Des chercheurs de l'université de Copenhague ont montré que des infections graves comme la méningite, la pneumonie ou la grippe chez la femme enceinte peuvent être des facteurs à risque pour développer des troubles psychiatriques tels que la bipolarité, la schizophrénie et l'autisme chez l'enfant. Comme l'étude sur les humains peut poser un problème éthique dû à la vulnérabilité de la femme enceinte, les scientifiques ont décidé d'observer des souris qui rappelons-le, possèdent 99% de gènes homologues à ceux de l'homme.

En observant le développement des neurones chez plusieurs souris femelles enceintes, les chercheurs ont découvert un lien entre des infections chez la mère durant la grossesse et des troubles psychiatriques chez les nouveau-nés. Lorsque la mère contracte une infection, une forte réponse immunitaire se produit et provoque un effet sur les cellules souches et précurseurs aux cellules neuronales du foetus. L'infection impacte le développement des interneurones corticaux GABAergiques qui exercent un rôle crucial sur les activités du cerveau comme l'apprentissage ou l'intégration d'informations. Elle diminue donc le nombre de neurones moteurs et somatosensoriels, ce qui provoque une perturbation profonde du développement du cerveau et peut donc engendrer des troubles psychiatriques chez l'enfant.

Quand les souris sont nées, l'hypothèse des chercheurs a été confirmée. Ceux-ci ont remarqué des symptômes de troubles psychiatriques similaires à ceux des humains comme une interaction sociale altérée et un déclin cognitif. "La connexion a déjà été faite dans des études sur des animaux et des études d'observation clinique. Cependant, c'est la première fois que nous montrons comment les infections pendant la grossesse affectent le développement du cerveau et peuvent entraîner des troubles cognitifs. Bien que de nombreux facteurs aient été supposés ou indiqués, il est important de montrer les étapes du développement neuronal réellement affectées", explique le Dr Konstantin Khodosevich, l'un des chercheurs de l'étude. Ce qui confirme en effet les dires de certains biologistes de l'Université de Columbia, qui avaient affirmé en 2006 que jusqu'à 20% des cas de schizophrénie seraient dus à des infections prénatales.

Selon les chercheurs de l'université de Copenhague, la période à laquelle se contracte le virus est primordiale. Ils estiment que différents neurones seront touchés en fonction du moment où l'infection se propage et que les résultats seront variables selon le stade de développement du cerveau du foetus. "Cela peut potentiellement sous-tendre la complexité des troubles psychiatriques", expliquent-ils.

Un lien a donc été établi entre une exposition in utero à un virus grippal et une perturbation du développement du cerveau et de la migration neuronale foetale. Les scientifiques continuent sur leur lancée et poursuivent leurs recherches pour mieux comprendre la complexité des troubles psychiatriques.

Auteure: Margaux Glamocic