L'évidence est en fait assez récente. Le Conseil supérieur de la santé (CSS) l'évoque explicitement dans son dernier avis et des médecins le proclament depuis longtemps, mais la consigne restait loin derrière le lavage des mains, le port du masque ou la distance physique.
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L'évidence est en fait assez récente. Le Conseil supérieur de la santé (CSS) l'évoque explicitement dans son dernier avis et des médecins le proclament depuis longtemps, mais la consigne restait loin derrière le lavage des mains, le port du masque ou la distance physique. La logique de cette mesure est simple: puisque le virus se transmet par l'air, diminuer sa concentration, en le diluant par de l'air renouvelé, réduit les risques. Sauf que, dans le détail, la situation se révèle plus compliquée. D'abord, il a fallu arbitrer une "controverse". Même si l'Organisation mondiale de la santé (OMS) maintient que "la transmission aérienne du Sras-CoV-2 par des gouttelettes respiratoires microscopiques n'a pas été démontrée", un faisceau d'indices montre que les postillons expulsés par la bouche et le nez lorsqu'on parle, tousse, éternue, ne sont pas les seules sources de contamination, et donc que les microgouttelettes émises en permanence par la respiration (les aérosols), si petites qu'elles flottent dans l'air, comptent beaucoup. Ensuite, recommander d'aérer, parfait. Mais savoir quand, et si c'est bien fait, c'est autre chose. C'est là qu'apparaît ce petit boîtier noir, un capteur bon marché, à une centaine d'euros, qui mesure la concentration en dioxyde de carbone, CO2, qui est un gaz exhalé par la respiration humaine. La variation de la concentration de ce gaz permet donc de mesurer l'effet d'une ventilation mécanique ou manuelle par l'ouverture des portes et fenêtres, tout comme elle renseigne sur la présence d'humains dans la pièce. Résultat: " Dès qu'on met un capteur dans une salle indiquant la concentration, cela crée des réflexes pour ventiler", explique un expert. Du coup, ça veut dire aussi que les mesures classiques ne suffisent plus. Ça veut dire encore qu'il faudra s'organiser, s'équiper, à l'instar des coiffeurs, dont le nouveau protocole les oblige à ventiler en permanence leur salon ou, alors, d'installer un détecteur de CO2. L'élargir à tous les secteurs lors du prochain déconfinement? La question est en discussion parmi les experts. Plusieurs proposent de l'utiliser dans un maximum de lieux clos, et pourquoi pas à domicile. Des tutoriels d'école d'ingénieurs détaillent même comment construire soi-même son capteur...