Cette enquête vient tordre le cou aux idées reçues, selon lesquelles l'augmentation croissante de l'absentéisme de longue durée ces dernières années concerne surtout les 50 ans et plus.

Depuis 2014, le pourcentage de malades de longue durée âgés entre 25 et 44 ans a augmenté de 27%, contre une croissance de 5% chez les personnes âgées entre 55 et 64 ans. La hausse du nombre de malades de longue durée chez les femmes s'élève, quant à elle, à 30,83%. L'étude de Partena montre par ailleurs que les grandes entreprises (plus de 199 travailleurs) paient un lourd tribut à la multiplication des malades de longue durée puisque que l'augmentation des absents en leur sein atteint 37%, contre moins de 10% pour les petites entreprises (moins de 10 personnes). De manière générale, les absences pour cause de maladie de longue durée ne cessent d'augmenter.

Ainsi, depuis le début de la législature du gouvernement Michel, fin 2014, le nombre de malades de longue durée a subi une hausse de 20%, selon des chiffres de l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami) cités par Partena. "Cet accroissement est d'autant plus inquiétant que les sources de maladies de longue durée semblent loin d'être évidentes", explique Angela Leone, Talent Partners Expert chez HR Partners (filiale de Partena Professional). Alors que, "dans le cas des personnes plus âgées, nos clients nous indiquent surtout une invalidité physique, les jeunes se plaignent surtout du 'trop plein'", relève-t-elle. Les jeunes ressentiraient en effet davantage de pression, non seulement au travail, mais aussi dans la sphère privée. "Ils se disent également être à la recherche de plus d'autonomie.

Il semblerait toutefois que la digitalisation et le working anywhere ne contribuent pas forcément à ce sentiment d'autonomie", pointe-t-elle. Parmi les autres facteurs d'absence souvent mentionnés, on retrouve le burn-out, ainsi qu'une mobilité de plus en plus lourde et l'emplacement du lieu de travail. L'étude du prestataire de service RH Partena Professional a été réalisée à partir d'un vaste échantillon de 15.740 employeurs et de 151.282 travailleurs sur la période allant du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2018