"Ce qui est arrivé samedi sur un terrain de football se produit en moyenne 30 fois par jour en Belgique, principalement chez soi, mais aussi dans la rue, au bureau, en faisant du sport,...", affirme l'association, qui entend s'appuyer sur le malheureux événement pour rappeler quelques bases, et mettre en lumière les manquements en Belgique. La BeHRA souligne l'importance des premiers secours rapidement et correctement prodigués : "Les chances de survie de la victime chutent de manière dramatique lorsqu'une réanimation correcte n'est pas pratiquée au cours des premières minutes."
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"Ce qui est arrivé samedi sur un terrain de football se produit en moyenne 30 fois par jour en Belgique, principalement chez soi, mais aussi dans la rue, au bureau, en faisant du sport,...", affirme l'association, qui entend s'appuyer sur le malheureux événement pour rappeler quelques bases, et mettre en lumière les manquements en Belgique. La BeHRA souligne l'importance des premiers secours rapidement et correctement prodigués : "Les chances de survie de la victime chutent de manière dramatique lorsqu'une réanimation correcte n'est pas pratiquée au cours des premières minutes."Pour chaque minute passée sans intervention adéquate, les chances de survie diminuent de 10 %. "Après 6 minutes, le risque de décès approche les 90 %. On perd 10% de chance de survie par minute sans intervention. Cela prouve, une fois de plus, combien le fait de connaître les gestes à réaliser en cas d'arrêt cardiaque est essentiel", souligne le Dr Ivan Blankoff, cardiologue au C.H.U de Charleroi et Président de l'Association Belge du Rythme Cardiaque (BeHRA). "Lors d'un match de football, il y a toute une équipe médicale qui se tient prête. Il est évidemment impossible de disposer d'une telle aide professionnelle partout et en permanence. Il est donc primordial que le plus grand nombre possible de citoyens se forment à la réanimation de base afin d'intervenir avant l'arrivée des secours professionnels."Conctacté par Le Vif, le Dr Ivan Blankoff pointe de gros manquements dans notre pays. "Malheureusement, la Belgique est dans la deuxième moitié du classement, quand on regarde les taux de survie après un arrêt cardiaque en Europe. On estime à 9% les chances de survie après un arrêt cardiaque extrahospitalier, donc en-dehors de l'hôpital. Les meilleurs pays, dont font partie les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suisse et les pays Scandinaves, se situent au-dessus de 25%", déplore-t-il. "On devrait avoir tout en main pour être parmi les meilleurs, mais il y a beaucoup de maillons faibles dans la chaîne de survie." Cette fameuse chaîne de survie consiste à connaître l'arrêt cardiaque, appeler les secours professionnels, commencer les secours non-professionnels, utiliser le défibrillateur le plus vite possible, et réaliser le transfert en hôpital. "Pour la dernière étape, il n'y a pas de problème, on est une centaine de bons hôpitaux en Belgique. Les deux points faibles en Belgique, c'est la capacité de la population à entamer les gestes de réanimation de base, et d'avoir accès à un défibrillateur automatique rapidement. Il y en a 10.000 en Belgique, contre 150.000 aux Pays-Bas, à titre de comparaison." Pourquoi sommes-nous si en retard dans ce domaine? Le Dr Ivan Blankoff pointe plusieurs raisons. "La complexité administrative du pays, premièrement. C'est beaucoup plus compliqué en Belgique de mettre en place des projets en Belgique, avec la division des responsabilités, avec les Régions, les Communautés. Donc ce n'est pas neuf ministres, mais probablement une quinzaine qu'il faut convaincre."Le budget consacré à la cause est jugé bien trop insuffisant, selon le Docteur: "Il y a 500 tués sur les routes chaque année. On dépense à juste titre des milliards pour sécuriser les routes. Mais avec quelques millions, on pourrait sauver beaucoup plus de vies après un arrêt cardiaque."Au niveau des mentalités, le bât blesse aussi. "Culturellement, les pays Scandinaves sont peut-être plus impliqués dans ce genre de projets altruistes. En France, ils sont très mauvais, encore un peu pire que nous. Mais ils ont certaines excuses à faire prévaloir, comme une population plus isolées à certains endroits, que nous n'avons pas en Belgique. C'est excusable nulle part, mais encore moins en Belgique. Il y a des hôpitaux partout." Le projet "L'Ecole sauve des vies", qui distille des formations scolaires, a été adhéré par environ 220 écoles sur 500 en Fédération Wallonie-Bruxelles. "L'objectif serait de le rendre obligatoire", plaide le cardiologue. "Et pour les personnes dans la vie active, aussi bien dans des sociétés privées que publiques, il faudrait idéalement avoir un rappel tous les cinq ans, comme c'est le cas dans les pays Scandinaves. En Belgique, il n'y a aucune obligation. Il faut aussi mettre à disposition plus de défibrillateurs. Mais si on ne forme pas les gens, ça ne sert à rien." Une seule solution, donc, la formation! "Toutes les études ont montré qu'une fois qu'on est correctement formé, on n'a plus peur d'intervenir. Tant qu'il n'y a pas de formation, on a peur de mal faire et c'est légitime. Mais en 10h de formation sur l'arrêt cardiaque, la peur disparaît. Dans les écoles, on constate un enthousiasme", se réjouit le Docteur Blankoff. Même le processus pour remettre la Belgique à niveau est encore très long. "Si on peut gagner 1% de taux de survie tous les ans, ce serait déjà bien. Il faudra compter au moins une dizaine d'années avant de rejoindre les pays en tête de peloton."Vincent Morrens, porte-parole de l'association, appuie. "Le taux de survie pourrait passer à 20% si la population était mieux formée", et souligne. "Il n'y a que un Belge sur trois qui sait comment aider. Par exemple, aux Pays-Bas, les taux de survie sont beaucoup plus élevés, parce que l'aide est plus élevée. Il y a encore beaucoup à faire en Belgique".Et de fait, sur les 10.000 citoyens belges qui vivent ce drame chaque année, un peu moins de 10 % survivent, faute d'une intervention immédiate et adéquate. Dans seulement un tiers des cas, quelqu'un intervient de manière correcte, chiffre la BeHRA, qui estime que 1.000 vies pourraient être sauvées chaque année en Belgique.Rien ne remplace évidemment une formation adéquate. Mais voici tout de même quelques conseils de base du Docteur Blankoff. "Appelez le 112 en premier, et si la personne est inconsciente et ne respire plus, pratiquez un massage cardiaque. Si la personne est en arrêt cardiaque, on ne sait pas la tuer une deuxième fois. Il vaut mieux être vivant avec des côtes cassées, qui mort avec des côtes intactes. Mais à nouveau, sans formation, c'est difficile de surmonter la peur sur le moment."