L'OMS a récemment publié un rapport - auquel j'ai eu l'occasion de collaborer - consacré à l'impact de l'activité professionnelle sur les maladies et lésions. Si je vous demandais quel est dans ce cadre la problématique qui fait le plus de victimes, vous me citeriez sans doute les accidents, les particules fines ou encore l'amiante... Faux! Ces usual suspects sont en réalité loin de faire autant de dégâts qu'un temps de travail excessif! En 2016, ce phénomène aurait provoqué 750.000 décès à travers le monde, loin devant l'exposition aux gaz, vapeurs et particules fines (450.000 décès) classée deuxième. Le simple fait de travailler trop tue chaque année deux fois plus que les accidents (350.000) et trois fois plus que l'exposition à l'amiante (200.000).

La lutte contre ces menaces traditionnelles est-elle gagnée? Non, bien sûr, ces chiffres restent dramatiques. La différence est qu'ils sont connus de longue date (certainement chez nous) et que des mesures sont prises pour les combattre. Ces dernières décennies, le nombre d'accidents du travail a ainsi reculé de façon spectaculaire. On ne peut pas en dire autant du surmenage, dans un contexte où le fait d'être éternellement débordé reste encore un symbole de réussite et de statut.

Il y a quelques mois, des recherches menées par IDEWE (service externe de prévention et de protection au travail) avaient déjà révélé qu'avec la généralisation du télétravail, 15% des travailleurs belges rapportaient davantage de difficultés à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. La moitié se sentaient même franchement épuisés... Sachant que le travail à distance et la flexibilité vont probablement augmenter, nombre d'entre eux risquent d'être encore plus surmenés.

Profitons donc de la publication du nouveau rapport de l'OMS pour mettre définitivement fin à ce culte du "toujours plus". Contrairement à ce que l'on croit souvent, cela n'aura aucun effet néfaste sur la productivité, que du contraire: il est prouvé depuis longtemps que les personnes qui prestent de longues heures ne travaillent pas plus ni mieux que les autres ; tout le monde y perd, y compris l'employeur. N'importe quel athlète de haut niveau vous dira qu'on n'obtient pas les meilleures prestations en s'entraînant le plus possible, mais juste assez et en s'accordant suffisamment de repos et de détente. Il est plus que temps d'en prendre conscience aussi au travail!

Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: il n'est ni interdit ni problématique de donner un coup de collier de temps en temps lorsque les circonstances l'exigent... pour autant que cela ne devienne pas structurel. Rien ne justifiera jamais que 750.000 personnes y laissent la vie chaque année!

L'OMS a récemment publié un rapport - auquel j'ai eu l'occasion de collaborer - consacré à l'impact de l'activité professionnelle sur les maladies et lésions. Si je vous demandais quel est dans ce cadre la problématique qui fait le plus de victimes, vous me citeriez sans doute les accidents, les particules fines ou encore l'amiante... Faux! Ces usual suspects sont en réalité loin de faire autant de dégâts qu'un temps de travail excessif! En 2016, ce phénomène aurait provoqué 750.000 décès à travers le monde, loin devant l'exposition aux gaz, vapeurs et particules fines (450.000 décès) classée deuxième. Le simple fait de travailler trop tue chaque année deux fois plus que les accidents (350.000) et trois fois plus que l'exposition à l'amiante (200.000). La lutte contre ces menaces traditionnelles est-elle gagnée? Non, bien sûr, ces chiffres restent dramatiques. La différence est qu'ils sont connus de longue date (certainement chez nous) et que des mesures sont prises pour les combattre. Ces dernières décennies, le nombre d'accidents du travail a ainsi reculé de façon spectaculaire. On ne peut pas en dire autant du surmenage, dans un contexte où le fait d'être éternellement débordé reste encore un symbole de réussite et de statut. Il y a quelques mois, des recherches menées par IDEWE (service externe de prévention et de protection au travail) avaient déjà révélé qu'avec la généralisation du télétravail, 15% des travailleurs belges rapportaient davantage de difficultés à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. La moitié se sentaient même franchement épuisés... Sachant que le travail à distance et la flexibilité vont probablement augmenter, nombre d'entre eux risquent d'être encore plus surmenés. Profitons donc de la publication du nouveau rapport de l'OMS pour mettre définitivement fin à ce culte du "toujours plus". Contrairement à ce que l'on croit souvent, cela n'aura aucun effet néfaste sur la productivité, que du contraire: il est prouvé depuis longtemps que les personnes qui prestent de longues heures ne travaillent pas plus ni mieux que les autres ; tout le monde y perd, y compris l'employeur. N'importe quel athlète de haut niveau vous dira qu'on n'obtient pas les meilleures prestations en s'entraînant le plus possible, mais juste assez et en s'accordant suffisamment de repos et de détente. Il est plus que temps d'en prendre conscience aussi au travail! Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: il n'est ni interdit ni problématique de donner un coup de collier de temps en temps lorsque les circonstances l'exigent... pour autant que cela ne devienne pas structurel. Rien ne justifiera jamais que 750.000 personnes y laissent la vie chaque année!