L'année dernière, on a constaté un nombre historiquement bas de cas de grippe dans le monde. Cela est très probablement dû aux mesures pour lutter contre le covid telles que les bulles, la fermeture des écoles, les restrictions de voyage et les masques.
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L'année dernière, on a constaté un nombre historiquement bas de cas de grippe dans le monde. Cela est très probablement dû aux mesures pour lutter contre le covid telles que les bulles, la fermeture des écoles, les restrictions de voyage et les masques.Mais l'absence de grippe a aussi ses conséquences négatives. La population n'a pas eu l'occasion de développer ou de renforcer son immunité contre la grippe pour la saison suivante. Cela signifie que la grippe pourrait faire un véritable retour en force lorsque l'on reviendra à la normale, c'est-à-dire lorsqu'on aura abandonné toutes les mesures. Deux nouvelles études basées sur deux modèles mathématiques différents prédisent en effet que la grippe reviendra effectivement par la grande porte cet hiver. Selon l'une de ces études, qui n'a pas encore été validée par le monde scientifique, il y aurait, en fonction de la virulence de la souche du virus et de la couverture vaccinale, entre 100 000 à 400 000 admissions hospitalières supplémentaires aux États-Unis pendant la saison grippale de 2021/22 par rapport à une saison normale. Loin d'être une fatalité, ce pic de cas de grippe pourrait être évité si la vaccination contre la grippe est de 20 à 50 % supérieure à celle d'une année normale. "Nous devons vacciner autant de personnes que possible contre la grippe", a déclaré le Dr Mark Roberts de l'université de Pittsburgh, l'un des auteurs des deux études.Selon Marc Van Ranst, interviewé par De Morgen, la vérité c'est qu'on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre. "Il est possible que nous n'ayons pas de saison grippale l'hiver prochain, car le virus a été tellement malmené qu'il a besoin de temps pour se rétablir. Il est également possible que nous ayons une saison "normale", comme par le passé. Mais il est tout aussi possible que cela soit pire puisque personne n'a accumulé d'anticorps pendant deux ans et que cela permet au virus de frapper très fort. Une situation qui pourrait encore être aggravée si ce n'est pas un des virus de la grippe existants, mais un nouveau qui émerge et qui ne réagirait pas aussi bien aux vaccins". C'est une possibilité, car le vaccin annuel contre la grippe est chaque année un pari. C'est un pari calculé certes, mais un pari tout de même puisqu'on se base sur les souches en circulation l'hiver précédent pour établir le vaccin pour la saison de la grippe suivante. Et comme il y a y eu peu de cas de grippes, le panel est réduit. "Mais que cela n'empêche surtout pas les gens de se faire vacciner contre la grippe classique", préviennent cependant les experts, "car il est essentiel que les personnes les plus vulnérables se fassent vacciner contre la grippe. Si par malchance le vaccin se révélait moins efficace, il permet tout de même d'éviter une hospitalisation ou un décès."On ne le répétera jamais assez, la grippe ne doit pas être prise à la légère. Elle n'est certainement pas un virus inoffensif. Dans le monde, 400 000 personnes en meurent chaque année, alors qu'il existe un vaccin et un traitement antiviral qui peut être utilisé sur les patients les plus faibles. Une autre étude prévoit que les enfants de moins de douze ans seront particulièrement touchés, car ils n'ont pas encore été exposés au virus de la grippe. Ce n'est pas anodin, car comme pour les adultes, la grippe peut rendre les enfants très malades. Ce n'est cependant pas le seul virus qui risque de connaître un pic. On en a déjà eu la preuve cette année au printemps avec une véritable explosion de cas de VRS (le virus respiratoire syncytial) chez les jeunes enfants. Ce virus peut, dans les cas les plus graves, provoquer de graves problèmes respiratoires, surtout chez les bébés. C'est aussi un virus bien connu et ponctuel puisque la "saison", soit le moment où l'infection VRS sévit sous la forme d'épidémie, va de début octobre à fin mars avec des pics en hiver à la mi-décembre. Mais l'année dernière, ce n'est qu'à partir de mars que les enfants ont débarqué aux urgences. En mai, Sciensano a même évoqué une véritable épidémie. Que ce virus hivernal qui débarque pour la première fois au printemps inquiète les pédiatres qui craignent que la pandémie chamboule tout. Car il n'y a pas eu seulement très peu eu de cas de VRS l'hiver dernier, il y a aussi eu très peu de méningites ou encore d'otite ou encore de simple rhume. Ce qui fait craindre aux pédiatres que, l'hiver prochain, lorsqu'il n'y aura, normalement, plus de mesures anti-covid, les cas d'infections virales plus ou moins graves explosent.Par exemple, on pourrait se retrouver face à une épidémie de rhinovirus, des virus qui provoquent de simples rhumes, mais qui peuvent être particulièrement pénibles pour les plus petits, et les virus parainfluenza (PIV), qui peuvent entraîner des bronchites, voire des pneumonies. Soit autant de maladies qui peuvent conduire les enfants à l'hôpital.