnement historique complique inutilement les démarches pour les patients. De plus, leur relation avec les partis politiques est malsaine et on peut s'interroger sur la raison pour laquelle elles font de la publicité !

La hiérarchisation et l'ergonomie des soins de santé pour en réduire le coût

Cette mutation des soins de santé doit reposer sur des centres médicaux regroupant des médecins généralistes et divers spécialistes. La mobilité des médecins entre ces centres et les institutions spécialisées améliorerait la coordination des soins, rendrait le travail plus attrayant et créerait un esprit de collaboration.

Elle supprimerait aussi la concurrence entre les institutions.

La centralisation des activités spécifiques en regroupant les compétences, les capacités techniques et l'encadrement en fonction des pathologies à traiter, améliorerait la qualité des soins et en réduirait le coût.

Cette hiérarchisation mettrait aussi fin à la gestion des structures médicales comme des entreprises privées avec des contraintes administratives et un stress incompatible avec l'aspect humain des professions médicales au sens large.

Cette réorganisation devrait permettre le suivi de l'évolution des soins de santé et la réalisation des budgets prévisionnels afin de répartir équitablement les investissements en matériel et en personnel sur l'ensemble du territoire national.

Pour que le système fonctionne, il faudrait aussi mettre en place un encadrement qui permette au médecins de se consacrer à la pratique de leur art plutôt qu'à des tâches administratives. Cette intendance ergonomique, devrait permettre de réduire fortement le nombre de praticiens.

Outre l'intendance, il faudrait offrir aux praticiens un véritable dossier médical centralisé pour chaque patient, accessible partout et lisible par tous (langue, abréviations, etc...). Il garantirait la continuité des soins, réduirait de facto le courrier aux Confrères, et allégerait la charge administrative du médecin.

Ce dossier national devrait être chronologique pour en faciliter la lecture. Il devrait débuter par un résumé de l'ensemble des pathologies pour lesquels le patient est suivi. Ensuite, un journal reprendrait le texte de toutes les consultations dans leur ordre chronologique toujours. Enfin, une zone de stockage concentrerait tous les examens (radios, biologie, etc...) réalisés et les résumés des hospitalisations éventuelles, y compris les protocoles opératoires.

Un encadrement administratif assumant les aspects non rentables et fastidieux de leur profession, et la mise à disposition d'un dossier universel, outil de travail essentiel, auraient pour seul objectif de permettre aux médecins de s'épanouir et de se consacrer réellement aux patients.

La sélection et l'encadrement des jeunes médecins

Baser l'accès des jeunes médecins aux "spécialités" sur les seuls points obtenus aux examens et en stage a un effet pervers. Ce système est par essence très péjoratif pour la médecine dite "générale" alors que tout le système repose sur cette pratique ! De plus, il ne garantit pas une sélection adaptée aux aptitudes ou même aux souhaits des candidats.

Ce qui ressort des revendications des jeunes médecins, est une sentiment d'être plus exploités que formés... Cela tient autant à la lourdeur du travail qu'à l'impression d'effectuer un travail peu valorisant et souvent peu ergonomique.

Pour résoudre ces deux problèmes, il faudrait que la sélection des candidats recherche un équilibre entre les souhaits et les aptitudes réelles des candidats, pour les aider à trouver leur voie et leur épanouissement . Ceci implique un dialogue qui prend en compte de la personnalité du candidat et du "Maître de stage", les deux devant s'accorder pour mener à une relation fructueuse.

Le terme "Maître de stage" devrait aussi retrouver sa valeur originelle à savoir, la transmission d'une compétence d'un Maître à son élève sous la forme d'un compagnonnage ! C'est-à-dire une relation humaine respectueuse qui ne se limite pas à la théorie ou à la pratique d'un métier mais aussi à une expérience de vie ! Ce qui justifierait l'obligation de suivre une formation pour devenir "Maître de stage" !

L'instauration d'une rémunération forfaitaire supprimerait les frustrations des juniors et la tendance protectionniste de certains seniors.

Il faudrait aussi offrir la possibilité à chaque médecin en cours de carrière de se réorienter afin de garder sa motivation ou de s'adapter à l'évolution des techniques.

