Dans une société qui idéalise la maternité, la dépression post-partum est un tabou. Pourtant, elle est fréquente. Deux périodes sont particulièrement propices à son émergence : dans les 6 premières semaines après l'accouchement (donc après le baby blues dont la durée va de 3 à 10 jours) ou entre 9 et 15 mois plus tard. Ce pic tardif concerne 5 % des mères. " Neuf mois après la naissance de mon fils, je ressentais l'envie suicidaire de me planter en voiture dans un poteau, confie Julie (prénom d'emprunt). Anxiolytiques et une dizaine de séances psy m'ont aidée. Toutefois,...

Dans une société qui idéalise la maternité, la dépression post-partum est un tabou. Pourtant, elle est fréquente. Deux périodes sont particulièrement propices à son émergence : dans les 6 premières semaines après l'accouchement (donc après le baby blues dont la durée va de 3 à 10 jours) ou entre 9 et 15 mois plus tard. Ce pic tardif concerne 5 % des mères. " Neuf mois après la naissance de mon fils, je ressentais l'envie suicidaire de me planter en voiture dans un poteau, confie Julie (prénom d'emprunt). Anxiolytiques et une dizaine de séances psy m'ont aidée. Toutefois, je garde des séquelles de la dépression. J'ai souvent des hauts et des bas. " Découragement, pleurs, perte d'intérêt mais aussi absence de plaisir à pratiquer les soins au bébé et à être dans la relation avec son enfant : les mères atteintes de ces symptômes sont souvent laissées à leur propre sort. Et noyées dans le trop plein d'infos sur Internet. C'est pour venir en aide à ces mères en souffrance psychologique que Justine Slomian, sage-femme et doctorante au département de Santé publique de l'université de Liège, développe le projet Happy Mum. Un des objectifs est la création d'un outil virtuel, basé sur les nouvelles technologies, d'accompagnement socio-affectif des mères durant toute l'année qui suit leur accouchement. Avec en ligne de mire : la prévention de la dépression post-partum. Concrètement, l'outil naît peu à peu au rythme des concertations, qui ont débuté en 2015, avec des mères, des pères et des professionnels de la santé. Il devrait être totalement défini en 2017. A mesure des ateliers, différentes idées sont examinées. La création d'un système de vidéo assistance permettant un contact à tout moment avec des sages-femmes a été évoquée. De même que la mise en place de newsletters préprogrammées, spécifiquement axées sur l'âge du bébé. Un autre souhait est la création d'un réseau de " marrainage " en ligne. Un algorithme pourrait aussi mettre en relation des mamans proches géographiquement. Enfin, la création d'applications compatibles avec des écosystèmes déjà en place (par exemple Mother Sen.se) a été envisagée. " Ces applications ont comme particularité l'intégration de données issues de capteurs qui pourraient, par exemple, être utilisés pour étudier la qualité du sommeil ou la température de la pièce dans laquelle se trouve le bébé. Des messages d'alerte pourraient être envoyés lorsque l'on se rend compte que la maman marche trop ou trop peu. Des messages d'information pourraient aussi être directement transmis à la maman afin de la rassurer et de diminuer le niveau de stress engendré par l'arrivée d'un enfant. " Happy Mum est l'un des projets phares menés au WeLL, le premier Living Lab de Wallonie dédié à l'e-santé. Cette structure vise à mettre la technologie au service du bien-être des citoyens et des acteurs de la santé. Par Laetitia Theunis.