Dans le top trois des animaux les plus meurtriers, on retrouve un animal inattendu. À la première place, on retrouve le moustique qui fait 725.000 victimes par an. L'insecte est suivi par l'homme qui tue 475.000 personnes chaque année. Vient ensuite l'escargot, plus précisément l'escargot d'eau douce. Selon l'OMS, il y aurait en effet jusqu'à 200 000 décès par an lié à l'animal.

Techniquement ce n'est cependant pas l'escargot qui est dangereux, mais bien le parasite schistosomiase auquel il sert d'hôte intermédiaire. Les gastéropodes (bullins et planorbes) qui vivent dans les eaux douces chaudes et stagnantes, en créant les conditions nécessaires à son développement, constituent un maillon indispensable du cycle parasitaire. Ils aident le parasite à proliférer avant de le libérer dans l'eau. Et c'est ce parasite qui est à l'origine de la bilharziose ou schistosomiase, une maladie parasitaire chronique aussi parfois appelée la fièvre escargot. Une maladie qui tuerait donc près de 200.000 personnes par an. On notera tout de même que le nombre de décès qui lui sont imputables est difficile à estimer en raison des pathologies cachées que le parasite provoque. C'est ce qui explique les estimations de la mortalité due à la schistosomiase varient entre 10 100 et 200 000 par an au niveau mondial.

Un parasite qui pénètre via la peau

Lorsque les gens se baignent, marchent ou puisent de l'eau, ils peuvent ainsi être contaminés par les larves. Le ver est en effet capable de pénétrer par la peau et une baignade de 10 minutes suffit. Ils contaminent ensuite le système sanguin pour ensuite migrer vers le foie, les intestins et d'autres organes. Une fois dans l'organisme, les larves se développent et passent au stade du schistosome adulte. Ces parasites vivent dans les vaisseaux sanguins, dans lesquels les femelles pondent leurs oeufs. Certains des oeufs sortent de l'organisme par les matières fécales ou l'urine et infectent de nouvelles étendues d'eau. D'autres sont piégés dans les tissus de l'organisme, provoquant une réaction immunitaire et des lésions évolutives dans les organes. Ils peuvent, selon le type de parasite, entraîner une fibrose de la rate ou du foie ou encore des lésions graves du système uro-génital pouvant dégénérer en cancer. La maladie peut aussi provoquer des lésions du système nerveux central, voire des paralysies.

Les symptômes

La maladie se manifeste par une éruption cutanée, des démangeaisons, de la fièvre, des frissons, une toux, des maux de tête, et des douleurs abdominales, articulaires et musculaires. Sa morbidité est essentiellement liée à l'étonnante fécondité du parasite femelle dont les oeufs, pondus par centaines chaque jour, sont piégés dans de nombreuses muqueuses et tissus formant des granulomes qui en se rompant provoquent des hémorragies. Ce sont essentiellement les réactions aux oeufs, et non au parasite lui-même, qui expliquent les symptômes des bilharzioses.

Dans nombre de pays africains, où la principale source d'eau vient des fleuves, rivières ou lacs, cette maladie est un grave problème de santé. On estime que sept cents millions de personnes y sont exposées dans le monde. Les eaux peuvent aussi être contaminées par l'urine ou les matières fécales animales ou humaines infectées. Cette maladie parasitaire est avérée dans 78 pays à travers le monde, on peut ainsi trouver le parasite dans les zones tropicales et subtropicales telles que l'Afrique (qui regroupe 85 % des cas), l'Amérique du Sud, l'Asie et dans le bassin méditerranéen (on a retrouvé des cas en Corse). C'est même la seconde endémie parasitaire mondiale après le paludisme avec une prévalence de près de 200 millions d'individus infectés.

Pourtant il existe un traitement médicamenteux efficace, sûr et peu couteux. Le praziquantel est en effet efficace contre toutes les formes de schistosomiase. "Même si des réinfections sont possibles après le traitement, le risque de développer une forme grave est diminué, voire annulé lorsque le traitement est initié dans l'enfance", précise l'OMS sur son site.