"Nous avons en ce moment des augmentations des contaminations, qui vont continuer avec les retours des vacances et les activités. Le variant delta est prédominant depuis juillet, et les vaccinés contribuent aussi à la circulation du virus", analyse Yves Coppieters, professeur en santé publique à l'Université libre de Bruxelles. Donc, les masques restent encore un élément important dans la stratégie de lutte contre le virus.
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"Nous avons en ce moment des augmentations des contaminations, qui vont continuer avec les retours des vacances et les activités. Le variant delta est prédominant depuis juillet, et les vaccinés contribuent aussi à la circulation du virus", analyse Yves Coppieters, professeur en santé publique à l'Université libre de Bruxelles. Donc, les masques restent encore un élément important dans la stratégie de lutte contre le virus. Le taux de vaccination et l'obligation (ou non) du port du masque vont-ils de pair? Le cas des écoles en Wallonie et en Flandre contre celles à Bruxelles semble l'indiquer. A Bruxelles, le port du masque reste obligatoire pour les élèves et les enseignants de secondaire, car, indiquait le ministre en charge Caroline Désir dans un communiqué mardi, la vaccination n'est pas assez avancée à Bruxelles, et l'épidémie est en recrudescence. A l'inverse, en Wallonie, il est devenu superflu.Selon Yves Coppieters, la question serait plutôt: "qu'est-ce que nous voulons pour nos enfants?". En se basant sur des arguments scientifiques, en analysant la circulation de particules dans une pièce comme une salle de classe, petite, avec beaucoup de personnes, le masque est nécessaire pour empêcher une contamination. Mais si on regarde le point de vue du bien-être, Yves Coppieters en est "moins convaincu", surtout après 18 mois de pandémie qui pèsent fortement sur la santé mentale des enfants."Les enfants et les jeunes ont beaucoup moins de chances de développer des formes graves de la maladie, argumente-t-il. Si les élèves contractent le virus, cela peut être dangereux s'ils le ramènent à la maison et voient des personnes à risque - mais ces personnes sont presque toutes vaccinées. Donc le port du masque en classe va effectivement diminuer la circulation du virus, mais dans l'ensemble, cela ne va fondamentalement rien changer, ça n'aura aucun impact sur les hospitalisations. Donc il faut voir quel est notre objectif."Où est-il encore obligatoire?Les bourgmestres ont encore le loisir, pour l'instant, de décider dans quelle rue le port est obligatoire. En principe, ils l'interdisent dans les rues commerçantes bondées. Dans les transports publics, le port du masque reste obligatoire. A Bruxelles, sur le réseau de la Stib, les personnes qui ne portent pas de masque, sont fréquents, malgré les contrôles et messages de rappel. Dans les supermarchés, centres commerciaux, magasins, cinémas, théâtres, salles de sport, piscines, vestiaires, bars et restaurants lorsqu'on n'est pas assis et en mouvement, etc. ; en tout endroit clos, le port du masque reste obligatoire. Pour les événements extérieurs, pouvant accueillir plus de 1.500 personnes, un cerificat de vaccin, test négatif ou une preuve de guérison est demandé. Moyennant ce document, le port du masque n'est alors plus obligatoire sur le site. L'élargissement de ce pass sanitaire, et donc des endroits où le port du masque ne sera plus d'application, était d'ailleurs un des points de discussion du Codeco de ce vendredi.A l'extérieur, le port du masque n'est donc plus d'application, dans la plupart des cas. Yves Coppieters estime que le masque à l'extérieur a surtout été un message politique: "c'était surtout pour favoriser la vaccination, et le moment symbolique de ne plus l'imposer a été quand les personnes à risque étaient toutes vaccinées. Mais d'un point de vue scientifique, à l'extérieur, sans masque, le risque de contamination était quasi inexistant." Il verrait donc mal le port du masque généralisé à l'extérieur revenir, ne serait-ce que pour pousser davantage à la vaccination.Quel futur pour le masque?Combien de temps devra-t-on encore porter le masque? Difficile à dire, selon le Professeur Coppieters. Et difficile à dire aussi si le masque va devenir un réflexe pour d'autres maladies saisonnières, comme des grippes et des rhumes. "Le masque est encore trop associé au Covid-19. Mais mainteant, il est plus facile de se procurer des masques, et peut-être les personnes vont gardre leurs masques pas très loin", analyse Yves Coppieters.Il constate cependant que le réflexe de se laver les mains et de bien aérer les pièces s'est davantage ancré dans la société : "c'est quelque chose de facile à adopter, et on a pu voir que d'autres maladies respiratoires et gastro-entérites ont fortement diminué ces derniers mois."