Clarifier la pratique privée

Les médecins engagés dans le système national travailleraient exclusivement pour celui-ci avec au minimum un mi-temps.

Bien entendu, il n'est pas question de remettre en question la liberté de pratiquer son art en dehors d'une l'organisation développée par l'État. Mais cette activité ne bénéficierait alors ni de l'intendance, ni des structures mises à disposition des praticiens, ni du salaire médical fixe et de la pension y attenante. Le patient devrait en assumer le prix. Il pourrait évidemment contracter une assurance couvrant ces frais.

Les institutions non intégrées au système national ne bénéficieraient bien entendu d'aucun subside et d'aucun remboursement des actes qui y seraient pratiqués. Elle devraient donc s'auto-financer.

En conclusion, des économies sont possibles en revoyant le mode de financement du système (suppression des codes), en hiérarchisant les prises en charges (centres médicaux et institutions spécialisées), et en réduisant le nombre de médecins (sérénité financière, formation, réorientation, intendance administrative et nursing, et dossier...)

Voilà ! Ceci n'est sans doute qu'une utopie et soulèvera certainement beaucoup de commentaires et critiques !

Bien entendu, pour mettre en place un telle réforme faudrait-il que les décideurs politiques en aient la volonté et la capacité...

Professeur Gilbert Chantrain

Je propose donc une utopie... des soins de santé gratuits avec des patients responsabilisés et des médecins payés de façon digne mais forfaitaire, la suppression de la nomenclature de tarification des actes médicaux supprimant un intermédiaire devenu inutile, les mutuelles, une hiérarchisation des soins de santé et la formation des jeunes médecins dans un esprit de compagnonnage !Les soins de santé gratuitsUne rémunération forfaitaire devrait être accordée aux médecins dès l'acquisition de leur diplôme. Elle augmenterait au fur et à mesure de leur carrière pour atteindre un plafond qui serait prolongé durant leur retraite, en leur offrant ainsi une sérénité financière.Cette disposition supprimerait aussi la relation financière entre le malade et son médecin. Elle garantirait un confort financier aux jeunes médecins en formation et mettrait fin à la concurrence entre praticiens et au côté "commercial" de la médecine.La responsabilisation des maladesPour que ce système fonctionne, il faudrait que chaque habitant reçoive un relevé annuel de sa consommation médicale, pour lui faire prendre conscience de ce dont il bénéficie.De plus, une facturation serait imposée aux patients pour tout manquement (non présentation à une consultation, annulation impromptue d'une intervention, shopping médical...).La suppression du système de tarification des actes médicaux basée sur les codes INAMI Jusqu'à présent, la facturation des actes médicaux repose sur des codes dont la valeur fluctue selon l'importance des gestes prestés. Le remplacement de ce mode de rémunération par une rémunération forfaitaire des médecins mettrait fin à des tarifications abusives pour des gestes techniques, réalisés ou non, ce qui est une réalité ! Cette mesure soulagerait les institutions de la charge administrative inhérente à ce système. Elle permettrait aussi de supprimer un intermédiaire onéreux et devenu inutile, les mutuelles. En effet, ce mode de fonctionnement historique complique inutilement les démarches pour les patients. De plus, leur relation avec les partis politiques est malsaine et on peut s'interroger sur la raison pour laquelle elles font de la publicité !La hiérarchisation et l'ergonomie des soins de santé pour en réduire le coûtCette mutation des soins de santé doit reposer sur des centres médicaux regroupant des médecins généralistes et divers spécialistes. La mobilité des médecins entre ces centres et les institutions spécialisées améliorerait la coordination des soins, rendrait le travail plus attrayant et créerait un esprit de collaboration.Elle supprimerait aussi la concurrence entre les institutions.La centralisation des activités spécifiques en regroupant les compétences, les capacités techniques et l'encadrement en fonction des pathologies à traiter, améliorerait la qualité des soins et en réduirait le coût. Cette hiérarchisation mettrait aussi fin à la gestion des structures médicales comme des entreprises privées avec des contraintes administratives et un stress incompatible avec l'aspect humain des professions médicales au sens large.Cette réorganisation devrait permettre le suivi de l'évolution des soins de santé et la réalisation des budgets prévisionnels