Masque, distanciation sociale, confinement, arrêt des crèches et des écoles... L'année 2020-2021 a été marquée par des mesures sanitaires restrictives visant à protéger les populations plus fragiles du covid et de ses conséquences souvent mortelles. Si les plus jeunes ont pour la plupart été épargnés par le virus, ils n'ont néanmoins pas échappé aux mesures de protection.
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Masque, distanciation sociale, confinement, arrêt des crèches et des écoles... L'année 2020-2021 a été marquée par des mesures sanitaires restrictives visant à protéger les populations plus fragiles du covid et de ses conséquences souvent mortelles. Si les plus jeunes ont pour la plupart été épargnés par le virus, ils n'ont néanmoins pas échappé aux mesures de protection.Confinés à l'intérieur, à l'écart de la société, les touts petits n'ont jamais été confrontés au "monde extérieur" et aux micro-organismes qui nous entourent. Ils n'ont donc pas été en mesure de développer une résistance aux microbes les plus courants.On dit souvent qu'une expérience, même douloureuse, est bénéfique. Et cela vaut aussi pour les microbes. Entrer en contact avec des agents pathogènes viraux se produit plus régulièrement qu'on ne le pense et, bien que ce contact ne conduit pas toujours à la maladie, l'exposition aide à renforcer le système immunitaire contre la menace si l'on venait à nouveau à entrer en contact avec le même microbe.Or, au cours des 15 derniers mois, les restrictions de contact et de voyage prolongées, ainsi que la distanciation sociale et le port du masque obligatoire, ont certes réduit le risque de covid, mais également d'autres virus ou microbes plus courants, tels que la grippe.Mais ce n'est pas tant la grippe qui inquiète les professionnels de la santé, car il existe un vaccin pour s'en prémunir. Une menace en particulier plane sur les populations d'enfants plus jeunes : le VRS, ou Virus Respiratoire Syncytial. Ce virus peut provoquer de graves infections pulmonaires nécessitant une hospitalisation, et parfois même la mort, chez les enfants de moins d'un an. Et à ce jour, il n'existe aucun vaccin approuvé pour lutter contre cet agent pathogène.On le sait : les nourrissons sont particulièrement fragiles et tombent régulièrement malades lors des premiers mois de leur vie. Avant la crise du covid, les enfants rencontraient la plupart des virus saisonniers avant l'âge de 18 mois, dont le VRS. En Belgique, "la plupart des enfants connaissent un premier épisode d'infection VRS au cours de leur première année. Presque tous les enfants ont été infectés une fois avant l'âge de deux ans", explique l'Institut scientifique belge de santé publique Sciensano.Le virus VRS - qui sévit sous la forme d'épidémie saisonnière entre début octobre et fin mars - pénètre l'organisme par les muqueuses du nez, des yeux et de la bouche par voie aérienne lorsqu'on tousse, éternue ou se mouche, par contact direct avec une personne infectée ou par contact indirect avec des objets ou des surfaces infectés. Le réseau de laboratoires de surveillance de Sciensano diagnostique en moyenne chaque année, plus de 7 000 cas d'infection VRS en Belgique, dont un pourcentage important d'enfants.Or, le port du masque et les distanciations sociales ont "empêché" les nourrissons d'être confrontés à ce virus. Cette maladie a, tout comme la grippe, en effet été très discrète durant les mois froids, mais pourrait recommencer à circuler dès l'abandon total des mesures sanitaires.Un pic inhabituel de contaminations a d'ailleurs été observé début du mois de mai en Belgique. Il s'agissait peut-être du reflet d'une plus grande sensibilité immunologique, suite aux assouplissements du 26 avril, ou bien d'un changement du comportement saisonnier du virus en réponse à l'effort collectif.En supposant que la crise du covid s'achève et que les choses reviennent à la "normale", les médecins se préparent à un impact significatif en pédiatrie. Mais il existe de nombreuses inconnues et il est difficile de déjà prédire exactement ce qui se passera en hiver 2021-2022 avec le VRS et d'autres agents pathogènes. Le tout est de se préparer dès aujourd'hui et d'encourager les populations à conserver les réflexes sanitaires acquis durant la crise dès l'apparition des premiers symptômes d'une quelconque maladie.