La course à pied est l'un des sports les plus couramment pratiqués dans notre pays. Ne fût-ce qu'une petite demi-heure plusieurs fois par semaine, cela fournit déjà un joli résultat pour la santé. Et pour la pratiquer, vous n'avez pour ainsi dire besoin de rien. Un short, un T-shirt et des chaussures de jogging. C'est tout. Et parfois un imperméable.
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La course à pied est l'un des sports les plus couramment pratiqués dans notre pays. Ne fût-ce qu'une petite demi-heure plusieurs fois par semaine, cela fournit déjà un joli résultat pour la santé. Et pour la pratiquer, vous n'avez pour ainsi dire besoin de rien. Un short, un T-shirt et des chaussures de jogging. C'est tout. Et parfois un imperméable.Ces dernières décennies, la course à pied est devenue un sport très populaire auprès des femmes. Moins auprès des adolescentes, mais dès qu'elles approchent la trentaine, toujours plus de femmes enfilent des chaussures de course à pied. Précisément à l'âge où elles commencent à avoir des enfants.Un message alarmiste nuisiblePas mal de médecins plus âgés n'y sont pas tellement favorables. Leurs connaissances datent encore de l'époque où les docteurs masculins dominaient le discours ambiant, également en gynécologie et obstétrique. Chez ces hommes, la manière de penser conservatrice, où le corps de la femme était inadapté pour le sport, prévalait. Ce n'est qu'il y a un peu plus de 30 ans, en 1984 notamment, que les Jeux Olympiques ont, pour la première fois, organisé un marathon pour les femmes, et ce du reste seulement après maintes discussions au sein du monde médico-sportif.On faisait constamment craindre aux femmes que la pratique lourde et intensive d'un sport était dangereuse pour la maman et le bébé. Et à l'heure actuelle, cela se passe encore trop souvent ainsi. Beaucoup de femmes enceintes s'entendent toujours dire que les activités sportives peuvent nuire à leur bébé. Ou qu'elles doivent faire attention en été et par temps chaud. Que leur température ne peut pas grimper trop haut, car leur bébé peut en garder des anomalies congénitales. C'est totalement injustifié, selon des recherches récentes. Une température corporelle élevée lors d'activités sportives ne constitue quasi jamais un danger pour le bébé en croissance.Bénéficier des avantagesD'autres problèmes constituent toutefois un risque bien connu, mais ils sont souvent abordés avec une prudence excessive, alors qu'un supplément d'activités physiques est précisément un bon remède contre un certain nombre de ces problèmes. Contre l'obésité, par exemple. Beaucoup de femmes enceintes souffrent d'un poids corporel trop élevé et ce surpoids contribue à des complications supplémentaires liées à la grossesse, comme la prééclampsie, les fausses couches, le diabète gestationnel, une pression artérielle trop élevée, des caillots sanguins, des perturbations du sommeil nocturne et des complications lors de l'accouchement telles que des hémorragies et des infections.Les bébés courent également davantage de dangers, comme un risque plus élevé de décès, d'anomalies congénitales et de nécessité de soins intensifs après la naissance. Même plus tard dans la vie, les enfants souffrent encore du poids élevé de leur mère au cours de la grossesse, avec un risque accru de maladies cardio-vasculaires, d'obésité sévère et de toutes les complications associées.Un supplément d'activités physiques contribue précisément à la prévention de telles complications liées à la grossesse. Il conduit à une diminution des cas de diabète gestationnel, de prééclampsie, de fausses couches, etc. Et il contribue à un accouchement plus aisé. Il facilite le maintien sous contrôle du poids corporel et contribue à la prévention des risques associés à un poids trop élevé.Solidement arriméN'y a-t-il dès lors aucun danger que le bébé descende trop tôt du fait de tous ces chocs subis lors du jogging et que l'enfant naisse trop tôt ? Non, affirme une équipe de recherches de la Women's Health du King's College à Londres, qui a suivi les données de 1.293 femmes enceintes qui faisaient du jogging dans des parcs. Grâce à ce grand nombre, cette étude est la plus grande dans son genre jusqu'à aujourd'hui dans laquelle on a exclusivement étudié des femmes ordinaires. Lors des études antérieures, il s'agissait toujours de groupes beaucoup plus restreints, parfois même de moins de 10, et souvent uniquement de coureuses de compétition qui sont, il est vrai, un groupe à part.L'étude n'a pas trouvé de différence significative dans le poids des bébés à la naissance entre les femmes qui ont couru beaucoup, peu ou pas du tout au cours de la grossesse. La durée de la grossesse était également comparable.Le nombre de bébés nés prématurément n'a également pas montré de différence significative.Les chercheurs en concluent que les chocs ou les ondes de pression qui naissent pendant la course à pied n'ont pas d'impact sur la durée normale de la grossesse. Les femmes qui continuent à courir ont néanmoins semblé accoucher moins spontanément et elles ont eu un peu plus besoin d'aide pour mettre leur bébé au monde. Cela va à l'encontre des conclusions antérieures. Les chercheurs soupçonnent que les coureuses ont des muscles du plancher pelvien plus fermes et qui se dilatent moins facilement jusqu'à une ouverture suffisante pour un accouchement spontané. Les femmes enceintes peuvent donc sans problème continuer à courir pendant leur grossesse. Elles ne doivent pas se laisser impressionner par les conseils archaïques en la matière. Le fait qu'elles arrêtent souvent dès qu'elles remarquent qu'elles sont enceintes ou lorsque le petit ventre devient trop proéminent est dès lors compréhensible. Une grossesse provoque beaucoup de transformations du corps et le supplément de poids ainsi que les courbes plus arrondies sont parfois sacrément gênants. Mais l'exercice physique n'est certainement pas nocif !