afin de répartir équitablement les investissements en matériel et en personnel sur l'ensemble du territoire national.Pour que le système fonctionne, il faudrait aussi mettre en place un encadrement qui permette au médecins de se consacrer à la pratique de leur art plutôt qu'à des tâches administratives. Cette intendance ergonomique, devrait permettre de réduire fortement le nombre de praticiens.Outre l'intendance, il faudrait offrir aux praticiens un véritable dossier médical centralisé pour chaque patient, accessible partout et lisible par tous (langue, abréviations, etc...). Il garantirait la continuité des soins, réduirait de facto le courrier aux Confrères, et allégerait la charge administrative du médecin.Ce dossier national devrait être chronologique pour en faciliter la lecture. Il devrait débuter par un résumé de l'ensemble des pathologies pour lesquels le patient est suivi. Ensuite, un journal reprendrait le texte de toutes les consultations dans leur ordre chronologique toujours. Enfin, une zone de stockage concentrerait tous les examens (radios, biologie, etc...) réalisés et les résumés des hospitalisations éventuelles, y compris les protocoles opératoires.Un encadrement administratif assumant les aspects non rentables et fastidieux de leur profession, et la mise à disposition d'un dossier universel, outil de travail essentiel, auraient pour seul objectif de permettre aux médecins de s'épanouir et de se consacrer réellement aux patients.La sélection et l'encadrement des jeunes médecinsBaser l'accès des jeunes médecins aux "spécialités" sur les seuls points obtenus aux examens et en stage a un effet pervers. Ce système est par essence très péjoratif pour la médecine dite "générale" alors que tout le système repose sur cette pratique ! De plus, il ne garantit pas une sélection adaptée aux aptitudes ou même aux souhaits des candidats. Ce qui ressort des revendications des jeunes médecins, est une sentiment d'être plus exploités que formés... Cela tient autant à la lourdeur du travail qu'à l'impression d'effectuer un travail peu valorisant et souvent peu ergonomique.Pour résoudre ces deux problèmes, il faudrait que la sélection des candidats recherche un équilibre entre les souhaits et les aptitudes réelles des candidats, pour les aider à trouver leur voie et leur épanouissement . Ceci implique un dialogue qui prend en compte de la personnalité du candidat et du "Maître de stage", les deux devant s'accorder pour mener à une relation fructueuse.Le terme "Maître de stage" devrait aussi retrouver sa valeur originelle à savoir, la transmission d'une compétence d'un Maître à son élève sous la forme d'un compagnonnage ! C'est-à-dire une relation humaine respectueuse qui ne se limite pas à la théorie ou à la pratique d'un métier mais aussi à une expérience de vie ! Ce qui justifierait l'obligation de suivre une formation pour devenir "Maître de stage" ! L'instauration d'une rémunération forfaitaire supprimerait les frustrations des juniors et la tendance protectionniste de certains seniors.Il faudrait aussi offrir la possibilité à chaque médecin en cours de carrière de se réorienter afin de garder sa motivation ou de s'adapter à l'évolution des techniques.Clarifier la pratique privéeLes médecins engagés dans le système national travailleraient exclusivement pour celui-ci avec au minimum un mi-temps.Bien entendu, il n'est pas question de remettre en question la liberté de pratiquer son art en dehors d'une l'organisation développée par l'État. Mais cette activité ne bénéficierait alors ni de l'intendance, ni des structures mises à disposition des praticiens, ni du salaire médical fixe et de la pension y attenante. Le patient devrait en assumer le prix. Il pourrait évidemment contracter une assurance couvrant ces frais.Les institutions non intégrées au système national ne bénéficieraient bien entendu d'aucun subside et d'aucun remboursement des actes qui y seraient pratiqués. Elle devraient donc s'auto-financer.En conclusion, des économies sont possibles en revoyant le mode de financement du système (suppression des codes), en hiérarchisant les prises en charges (centres médicaux et institutions spécialisées), et en réduisant le nombre de médecins (sérénité financière, formation, réorientation, intendance administrative et nursing, et dossier...) Voilà ! Ceci n'est sans doute qu'une utopie et soulèvera certainement beaucoup de commentaires et critiques ! Bien entendu, pour mettre en place un telle réforme faudrait-il que les décideurs politiques en aient la volonté et la capacité... Professeur Gilbert Chantrain