L'agressivité et l'efficacité d'un même traitement peuvent varier considérablement d'un patient à l'autre. Ceci est dû aux différences individuelles dans le profil moléculaire des tumeurs. Ces différences peuvent être analysées et utilisées pour prédire si un patient répondra mieux à une thérapie donnée et aider les médecins à choisir le meilleur traitement pour leur patient, souligne l'ULB.

Ces différences dans le profil moléculaire des tumeurs comprennent, entre autres, des changements dans les modifications épigénétiques, parmi lesquelles la "méthylation" de l'ADN. "Ces modifications chimiques peuvent être comparées à des changements de syntaxe (ordre des mots, ponctuation, etc.) dans un texte qui représenterait notre ADN", explique le directeur du laboratoire d'épigénétique du cancer à l'ULB, François Fuks. Dans la plupart des cancers, "la syntaxe se trouve altérée", poursuit-il.

Dans le cas du cancer du sein, les chercheurs ont découvert une signature basée sur des changements de méthylation de l'ADN, qui améliore le diagnostic en quantifiant les cellules immunitaires dans les tumeurs. En d'autres termes, "nous avons découvert une sorte de scanner qui permet d'identifier les différents gènes dont la syntaxe est altérée", ajoute François Fuks.

Cette signature prédit aussi, au moment du diagnostic du cancer du sein, si la patiente répondra à la chimiothérapie, traitement actuellement le plus souvent administré. Elle peut également améliorer le diagnostic d'autres pathologies, comme le mélanome et le cancer du poumon.

Les résultats de la recherche ont été brevetés. Un test visant à prédire l'efficacité de la chimiothérapie pour le cancer du sein sera bientôt développé par la société liégeoise Diagenode. Ce projet est soutenu par le pôle de compétitivité santé de Wallonie, BioWin, à hauteur de 3,7 millions d'euros.