Une nouvelle étude réalisée par la Société italienne de médecine environnementale (Sima) avance l'hypothèse que le coronavirus pourrait être transporté via les particules fines. "On observe une forte corrélation entre le niveau de pollution aux particules PM10 et le nombre de contaminations 15 jours plus tard", disent les chercheurs italiens.

Une région très polluée

La région de la vallée du Pô, qui paie un très lourd tribut de la pandémie, est aussi une des régions où l'air est le plus pollué d'Europe, et ce, depuis de nombreuses années.

"La plaine du Pô a une situation climatique et géographique très défavorable pour la pollution atmosphérique. Le vent y est rare et les épisodes d'inversion climatique fréquents et prolongés: cela signifie que l'air est plus froid en plaine qu'en montagne et ne bouge pas", expliquait en 2019 à l'AFP Damiano Disimine, responsable scientifique à l'association de défense de l'environnement en Lombardie. Cette région d'Italie a une qualité de l'air comparable à celle du sud de la Pologne où l'industrie de charbon pollue l'air de manière considérable.

Une accélération anormale de l'épidémie

Les médecins qui ont réalisé cette étude ont collaboré avec les universités de Bari et de Bologne. Entre le 10 et le 29 février, ils ont comparé le nombre de cas de nouvelles contaminations au coronavirus et le dépassement des limites légales de concentration de particules fines PM10 dans les différentes provinces. Ils ont également tenu compte du temps d'incubation de la maladie.

null, Sima
null © Sima

"Dans la vallée du Pô, on observe une "accélération anormale" de l'expansion de l'épidémie correspondant à une forte concentration de particules fines deux semaines plus tôt, indique Leonardo Setti, de l'Université de Bologne, au journal La Repubblica. La poussière fait ainsi office "d'autoroute" pour le virus ".

L'effet de la pollution est particulièrement marqué là où les premiers foyers se sont développés, remarquent les chercheurs. Ainsi, la ville de Brescia est l'une des villes les plus polluées du pays, mais aussi l'une des plus touchées par l'épidémie.

Les chercheurs ont comparé ces résultats avec ceux de la ville de Rome, où les premiers cas sont apparus au même moment, mais le virus s'y est propagé de manière beaucoup plus lente.

La pollution joue un rôle de substrat

"En plus d'être un vecteur de l'épidémie, les particules fines constituent un substrat qui permet au virus de rester dans l'air dans des conditions viables pendant plusieurs heures voir plusieurs jours", affirment les chercheurs à Futura Santé.

Cette observation remettrait donc en cause les mesures de distanciation sociales qui préconisent de se tenir à un mètre et demi de distance des autres personnes. Elles ne seraient pas suffisantes.

Mortalité plus importante

Différentes études ont prouvé, au fil des années, que la pollution de l'air fragilise les poumons des habitants des régions où le taux de particules fines est particulièrement élevé. Comme c'est le cas en Lombardie. Ainsi, la pollution atmosphérique augmente le risque d'accident vasculaire cérébral, de maladies cardiaques, de cancer du poumon et de maladie respiratoire aigüe. Elle pourrait aussi entraîner un dysfonctionnement du système immunitaire, rapporte l'Anses.

Une étude similaire pour le SRAS

En 2003, une étude portant sur l'épidémie de SRAS en Chine soulignait déjà que les patients vivant des zones polluées avaient 84 % de risques en plus de mourir que dans d'autres régions moins exposées à la pollution.

La pollution diminue

Une bonne nouvelle néanmoins pour les Italiens du nord, les mesures de confinement de ces derniers jours a fait drastiquement chuter le niveau de pollution atmosphérique. Les chercheurs espèrent que cela fera également diminuer la vitesse de propagation du virus.

Une nouvelle étude réalisée par la Société italienne de médecine environnementale (Sima) avance l'hypothèse que le coronavirus pourrait être transporté via les particules fines. "On observe une forte corrélation entre le niveau de pollution aux particules PM10 et le nombre de contaminations 15 jours plus tard", disent les chercheurs italiens. Une région très polluéeLa région de la vallée du Pô, qui paie un très lourd tribut de la pandémie, est aussi une des régions où l'air est le plus pollué d'Europe, et ce, depuis de nombreuses années. "La plaine du Pô a une situation climatique et géographique très défavorable pour la pollution atmosphérique. Le vent y est rare et les épisodes d'inversion climatique fréquents et prolongés: cela signifie que l'air est plus froid en plaine qu'en montagne et ne bouge pas", expliquait en 2019 à l'AFP Damiano Disimine, responsable scientifique à l'association de défense de l'environnement en Lombardie. Cette région d'Italie a une qualité de l'air comparable à celle du sud de la Pologne où l'industrie de charbon pollue l'air de manière considérable. Une accélération anormale de l'épidémie Les médecins qui ont réalisé cette étude ont collaboré avec les universités de Bari et de Bologne. Entre le 10 et le 29 février, ils ont comparé le nombre de cas de nouvelles contaminations au coronavirus et le dépassement des limites légales de concentration de particules fines PM10 dans les différentes provinces. Ils ont également tenu compte du temps d'incubation de la maladie. "Dans la vallée du Pô, on observe une "accélération anormale" de l'expansion de l'épidémie correspondant à une forte concentration de particules fines deux semaines plus tôt, indique Leonardo Setti, de l'Université de Bologne, au journal La Repubblica. La poussière fait ainsi office "d'autoroute" pour le virus ".L'effet de la pollution est particulièrement marqué là où les premiers foyers se sont développés, remarquent les chercheurs. Ainsi, la ville de Brescia est l'une des villes les plus polluées du pays, mais aussi l'une des plus touchées par l'épidémie.Les chercheurs ont comparé ces résultats avec ceux de la ville de Rome, où les premiers cas sont apparus au même moment, mais le virus s'y est propagé de manière beaucoup plus lente. La pollution joue un rôle de substrat"En plus d'être un vecteur de l'épidémie, les particules fines constituent un substrat qui permet au virus de rester dans l'air dans des conditions viables pendant plusieurs heures voir plusieurs jours", affirment les chercheurs à Futura Santé. Cette observation remettrait donc en cause les mesures de distanciation sociales qui préconisent de se tenir à un mètre et demi de distance des autres personnes. Elles ne seraient pas suffisantes. Mortalité plus importante Différentes études ont prouvé, au fil des années, que la pollution de l'air fragilise les poumons des habitants des régions où le taux de particules fines est particulièrement élevé. Comme c'est le cas en Lombardie. Ainsi, la pollution atmosphérique augmente le risque d'accident vasculaire cérébral, de maladies cardiaques, de cancer du poumon et de maladie respiratoire aigüe. Elle pourrait aussi entraîner un dysfonctionnement du système immunitaire, rapporte l'Anses. Une étude similaire pour le SRASEn 2003, une étude portant sur l'épidémie de SRAS en Chine soulignait déjà que les patients vivant des zones polluées avaient 84 % de risques en plus de mourir que dans d'autres régions moins exposées à la pollution.La pollution diminue Une bonne nouvelle néanmoins pour les Italiens du nord, les mesures de confinement de ces derniers jours a fait drastiquement chuter le niveau de pollution atmosphérique. Les chercheurs espèrent que cela fera également diminuer la vitesse de propagation du virus.