Se curer le nez reste un tabou. Pourtant la plupart d'entre nous ne dédaignent pas, de temps à autre, à se fourvoyer dans ce "plaisir" discret, si pas solitaire, puisque honteux. Si l'on en croit une étude américaine publiée en 1995, près de 90% des adultes pratiqueraient ce qu'on appelle en langage scientifique la rhinotillexomanie. Une étude plus récente et néerlandaise avance des chiffres du même ordre. En Belgique aussi on devrait arriver à des résultats similaires, selon Dirk Devroey, directeur du département de médecine générale et des soins chroniques à la VUB interviewé par...

Se curer le nez reste un tabou. Pourtant la plupart d'entre nous ne dédaignent pas, de temps à autre, à se fourvoyer dans ce "plaisir" discret, si pas solitaire, puisque honteux. Si l'on en croit une étude américaine publiée en 1995, près de 90% des adultes pratiqueraient ce qu'on appelle en langage scientifique la rhinotillexomanie. Une étude plus récente et néerlandaise avance des chiffres du même ordre. En Belgique aussi on devrait arriver à des résultats similaires, selon Dirk Devroey, directeur du département de médecine générale et des soins chroniques à la VUB interviewé par De Standaard. L'envie de se curer le nez serait stimulée par la satisfaction que nous tirons du fait de "nettoyer" et parce que notre nez est toujours à disposition. Autre hypothèse avancée : la paresse. Les doigts étant plus disponibles que les mouchoirs selon Sciences et Avenir. "La technique la plus fréquente serait de rouler la morve durcie en boule et de l'éjecter d'une pichenette", toujours selon Devroey. Moins frais encore, 10% de ceux qui se curent le nez avouent aussi parfois y goûter, car, et on site, "pour leur délicieux goût salé, comme des cacahouètes". Admettons. Sauf que la crotte de nez est en général une réaction à une infection. La production ainsi pêchée n'est-elle dès lors pas truffée d'agents pathogènes ? Cela n'a aucune importance selon Devroey. "Ces agents pathogènes sont déjà dans votre corps. La plus grande partie de la morve est déjà avalée avant qu'elle ne quitte votre nez. Elle glisse discrètement dans la gorge. L'argument contraire qui veut que cela augmente nos défenses immunitaires ne tient pas plus la route pour les mêmes raisons" dit-il encore dans De Standaard. Les dangers d'un curage de nezÀ la question essentielle de savoir si déguster sa morve est dangereux pour la santé, la réponse serait plutôt non. A contrario, chipoter dans son nez peut l'être. Dans de rares cas, cela peut même entraîner de sérieuses complications. En se fourrant le doigt dans le nez, on y apporte des bactéries pathogènes comme le Staphylococcus aureus, responsable de nombreuses infections nosocomiales. Et lorsqu'on arrache une crotte de nez, cela peut provoquer des microsaignements qui viennent fragiliser la paroi nasale. Des risques qui sont encore accrus lorsque, comme certain, on souffre de rhinotillexomanie aigüe qui fait que l'on se cure le nez de façon compulsive. Pour ceux et celles qui ne peuvent se défaire de cette vilaine habitude, sachez que le site wikihow y a consacré une page entière pour vous y aider. Enfin, on notera au passage, pour les amateurs, que cela n'a aucune valeur nutritive.