Ceux qui pensent que parce qu'ils ont déjà eu le covid ne doivent plus s'inquiéter font peut-être preuve d'un excès de confiance. De plus en plus de scientifiques annoncent qu'ils ont découvert des cas de recontamination. L'agence de presse hollandaise a, pour sa part, relevé une vingtaine de cas. Rien qu'en Belgique, trois cas ont déjà été signalés. Début août, un médecin généraliste anversois de 30 ans a été testé positif une seconde fois alors qu'il avait déjà eu le coronavirus à la mi-mars. L'autre cas est une femme de 25 ans qui a elle été testée positive une deuxième fois, après avoir déjà été infectée en mai. Dans les deux cas, les symptômes ont cependant été légers. Il existerait un troisième cas d'une femme d'une cinquantaine d'années.
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Ceux qui pensent que parce qu'ils ont déjà eu le covid ne doivent plus s'inquiéter font peut-être preuve d'un excès de confiance. De plus en plus de scientifiques annoncent qu'ils ont découvert des cas de recontamination. L'agence de presse hollandaise a, pour sa part, relevé une vingtaine de cas. Rien qu'en Belgique, trois cas ont déjà été signalés. Début août, un médecin généraliste anversois de 30 ans a été testé positif une seconde fois alors qu'il avait déjà eu le coronavirus à la mi-mars. L'autre cas est une femme de 25 ans qui a elle été testée positive une deuxième fois, après avoir déjà été infectée en mai. Dans les deux cas, les symptômes ont cependant été légers. Il existerait un troisième cas d'une femme d'une cinquantaine d'années. Il ne s'agit pas simplement de doubles résultats positifs. Un doublon qui ne veut, en soi, rien dire puisque le virus peut rester longtemps dans l'organisme sans que l'on soit malade ou contagieux. Ces cas certifiés l'ont été par des laboratoires suite à l'analyse du génome. Pour établir une double infection, il faut en effet séquencer le génome des deux virus. "Or celui-ci n'est souvent pas disponible pour la première infection", explique la biologiste clinique Katrien Lagrou (UZ Leuven) dans De Standaard. Il faut aussi que les virus aient suffisamment muté pour qu'on puisse les distinguer entre eux. Tout cela signifie que de nombreuses recontamination passent probablement sous le radar. Les choses devraient néanmoins changer, car, tant au niveau des circonstances qu'au niveau des ressources, il est aujourd'hui possible d'identifier plus facilement les cas réinfection. Ainsi, le regain de l'épidémie fait que les gens sont à nouveau exposés au virus et les tests sont également devenus plus rapides. Les laboratoires ont de leur côté développé des dispositifs de séquençage qui peuvent rapidement analyser un grand nombre de génomes viraux à partir de tests positifs au SARS-CoV-2.Une autre piste pour expliquer le peu de cas le fait que le virus n'est pas en circulation depuis très longtemps. Si on le compare avec d'autres coronavirus, les personnes sont généralement réinfectées au bout d'un an, parfois même au bout de six mois. Et plus le temps passe, plus les chances de recontamination sont grandes. Il se peut donc qu'on n'ait tout simplement pas encore le recul nécessaire. Un autre élément pour expliquer le peu de cas recensé de réinfection est que l'information qu'une recontamination est possible n'est plus une exclu et est donc moins susceptibles d'être publiée par les chercheurs. Plus inquiétant encore que la possibilité d'une seconde infection est que celle-ci ne sera pas forcément moins virulente que la première. Dans certains cas, les symptômes seront même nettement plus graves. On sait déjà que la gravité du Covid-19 varie énormément d'une personne à l'autre. On suppute aujourd'hui que celle-ci peut également varier d'une infection à l'autre chez une même personne. La charge virale initiale, les différences entre les variantes du virus et les modifications de l'état de santé général du patient peuvent influer sur la gravité. Pour rappel, la plupart des cas sévères de Covid-19 sont causés par un orage de cytokine, soit une réponse immunitaire débridée qui endommage les tissus sains. Or rien ne dit que le système immunitaire réagisse de façon encore plus outrancière la deuxième fois. Une autre possibilité pour une réaction encore plus importante est ce qu'on appelle la facilitation de l'infection par les anticorps" (antibody-dependent enhancement, ou ADE, en anglais), soit que les anticorps aident et non combattent le virus lors d'une deuxième infection. Ce ne sont là que des pistes de travail, car, comme indiqué précédemment il n'existe pas encore suffisamment de cas que pour tirer des conclusions. Ce qui semble par contre certain, c'est que ceux qui ont eu le covid ne doivent pas se sentir à l'abri. Ces quelques exemples montrent que la réponse immunitaire après une infection ne dure parfois pas très longtemps. De quoi mettre en doute la théorie d'immunité collective, tout comme la pertinence d'un vaccin. Sur ce dernier point, les chercheurs sont beaucoup plus confiants. Ils arguent que la réponse immunitaire d'un vaccin peut être très différente de celle d'une infection naturelle. C'est le cas, par exemple, du papillomavirus. Avec une infection naturelle, le risque de recontamination est très élevé, alors qu'un vaccin offre une protection pendant au moins une décennie. Rien n'empêche, comme c'est le cas avec d'autres vaccins, de faire des rappels pour le Corona afin de maintenir la protection.