Selon une étude de l'université Johns Hopkins, à Baltimore (Maryland), publiée le 20 octobre dans les Annals of Oncology, les hommes qui fument et ceux qui ont eu des rapports orogénitaux avec au moins cinq partenaires ont plus de risque de développer un cancer oropharyngé (du fond de la gorge).

"0,7 % des hommes auront un cancer oropharyngé au cours de leur vie", précisent les chercheurs qui se veulent toutefois rassurants en affirmant que cela reste un taux assez bas qui diminue si l'homme est non-fumeur et s'il a eu moins de cinq partenaires de sexualité orale.

On savait déjà que certains papillomavirus (HPV) sont liés au cancer du col de l'utérus, du vagin et de l'anus. Ce qui étonne les chercheurs c'est de découvrir que ce virus (il en existe 150) peut aussi être lié à des cancers ORL (de la tête et du coup).

En fonction des pays, les chercheurs auraient en effet retrouvé l'infection HPV dans 30 à 80 % des cancers de l'oropharynx. En Europe, le HPV serait même responsable de 2,5 % des cancers.

"Le virus se transmet par la pénétration vaginale et anale, mais aussi par le cunnilingus, la fellation ou par simple contact digital", souligne le Dr Joseph Monsonego, gynécologue et spécialiste des pathologies à HPV. "Que l'on soit fille ou garçon, hétérosexuel, homosexuel ou autre, on est presque tous infectés, à un moment donné, par le HPV", fait remarquer, au Figaro, le Dr Laurent Abramowitz, proctologue et président du groupe de recherche de la Société française de coloproctologie.

Pour l'heure la vaccination serait la seule arme préventive réellement efficace pour lutter contre les HPV, car il n'existe à ce jour aucun test de dépistage "Il faudrait certainement vacciner tous les hommes", affirme le Pr Badoual, comme c'est déjà recommandé pour les femmes.