Combien de temps la ministre de la santé pourra-t-elle encore dire que le port du masque n'est pas une précaution "scientifiquement utile" ? Les études se multiplient pour prouver que même des masques fabriqués artisanalement ont une certaine efficacité contre le Covid-19, dont la taille des particules virales est effectivement très petite. Ce samedi matin, les membres de l'Académie royale de Médecine de Belgique (ARMB) affirment sans détour que "la pénurie actuelle doit inciter à la fabrication de plus de masques sans dénier une protection à la population". Les sages de l'académie, composée de la fine fleur des spécialistes de la médecine dans notre pays, rappellent que "la communauté scientifique a toujours clairement énoncé que seuls les masques chirurgicaux peuvent offrir une protection presque maximale". Constatant que "cette situation ne permettant pas aux citoyens d'être munis de masques chirurgicaux, le port des masques en tissus, dits "alternatifs", s'est popularisé". Aujourd'hui, l'Académie tient à donner à la population un avis émis sur base des connaissances scientifiques internationales : "Ce couvre-visage artisanal permet une filtration de 70 % des particules virales. Les masques chirurgicaux en filtrent 89%, explique le Pr. Jean-Michel Foidart, Secrétaire perpétuel de l'Académie de Médecine de Belgique. Il s'agit donc d'un substitut efficace jusqu'à ce que les masques chirurgicaux soient à nouveaux disponibles pour tous".

L'Académie insiste : "Cet avis ne vaut qu'en cette période de Covid-19 et surtout en cours de pénurie de masques chirurgicaux FFP2 et FFP3 qui doivent prioritairement être réservés au personnel soignant à domicile, dans les hôpitaux et les maisons de repos". L'Académie royale de Médecine de Belgique plaide pour qu'un stock suffisant soit rapidement disponible pour ces personnes et pour la population.

L'Académie recommande donc à la population dans son ensemble d'utiliser cet outil actuellement et au cours de la période de déconfinement. "Nous devons voir cela comme un outil de lutte collective contre le Covid-19, et pas comme un outil de protection individuelle. Le but est de freiner la propagation des gouttelettes dans l'espace social et donc de limiter la possibilité que le virus se transmette".

L'Académie rappelle néanmoins que ces masques artisanaux, tout comme les masques chirurgicaux, doivent être manipulés avec grande précaution afin de ne pas rendre leur utilisation dangereuse et contaminante : "Un masque en tissu ne peut être porté plus de 6 heures, rappelle le Pr. Jean-Michel Foidart. Il doit être correctement placé pour éviter les fuites ; recouvrir le nez, la bouche et le menton. Le masque doit être retiré par les élastiques, sans toucher la face avant de celui-ci. L'utilisateur doit immédiatement se laver les mains après l'avoir ôté. Il faut également veiller à laver ce masque fréquemment, idéalement une fois par jour, à 80 degrés". L'Académie insiste sur le fait que l'efficacité de ces masques sera amoindrie si elle n'est pas couplée avec les mesures de lavage fréquent des mains et de distanciation sociale (plus de deux mètres).

Les membres de l'ARMB estiment que ces masques "pourraient avoir un impact substantiel sur la transmission sans trop altérer la vie sociale et économique, particulièrement dans un contexte à venir de déconfinement".

Les recommandations nationales et internationales ainsi que l'avis émis par l'Académie royale de Médecine de Belgique sont consultables sur le site www.armb.be

Par Frédéric Soumois.

Combien de temps la ministre de la santé pourra-t-elle encore dire que le port du masque n'est pas une précaution "scientifiquement utile" ? Les études se multiplient pour prouver que même des masques fabriqués artisanalement ont une certaine efficacité contre le Covid-19, dont la taille des particules virales est effectivement très petite. Ce samedi matin, les membres de l'Académie royale de Médecine de Belgique (ARMB) affirment sans détour que "la pénurie actuelle doit inciter à la fabrication de plus de masques sans dénier une protection à la population". Les sages de l'académie, composée de la fine fleur des spécialistes de la médecine dans notre pays, rappellent que "la communauté scientifique a toujours clairement énoncé que seuls les masques chirurgicaux peuvent offrir une protection presque maximale". Constatant que "cette situation ne permettant pas aux citoyens d'être munis de masques chirurgicaux, le port des masques en tissus, dits "alternatifs", s'est popularisé". Aujourd'hui, l'Académie tient à donner à la population un avis émis sur base des connaissances scientifiques internationales : "Ce couvre-visage artisanal permet une filtration de 70 % des particules virales. Les masques chirurgicaux en filtrent 89%, explique le Pr. Jean-Michel Foidart, Secrétaire perpétuel de l'Académie de Médecine de Belgique. Il s'agit donc d'un substitut efficace jusqu'à ce que les masques chirurgicaux soient à nouveaux disponibles pour tous".L'Académie insiste : "Cet avis ne vaut qu'en cette période de Covid-19 et surtout en cours de pénurie de masques chirurgicaux FFP2 et FFP3 qui doivent prioritairement être réservés au personnel soignant à domicile, dans les hôpitaux et les maisons de repos". L'Académie royale de Médecine de Belgique plaide pour qu'un stock suffisant soit rapidement disponible pour ces personnes et pour la population.L'Académie recommande donc à la population dans son ensemble d'utiliser cet outil actuellement et au cours de la période de déconfinement. "Nous devons voir cela comme un outil de lutte collective contre le Covid-19, et pas comme un outil de protection individuelle. Le but est de freiner la propagation des gouttelettes dans l'espace social et donc de limiter la possibilité que le virus se transmette".L'Académie rappelle néanmoins que ces masques artisanaux, tout comme les masques chirurgicaux, doivent être manipulés avec grande précaution afin de ne pas rendre leur utilisation dangereuse et contaminante : "Un masque en tissu ne peut être porté plus de 6 heures, rappelle le Pr. Jean-Michel Foidart. Il doit être correctement placé pour éviter les fuites ; recouvrir le nez, la bouche et le menton. Le masque doit être retiré par les élastiques, sans toucher la face avant de celui-ci. L'utilisateur doit immédiatement se laver les mains après l'avoir ôté. Il faut également veiller à laver ce masque fréquemment, idéalement une fois par jour, à 80 degrés". L'Académie insiste sur le fait que l'efficacité de ces masques sera amoindrie si elle n'est pas couplée avec les mesures de lavage fréquent des mains et de distanciation sociale (plus de deux mètres).Les membres de l'ARMB estiment que ces masques "pourraient avoir un impact substantiel sur la transmission sans trop altérer la vie sociale et économique, particulièrement dans un contexte à venir de déconfinement". Les recommandations nationales et internationales ainsi que l'avis émis par l'Académie royale de Médecine de Belgique sont consultables sur le site www.armb.bePar Frédéric Soumois.