Inconsciemment, nous reproduisons tous des stéréotypes de genres. "L'homme doit ramener les revenus à la maison", "la femme doit s'occuper des enfants"... Qu'on en ait conscience ou non, les stéréotypes ont une influence sur la manière dont nous vivons. Si ceux-ci ne sont pas respectés, cela peut engendrer des conséquences néfastes, notamment sur la santé.

Une étude publiée dans Journal of Marriage and Family affirme que les hommes qui dépendent financièrement de leur femme seraient plus susceptibles d'être exposés au stress, car la situation ne correspond pas à l'idée qu'il se font du couple. En France, l'Insee a affirmé qu'une femme sur quatre gagnait plus que son compagnon en 2014. Lorsqu'un homme a une vision traditionnelle du couple et que celui-ci dépend des revenus financiers de sa moitié, le schéma qu'il voudrait suivre n'est pas respecté. Il a donc l'impression de ne pas remplir son rôle, ce qui le met dans une situation de pression intense. Joeun Kim, docteur en sociologie et démographie à la Pennsylvania State University, explique que l'égalité des genres ne concerne pas que les femmes. "Les hommes portent aussi des fardeaux imposés par la société, tels que la pression d'être le gagne-pain de la famille", dit-il.

Dans le cadre de leur étude, les chercheurs ont mesuré les charges allostatiques de 348 hommes hétérosexuels. La charge allostatique est l'indice "d'usure du corps", qui s'accumule lorsqu'un individu est exposé à un stress répété. Rappelons-le, une charge allostatique élevée pourrait contribuer à des maladies chroniques. Ils leur ont également posé des questions sur la répartition des tâches ménagères ou de la garde des enfants au sein du couple, afin de tester les stéréotypes ancrés chez chacun d'eux.

Les résultats montrent que les hommes ayant des revenus moins élevés que leur compagne n'avaient pas forcément une charge allostatique plus élevée que les autres. En revanche, ceux qui possédaient une vision plus traditionnelle du couple (et donc des stéréotypes de genres) et qui gagnent moins que leur partenaire sont eux, plus stressés.

Les résultats prouvent donc que les hommes qui acceptent l'égalité des genres sont moins stressés que les autres, alors que ceux qui restent dans un schéma traditionnel et qui croient que leur sexe les oblige à accomplir un rôle en particulier (comme avoir un salaire plus élevé) stressent de ne pas y arriver. Par conséquent, la présence de stéréotypes (et donc d'inégalité) au sein d'un couple aurait un impact néfaste sur la santé des hommes. L'égalité des genres profiterait donc aux femmes et aux hommes.

Margaux Glamocic