De nombreuses études ont démontré, ces dernières années, que l'intimidation et le harcèlement touchaient des centaines de millions d'enfants et d'adolescents dans le monde, et que ses effets duraient des années, voire des décennies. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Nations Unies reconnaissent d'ailleurs ce problème comme un défi mondial en matière de santé.
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De nombreuses études ont démontré, ces dernières années, que l'intimidation et le harcèlement touchaient des centaines de millions d'enfants et d'adolescents dans le monde, et que ses effets duraient des années, voire des décennies. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Nations Unies reconnaissent d'ailleurs ce problème comme un défi mondial en matière de santé. S'il n'y a encore qu'une compréhension limitée de la façon dont ce type de comportement peut façonner physiquement le cerveau en développement, certaines études commencent à distinguer un schéma. La plupart des recherches menées sur le sujet sont axées sur l'impact du harcèlement sur la réaction corporelle au stress. Mais un article, publié dans la revue Molecular Psychiatry, a analysé le plus près les conséquences sur l'architecture du cerveau. Le traumatisme causé par le harcèlement chronique peut affecter la structure et la chimie du cerveau, selon les données IRM recueillies par une équipe internationale basée au King's College de Londres. En analysant les changements de volume cérébral à l'âge de 19 ans chez leurs sujets, les chercheurs ont constaté que les participants qui avaient été victimes d'intimidation chronique avaient connu des baisses beaucoup plus importantes du volume de deux régions impliquées dans le mouvement et l'apprentissage. Ces participants ont également connu des niveaux plus élevés d'anxiété généralisée. Cependant, les recherches ne peuvent pas dire si cette diminution du volume est un état permanent ou temporaire, vu que notre cerveau est perméable. C'est ainsi que nous continuons à apprendre et que notre environnement direct continue de façonner notre comportement. L'équipe n'a pas non plus été en mesure de déterminer quel mécanisme biologique avait modifié le volume cérébral des jeunes de l'étude. Ces résultats font écho à ceux d'études antérieures, qui ont démontré des changements semblables chez les enfants et les adultes qui ont été victimes de maltraitance ou de négligence de la part de leurs parents ou tuteurs. Les conclusions d'études sur la maltraitance des enfants, bien plus avancées, peuvent d'ailleurs fournir une explication possible. Dans ces études, le stress "toxique" et l'hormone du stress (cortisol) semblent altérer le développement du cerveau.