Parfois qualifiée de "nouvelle révolution biotechnologique", la médecine régénérative incarne un changement de paradigme dans le traitement de nombreuses pathologies. Plutôt que de remplacer des tissus et organes, elle propose en effet de les régénérer et d'éviter ainsi, notamment, les rejets de greffe. Si cela pouvait encore ressembler à de la science-fiction il y a quelques années à peine, les progrès de la médecine ont transformé cette promesse en une réalité de plus en plus concrète. De nombreuses études cliniques sont désormais en cours dans des domaines aussi variés que l'hépatologie, l'ophtalmologie, la cardiologie, la traumatologie, etc.
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Parfois qualifiée de "nouvelle révolution biotechnologique", la médecine régénérative incarne un changement de paradigme dans le traitement de nombreuses pathologies. Plutôt que de remplacer des tissus et organes, elle propose en effet de les régénérer et d'éviter ainsi, notamment, les rejets de greffe. Si cela pouvait encore ressembler à de la science-fiction il y a quelques années à peine, les progrès de la médecine ont transformé cette promesse en une réalité de plus en plus concrète. De nombreuses études cliniques sont désormais en cours dans des domaines aussi variés que l'hépatologie, l'ophtalmologie, la cardiologie, la traumatologie, etc. Ce qui explique en partie les avancées réalisées dans ce domaine d'avenir, ce sont les progrès de la thérapie cellulaire. "Celle-ci ne se limite plus à implanter des cellules saines comme on le ferait dans le cas d'une greffe de moelle osseuse", relève Etienne Sokal, professeur à l'UCLouvain, chef de service aux Cliniques universitaires Saint-Luc et fondateur de la spin-off Promethera, dont c'est la spécialité. "Au fil du temps, on a découvert que les cellules souches ont la capacité de libérer un message dans leur environnement, par exemple pour diminuer l'inflammation, régénérer l'organe, etc." Ces cellules agissent un peu comme un multi-médicament dont le message et l'action peuvent être amplifiés grâce à des manipulations génétiques. "On peut par exemple invalider des gènes délétères et en insérer des bénéfiques pour corriger les déficits fonctionnels des cellules, ajoute Etienne Sokal. Les cellules souches peuvent également être intégrées dans des échafaudages pour créer de nouveaux tissus à implanter." Les cellules souches possèdent donc un potentiel énorme, qui est de mieux en mieux connu et exploité. Les études cliniques en cours explorent notamment leurs possibilités face à des défaillances aiguës du foie, à l'insuffisance cardiaque chronique avancée, à l'arthrose ou encore à des syndromes respiratoires dus à l'infection à la Covid-19. Plus largement, la thérapie cellulaire offre des perspectives de traitement pour des maladies mortelles ou dégénératives actuellement difficiles à soigner. La démocratisation de cette technologie reste cependant conditionnée à l'obtention des autorisations nécessaires et au défi de la production à grande échelle de cellules souches. Selon les besoins, celles-ci peuvent être prélevées dans le sang, le liquide amniotique, les organes ou encore les tissus adipeux. En Belgique, la spin-off RevaTis, de l'ULiège, a également mis au point une technique très peu invasive via une microbiopsie musculaire. "Une fois prélevées, les cellules souches sont cultivées pour les multiplier en grande quantité, les caractériser ou les reconditionner. Cela s'effectue dans des unités de production où elles peuvent être stockées", indique son CEO Didier Serteyn. Diverses situations comme les régénérations tissulaires nécessitent des cellules souches autologues, c'est-à-dire issues du patient auquel elles sont réinjectées après production. "Cette médecine personnalisée devrait continuer à se développer mais, en parallèle, des entreprises cherchent à trouver une cellule universelle qui pourrait être utilisée pour tout le monde, précise Didier Serteyn. Cela permettrait de soigner plus de patients à partir d'une même production." A suivre, donc.