Le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherches de l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM), a dirigé cette étude baptisée Colcorona. Les résultats complets seront rendus publics "le plus rapidement possible", promet-il.

Quelles sont les principales conclusions de votre étude, menée sur 4.488 patients dans le monde entier depuis mars 2020 ?

Jean-Claude Tardif: L'étude Colcorona a fourni des résultats convaincants de réduction de plus de 20% des hospitalisations ou des décès reliés à la Covid 19 avec la colchicine, comparativement au placebo (...). Quand on a affaire à des patients qui ont eu un test qui formellement prouve leur diagnostic de Covid-19, le résultat avec la colchicine est encore meilleur, c'est-à-dire une réduction de 25% des hospitalisations, de 50% du besoin de ventilation mécanique avec un respirateur et de 44% des décès.

L'hypothèse qui sous-tendait l'étude était que la raison pour laquelle les patients développent des complications dans la Covid, c'est la réponse inflammatoire exagérée que les globules blancs du patient développent en réaction au virus (...) Notre intuition c'était que réduire cette réaction inflammatoire exagérée qu'on appelle tempête inflammatoire dans la covid, pourrait prévenir les complications avec un médicament puissant comme la colchicine.

Pourquoi ces résultats vous semblent-ils si importants dans la lutte planétaire contre la pandémie ?

La colchicine est un anti-inflammatoire puissant connu depuis très longtemps, il a été découvert il y a 150 ans. Il est extrait d'une plante qu'on appelle la colchique d'automne et c'est un médicament utilisé dans différentes maladies dont la goutte, qui est une arthrite inflammatoire, et la péricardite entre autre (...)

La beauté des résultats de l'étude, c'est que la colchicine est déjà disponible dans les pharmacies, puisqu'elle est utilisée de façon sécuritaire et peu dispendieuse dans plusieurs maladies. (...) La découverte qu'on a effectuée ne sera pas seulement utile en France, au Canada et aux Etats-Unis et dans les pays du G8, mais (aussi dans) les pays émergents, les pays pauvres, l'Afrique, l'Asie pourront rapidement bénéficier de cette colchicine peu coûteuse et qui se prend sous forme de comprimé par la bouche.

Nos résultats amènent un espoir important pour les patients, pour les systèmes de santé et les gouvernements. Finalement on apporte une partie d'une solution significative pour réduire les hospitalisations et éventuellement réduire la congestion du système hospitalier.

Les scientifiques attendent maintenant les résultats complets de votre étude, quand comptez-vous les publier ?

Nous soumettons le manuscrit à un grand journal scientifique aujourd'hui (dimanche). Je ne peux pas évidemment présumer de la date de publication, le journal va faire son travail, c'est un des plus grands journaux au monde. On va communiquer le plus rapidement possible le reste des résultats, peut-être même avant la publication finale (dans ce journal). Nos résultats, nous sommes convaincus qu'ils sont probants, convaincants, et qu'ils peuvent être utilisés immédiatement au bénéfice des patients. (...)

Il y aura probablement une évaluation rapide par les agences réglementaires, EMA (agence européenne des médicaments NLDR) en Europe, Santé Canada au Canada, FDA aux Etats-Unis, qui vont revoir rapidement les données.(...) Maintenant je pense que les médecins n'ont pas à attendre cette revue règlementaire par les agences (...) Les médecins, les praticiens de la santé, vont pouvoir la prescrire immédiatement parce qu'elle est déjà disponible".

L'anti-inflammatoire Colochine pour prévenir les "tempêtes inflammatoires majeures"

Les résultats positifs de l'étude COLCORONA constituent une "découverte scientifique majeure", qui fait de la colchicine - un puissant anti-inflammatoire utilisé pour le traitement de la goutte - "le premier médicament oral au monde qui pourrait traiter les patients en phase pré-hospitalière", affirme l'ICM dans un communiqué.

Les résultats de l'étude ont "démontré que la colchicine a réduit de 21% le risque de décès ou d'hospitalisations chez les patients atteints de Covid-19 comparativement au placebo", souligne l'ICM.

L'étude, menée au Canada, aux Etats-Unis, en Europe, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud, a porté sur 4.488 patients.

