C'était écrit en 1932 : " D'ici à cinquante ans, nous échapperons à l'absurdité d'élever un poulet entier pour en manger le blanc ou l'aile, et on fera pousser ces morceaux séparément dans un milieu approprié. " Signé Winston Churchill. La prédiction de l'alors futur Premier ministre britannique s'est révélée chronologiquement inexacte. Une décennie plus tard, en 1943, dans son célèbre Ravage, René Barjavel, lui, se projetait plus loin. Imaginant ainsi la production carnée en 2052 : " L'élevage, cette horreur, avait également disparu. Elever, chérir les bêtes pour les livrer ensuite au couteau du boucher, c'étaient bien là des moeurs dignes des barbares du xxe siècle. Le "bétail" n'existait plus. La viande était "cultivée" sous la direction de chimistes [...]. Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre sans tendons, ni peaux ni graisse, et d'une grande variété de goûts. " Pas dit que l'écrivain français sera démenti : des chercheurs ont déjà créé en laboratoire de la viande in vitro. Du steak haché, des boulettes, du poulet... dans une " boîte de Petri ", c'est-à-dire cultivés en milieu artificiel après prélèvement d'un bout de muscle d'un bovin ou d'une volaille. C'est la clean meat, comme l'appellent ses concepteurs. La " viande propre ". Les premiers à en avoir consommé, en août 2013, lui ont trouvé un goût presque identique à celui d'un burger classique. Seuls bémols : pas aussi juteuse et manquant un peu de gras.
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