La lumière bleue, pas un ennemi juré du sommeil

Mailys Chavagne
Mailys Chavagne Journaliste Web

La lumière bleue est souvent pointée du doigt, en particulier celle émise par les écrans. Mais si celle-ci peut effectivement nuire à la qualité du sommeil, toutes les lumières bleues ne sont pas mauvaises pour notre santé, selon une nouvelle étude.

Depuis de nombreuses années, les médecins tirent la sonnette d’alarme quant à l’utilisation prolongée des écrans la nuit : une exposition à de la lumière riche en bleu, le soir ou la nuit, perturbe les rythmes biologiques, et donc le sommeil.

Une nouvelle étude apporte cependant une nuance. Contrairement aux idées reçues, l’utilisation de lumières tamisées et plus froides le soir – le bleu sombre par exemple – serait bénéfique pour notre sommeil. Pour arriver à de tels résultats, controversés, des chercheurs de l’Université de Manchester ont exposé des souris à différents paramètres d’éclairage pour étudier son impact.

Le cycle du sommeil

L’équipe de chercheurs a évalué la qualité du sommeil de souris en modifiant le degré d’intensité de la luminosité et en changeant la couleur (du jaune au bleu) de la lumière. Résultats ? La lumière vive de l’une ou l’autre couleur était stimulante, plutôt que reposante. Mais à faible intensité, la lumière bleue était plus reposante que la lumière jaune.

Mais comment expliquer que cette lumière bleue de faible intensité ait un tel pouvoir sur notre sommeil ? Il faut savoir que tous les êtres vivants ont un cycle veille-sommeil naturel et quotidien. L’environnement joue un rôle clé dans le bon fonctionnement de notre horloge biologique. Et il s’avère que cette horloge biologique utilise deux fonctionnalités – la luminosité et la chaleur de la lumière – pour déterminer les heures appropriées pour dormir et se réveiller, explique le Dr Tim Brown, chercheur principal de l’étude. Le crépuscule, par exemple, est à la fois plus sombre et plus bleu que la lumière du jour. Cette diminution de la lumière va alors nous aider à nous endormir.

Comment fonctionne notre horloge biologique ?

L’horloge biologique utilise une protéine sensible à la lumière présente dans l’oeil pour mesurer la luminosité, appelée mélanopsine. En agissant sur ces photo-récepteurs, la lumière envoie un signal au cerveau, à l’horloge interne, et active la sécrétion d’hormones qui jouent sur l’humeur et l’activité. Lorsque le corps manque de lumière, il va produire plus de mélatonine – hormone du sommeil qui favorise l’endormissement.

Et les écrans alors ?

Ces résultats ont des implications importantes pour la conception de l’éclairage et des écrans. Les paramètres actuels du mode de nuit sur les téléphones et ordinateurs portables réduisent la lumière bleue afin de limiter les dommages sur le sommeil.

Cela signifie donc que les utilisateurs « ajustent souvent la couleur de l’éclairage ou des écrans pour rendre les écrans plus jaunes « , déclare le Dr Brown. Or, « modifier la couleur a l’effet inverse« , prévient-il. « Cela contrecarre tout avantage que vous pourriez retirer de la réduction de la luminosité de l’écran.« 

Si l’étude a été réalisée sur des animaux nocturnes, les chercheurs affirment que la manière dont la lumière affecte l’horloge biologique est la même pour tous les mammifères – y compris les humains. À l’avenir, l’équipe espère donc pouvoir reproduire leurs tests sur des humains afin de confirmer leurs résultats.

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