Chez 4.159 de ces patients - dont le diagnostic de Covid-19 a été prouvé par un test naso-pharyngé (PCR)- la colchicine a "entraîné des réductions des hospitalisations de 25%, du besoin de ventilation mécanique de 50%, et des décès de 44%", fait valoir l'institut.

L'étude COLCORONA a été menée "sans contact", auprès de patients atteints du Covid-19 qui n'étaient pas hospitalisés au moment de l'inclusion, avec au moins un facteur de risque de complications.

"Il s'agit de la plus grande étude à l'échelle mondiale testant un médicament administré oralement chez les patients non-hospitalisés avec le Covid-19", précise l'ICM.

Le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherches de l'Institut de cardiologie de Montréal (ICM), a dirigé cette étude baptisée Colcorona. Les résultats complets seront rendus publics "le plus rapidement possible", promet-il.Quelles sont les principales conclusions de votre étude, menée sur 4.488 patients dans le monde entier depuis mars 2020 ? Jean-Claude Tardif: L'étude Colcorona a fourni des résultats convaincants de réduction de plus de 20% des hospitalisations ou des décès reliés à la Covid 19 avec la colchicine, comparativement au placebo (...). Quand on a affaire à des patients qui ont eu un test qui formellement prouve leur diagnostic de Covid-19, le résultat avec la colchicine est encore meilleur, c'est-à-dire une réduction de 25% des hospitalisations, de 50% du besoin de ventilation mécanique avec un respirateur et de 44% des décès.L'hypothèse qui sous-tendait l'étude était que la raison pour laquelle les patients développent des complications dans la Covid, c'est la réponse inflammatoire exagérée que les globules blancs du patient développent en réaction au virus (...) Notre intuition c'était que réduire cette réaction inflammatoire exagérée qu'on appelle tempête inflammatoire dans la covid, pourrait prévenir les complications avec un médicament puissant comme la colchicine.Pourquoi ces résultats vous semblent-ils si importants dans la lutte planétaire contre la pandémie ?La colchicine est un anti-inflammatoire puissant connu depuis très longtemps, il a été découvert il y a 150 ans. Il est extrait d'une plante qu'on appelle la colchique d'automne et c'est un médicament utilisé dans différentes maladies dont la goutte, qui est une arthrite inflammatoire, et la péricardite entre autre (...) La beauté des résultats de l'étude, c'est que la colchicine est déjà disponible dans les pharmacies, puisqu'elle est utilisée de façon sécuritaire et peu dispendieuse dans plusieurs maladies. (...) La découverte qu'on a effectuée ne sera pas seulement utile en France, au Canada et aux Etats-Unis et dans les pays du G8, mais (aussi dans) les pays émergents, les pays pauvres, l'Afrique, l'Asie pourront rapidement bénéficier de cette colchicine peu coûteuse et qui se prend sous forme de comprimé par la bouche.Nos résultats amènent un espoir important pour les patients, pour les systèmes de santé et les gouvernements. Finalement on apporte une partie d'une solution significative pour réduire les hospitalisations et éventuellement réduire la congestion du système hospitalier.Les scientifiques attendent maintenant les résultats complets de votre étude, quand comptez-vous les publier ? Nous soumettons le manuscrit à un grand journal scientifique aujourd'hui (dimanche). Je ne peux pas évidemment présumer de la date de publication, le journal va faire son travail, c'est un des plus grands journaux au monde. On va communiquer le plus rapidement possible le reste des résultats, peut-être même avant la publication finale (dans ce journal). Nos résultats, nous sommes convaincus qu'ils sont probants, convaincants, et qu'ils peuvent être utilisés immédiatement au bénéfice des patients. (...)Il y aura probablement une évaluation rapide par les agences réglementaires, EMA (agence européenne des médicaments NLDR) en Europe, Santé Canada au Canada, FDA aux Etats-Unis, qui vont revoir rapidement les données.(...) Maintenant je pense que les médecins n'ont pas à attendre cette revue règlementaire par les agences (...) Les médecins, les praticiens de la santé, vont pouvoir la prescrire immédiatement parce qu'elle est déjà disponible".